Questions de Gauche

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vendredi 11 juin 2010

Beaucoup d'injustices passent inaperçues dans le flot de l'actualité

J'ai souvent dit que je ne prendrais pas l'actualité comme moyen d'écrire ce blog, ce qui a plusieurs avantages, et autant d'inconvénients. Le premier avantage, c'est de se permettre une structuration de pensée qui ne suive pas le flot des dépeches AFP reprises parfois sans même un commentaire par les "grands médias", avec leur propre hiérarchie (si vous voyez ce que je veux dire) et surtout une façon d'expliquer ce que l'on doit penser de l'économie et de la justice sociale qui rendrait n'importe quelle personne uniquement branchée sur ce flot la première partisane des poncifs habituels de la droite la plus réactionnaire.

L'inconvénient, c'est que lorsque l'on est pris soi-même dans l'action, il y a peu de temps pour réfléchir et encore moins pour publier si l'on souhaite s'imposer une réflexion en dehors des sujets qu'on nous impose.

J'ai donc décidé aujourd'hui d'un intermédiaire. En effet, deux faits ont défrayé la chronique récemment (si, si...) et leur association me permet de penser à une de mes anciennes lectures que je vous recommande.

La premier fait est la béatification du prêtre polonais Popieluszko, prêtre enlevé et assassiné par la police secrète polonaise en octobre 1984. Le second est le passage, presque au même moment, à Paris, de Noam Chomski, pour laquelle ma camarade Dominique Levrier fait une "revue de clics" ici.

Il se trouve qu'il y a quelques années, j'ai acheté par hasard, et sans connaitre Chomski, un ouvrage de lui intitulé "La Fabrique de l'Opinion Publique". Dans un de ses chapitres, N.Chomski montre comment les médias américains traitent de façon particulièrement asymétrique (doux œphémisme) les assassinats de religieux selon qu'ils sont perpétrés par la police des successeurs de Staline dans les pays du pacte de Varsovie ou par les milices des dictateurs d'extrême droite financées par les Etats Unis dans les pays d'Amérique du Sud...

Le cas Popieluszko est particulièrement emblématique. Dans le NY Times, par exemple, lorsque 7 articles parlent des 23 religieux tués au Guatemala entre 1980 et 1985, jamais à la une, 100 parlent de Popieluszko, dont 10 à la une et 3 éditoriaux, dans les 18 mois qui suivent sa disparition.

L'asymétrie de traitement est quelque chose que l'on retrouve dans de nombreux faits jusqu'à maintenant. Lors des événements de 2005, lorsque des milliers de personnes sont descendues dans les rues en France, c'était le sujet principal de discussion. Pourquoi lorsqu'une personne meurt de soif dans un pays lointain (plusieurs dizaines de milliers par jour), on n'en parle jamais, alors qu'au moindre décès accidentel d'un occidental on nous demande de pleurer toutes les larmes de notre corps ?

En voyant la béatification de Popieluszko, j'ai eu une pensée pour tous les morts oubliés de la répression sud américaine et de l'opération Condor. Non pas qu'il faille mépriser celle de Popieluszko, l'oublier, ou la trouver moins horrible. Mais qu'il y a eu suffisamment de personnes qui ont pensé à lui, et si peu pour les autres. Donner toute ma priorité aux autres, comme aux morts de soif quotidiens, c'est essayer de rétablir l'équilibre et la justice.

C'est pour cela que le 11 septembre je ne parle que de Salvador Allende et du 11 septembre 1973. Car toutes les pensées des médias occidentaux sont tournées vers ground zero et qu'il n'y a plus un mot pour la Moneda, ce qui fait que j'ai la sensation qu'on l'assassine encore et encore chaque année en voulant faire disparaitre sa mémoire. Et jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli, ce n'est que Justice.

samedi 20 février 2010

Pour le droit à "troubler la tranquillité" du gouvernement !

L'article 2 de la LOPPSI, projet de loi sur la sécurité intérieure, accentue encore les restrictions à la liberté d'expression. Nous, militant-e-s du Parti de Gauche et citoyen-ne-s engagé-e-s, voulons garder notre devoir d'alerte, notre droit de citoyen-ne-s à interpeler le gouvernement, en portant un masque à l'effigie de Sarkozy, une pancarte "casse toi pauv'con" ou encore en criant "Sarkozy je t'ai vu !"

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Délinquants solidaires, nous revendiquons le droit à "troubler la tranquillité" de celles et ceux qui chaque jour "troublent la tranquillité" du peuple par leurs attaques incessantes contre l'intérêt général, les services publics et l'emploi. Nous publions donc aujourd'hui simultanément sur tous nos sites et blogs le même billet, assumant d'entrer ainsi en résistance à une loi qui muselle un peu plus les expressions de solidarité et de citoyenneté, afin que la voix de la population puisse se faire entendre haut et fort !

Art. 222-16-1. – Le fait de faire usage sur un réseau de communications électroniques, de l’identité d’un tiers ou de données de toute nature permettant de l’identifier, en vue de troubler la tranquillité de cette personne ou d’autrui, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

lundi 2 novembre 2009

L'union est un combat, menons le jusqu'au bout !

J'en profite pour vous faire connaitre ce communiqué du NPA, si vous voulez de l'espoir. L'espoir est là et tous les médias sont arcboutés contre, cherchant les failles des uns et des autres, publiant des déclarations qui n'ont rien à voir avec le véritable état des discussions et tirant parti du moindre mot de travers ou de la moindre réaction dissonnante. Cela montre que l'enjeu est vraiment important et je n'ai aucun doute que toute l'autre gauche en a conscience et ne se laissera pas détourner de son chemin.

Dans les semaines à venir, attendez-vous à de nombreux articles expliquant que "rien ne va plus entre les partis qui auront fait alliance dans des conditions précaires et qui sont prêts à tout pour faire échouer bla bla bla... ". Nous sommes sereins et je sais que, malgré les pièges, nous parviendrons à quelque chose de réussi. Lisez bien :

Élections régionales : la discussion continue annonce le NPA vendredi 30 octobre 2009 (21h16)

Lors de la 4ème réunion unitaire du mercredi 28 octobre réunissant les partis de la gauche radicale, le NPA a pris connaissance d’une nouvelle déclaration émanant du Front de gauche qui est de nature à relancer la discussion. Si nous avions jugé négativement la prise de position du Conseil national du PCF du week end dernier, cette nouvelle déclaration présente quelques avancées. Il reste encore des points importants à discuter et à préciser, en particulier le programme et les conditions de sa mise en application. C’est pour cela qu’une prochaine réunion unitaire aura lieu le lundi 2 novembre entre les diverses composantes de la gauche radicale.

Jeudi matin, depuis l’ile de la Réunion où elle effectue un voyage, Marie George Buffet a déclaré qu’il n’y aurait pas d’accord NPA/PCF aux régionales. A moins que cela ne corresponde à une décision unilatérale du PCF, le NPA dément donc formellement cette annonce intempestive. Le NPA tiendra une réunion de son Conseil politique national (CPN) les 6 et 7 novembre prochain. Cette instance analysera la situation et formulera des choix d’orientation qui seront ensuite soumis au vote des militantes et militants du NPA dans le cadre d’une consultation nationale. Avant cela, aucune décision définitive concernant les régionales ne sera prise dans un sens ou dans l’autre.

Comité exécutif NPA

vendredi 30 octobre 2009

Progrès vers l'union de l'Autre Gauche

Vous trouverez sur ce lien un texte du Front de Gauche (PCF, PG, Gauche Unitaire) rédigé aujourd'hui.

Sans présager encore de la position que prendront les autres organisations de l'autre gauche, il représente une avancée sensible vers l'espoir d'une unité de toute l'autre gauche pour le premier test que représentent les élections régionales prochaines. Tout le monde aura compris qu'il ne s'agit pas uniquement des élections régionales, que l'avenir de la gauche ainsi que la naissance d'une réponse politique à l'oppression se joue ici.

La réunion qui a eu lieu ce soir, à laquelle ont assisté le PG, le PCF, GU, le NPA, République et Socialisme, La Fédération, le Forum Social des Quartiers Populaires, les Alternatifs, le PCOF et le MPEP, est très encourageante. Il faut donc garder espoir ! Une étape très importante est attendue pour le 10 novembre prochain.

Car le texte joint est un premier pas qui ne doit pas masquer tous ceux que font les autres organisations de l'autre gauche. Comme c'était déjà dit la fois précédente, l'enjeu nous dépasse tous, à nous tous d'être à sa hauteur. Nous avons hâte de voir se réaliser ce pour quoi nous pensons que la gauche est faite : résister, prendre le pouvoir, rétablir le peuple dans ses droits, et contribuer à construire avec lui une société qui ne laisse personne de côté.

Si vous ne lisez rien de nouveau sur ce blog depuis plusieurs mois, c'est parce que nous travaillons sans relâche, un peu le nez dans le guidon... Cela en vaut la peine, il me semble !

mercredi 15 avril 2009

Sale temps pour les sans papiers

Depuis plusieurs années, nous sommes sur les dents, et ces derniers jours, cela s'est aggravé. La semaine dernière, c'était la semaine de régularisation de tous les sans papiers organisée notamment par l'association Turbulences.

Vendredi soir, nous avons vu un film relatant l'action au lycée Jules Ferry à Paris pour soutenir Yvan et Rachelle qui étaient menacés d'expulsion du territoire (ils disent : "éloignement" dans le langage administratif, ça permet peut-être d'atténuer la portée du geste dans l'esprit de ceux qui ont à le mettre en œuvre ?). Ces deux enfants posent une question simple : "Pourquoi n'ai-je pas droit à un environnement stable et à une éducation ?" Et lorsqu'ils sont régularisés, car c'est arrivé, voyant d'autres enfants être expulsés, ils posent la même question à l'envers : "Pourquoi j'y ai droit maintenant et pas eux ?".

Certains de nos adversaires politiques nous diront de nous adresser aux gouvernements des pays concernés. je trouve qu'il y a une contradiction énorme dans cela. Car la plupart du temps, ces personnes sont aussi des grands défenseurs de la liberté comme principe général, et de la libre circulation des capitaux et des marchandises en particulier. Mais pourquoi ne défendent-ils pas la libre circulation des personnes ? Peut-être parce qu'ils (ou que ceux qu'ils défendent) tirent leur pouvoir économique de cet état de fait. La prospérité économique de zones géographiques, et la rémunération abusive des actionnaires de façon générale, tiennent principalement au dumping social organisé. Ce dumping social organisé est permis par le fait que dans de nombreux pays la misère force la majorité de sa population à accepter des conditions de travail proches de l'esclavage, et que la liberté de circulation des personnes obligerait à donner à chacun les mêmes conditions favorables de vie sous peine d'explosion sociale. Déjà dans les pays industrialisés la misère aux portes des centres-ville et la révolte qui gronde oblige l'Etat à un maintien de l'ordre musclé qui pourrait ne pas tenir. Il suffit donc d'éloigner la misère des zones stables existant dans le monde abritant les institutions de pouvoir, de rendre ces institutions inatteignables (G20 récemment, bourses occidentales, sièges de multinationales...), par la force s'il le faut, et le tour est joué.

Tout cela se résume par la question de Rachelle, une fois qu'elle a obtenu, grâce au rapport de force, d'être une exception à la règle : "Pourquoi j'y ai droit et pas les autres ?"

Le samedi, parrainage d'une dizaine de personnes à la mairie de Torcy. Mon filleul, Victor, est arrivé en France juste après ses 13 ans. Il a eu une scolarité qui l'a amené au bac, puis essaie de suivre un BTS, dans la peur d'être renvoyé dans son pays d'origine où il n'a plus d'attache. Il a 20 ans. Une semaine plus tard, des vigiles contrôlent ses papiers à l'entrée d'un parc d'attraction bien connu, marchand de rêve à Marne La Vallée. Pourquoi les vigiles ont-ils le droit de contrôler les papiers ? Mais passons. Il est maintenant au centre de rétention du Mesnil Amelot, et attend le jugement du recours qu'il a fait au Tribunal Administratif pour contester son arrêté de reconduite à la frontière (APRF). Il a des chances au jugement, il était en train de monter un dossier qu'il était presque prêt à déposer en préfecture pour obtenir une régularisation. Nous allons le soutenir avec ses autres parrains. Mais si le jugement n'est pas favorable, il pourrait être reconduit à tout moment.

Comme je le disais, la circonstance la plus aggravante est que, sur les lettres que reçoivent les personnes leur indiquant leur statut d'indésirable sur le sol français, il y a en en-tête : "République Française, Liberté-Égalité-Fraternité". Comment faire cela au nom d'un idéal qui prône exactement le contraire ?

Voilà pour conclure un texte que je souhaitais faire lire à la cérémonie de parrainage de Victor, écrit à la suite d'un concours de l'association "filles et fils de la République", concours qui impose le titre. Cela résume bien mon état d'esprit :

UN PAYS ÇA VEUT DIRE

Un pays ça veut dire qu'il y a le mien et le tien

Certains disent : "Ma maison", et : "Ta maison". Ça veut dire qu'ils s'en foutent que t'aies pas de maison.

Certain disent : "Mon pain", et : "Ton pain". Ça veut certainement dire qu'ils s'inquiètent de ta santé, tu pourrais prendre trop de poids si tu prenais goût au blé...

Certains vont aussi jusqu'à dire : "Mon sang", et : "Ton sang", surtout parce qu'ils ont jamais vu la couleur du leur (ils le pensent bleu), alors que ton sang ils l'ont déjà vu plein de fois à la télé.

Il a la couleur de la révolution.

Je ne t'apprends rien, ils ont la trouille de la révolution.

Un pays ça veut dire un peu tout ça à la fois, C'est pour ça qu'on a inventé la République. La République, c'est à tout le monde Elle ne se partage pas avec un couteau, ni un canif, ni un gros truc de boucher, sinon c'est fini, elle est morte.

C'est notre maison, construite grâce à notre pain, et avec notre sang versé, à tous les deux, rouge cerise, presque noir à l'air libre,

Et cette République, aucun « pays » ne nous la prendra.

dimanche 29 mars 2009

Le Front de Gauche en Seine et Marne

Chers lecteurs et lectrices, voici un communiqué de presse qui a été rédigé suite à la conférence du même nom de jeudi dernier. En attendant que je mette en ligne les sons de la manifestation du 19 mars et que je vous parle un peu de la manifestation du 23 mars à Lagny, voici ces quelques lignes rédigées en commun avec le Parti Communiste. J'espère qu'elles vous plairont.

Le voici.

lundi 2 février 2009

Le bonheur, c'est simple comme une photo

Pardonnez moi, mais cela fait tellement de bien ! On en a tellement besoin !

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vendredi 23 janvier 2009

Ce qui me ferait quitter le PS si j'y étais encore

Je ne résiste pas à vous produire le long travail de conversion vidéo que j'ai pu faire ces derniers temps afin de vous présenter sans coupure les discours respectifs de M.Aubry et de Mr Socrates, respectivement 1ere secrétaire du PS français et premier ministre socialiste du Portugal, lors du conseil du PSE adoptant le "manifesto". La video démarre en espagnol, 30 secondes, puis Martine Aubry parle en français, et José Socrates en englais.

Notez bien que le plus important, dans tout ces discours, c'est la dernière minute par Mr Socrates, sur les 17 que comporte la vidéo. Toutefois, le joli lapsus de Martine Aubry dans la première minute de son discours est très savoureux... Elle cite une phrase qu'elle a entendue il y a peu, qui dit "le communisme est mort il y a 20 ans, le libéralisme il y a deux mois", et en parlant de la salle qui l'applaudit, et du PES qu'elle présente comme la seule force encore valable :-), elle manque clairement de les appeler "le social libéralisme" :-) J'adore. José Socrates conclut son intervention, applaudi par Martine Aubry, en expliquant "qu'il se réjouit que le PES demande au conseil européen de tout faire pour adopter le Traité de Lisbonne", dans un anglais que l'on peut comprendre aisément...

Vous remarquez l'ironie qui consiste à clamer que l'on milite pour "une autre Europe" et à conclure qu'il nous faut impérativement adopter le Traité de Lisbonne... Pour moi, cela passe les limites de l'imposture. Car vous pouvez promettre n'importe quoi qui soit de gauche, et notamment un interventionnisme exacerbé, un salaire minimum unique et plein d'autres choses que je suis prêt à soutenir, si vous cherchez à faire passer le traité de Lisbonne, et si vous trouvez que c'est compatible, nous avons un gros problème. Car avec le Traité de Lisbonne, fini l'harmonisation, fini les services publics (et je ne dis que cela). Pour tous ceux qui ont suivi la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005, pas la peine de réviser... L'harmonisation est interdite, purement et simplement. La concurrence est une politique de l'Union Européenne, et la concurrence entre le privé et le public est destructeur pour ce dernier, car il conduit à une socialisation des services non rentables et une privatisation de ce qui "rapporte".

Bref, n'hésitez pas à visionner cette vidéo qui a été tournée par le Parti Socialiste Européen. L'extrait que je vous présente ici est tiré de leur site, que par honnêteté je vous mets en lien ici pour que vous puissiez tout voir si vous le souhaitez. Il est à noté que vous pourrez y trouver un discours de Zita Gourmaï dont parle Jean-Luc Melenchon dans son blog (ici). Vous saurez ainsi de qui il s'agit.

vendredi 16 janvier 2009

Pour un front de la Gauche du "NON"

Pas beaucoup écrit ces derniers temps sur ce blog. Grippe en décembre, varicelle des enfants, travailler 3/2 temps pour gagner sa croûte, et construire un parti politique... Pardonnez mon besoin de sommeil au moment où ce serait habituellement l'instant d'écrire. Écrire permet de faire le point et de mettre de la distance.

Pardonnez-moi aussi de ne pas écrire ici à chaud sur l'international, je me contente d'aller aux manifestations et de soutenir tout texte qui demande l'arrêt immédiat des crimes de l'Etat d'Israël compte tenu notamment de la disproportion des moyens utilisés et de l'oppression qui résulte de la politique du gouvernement de cet Etat envers "les territoires occupés" de Gaza et de Cisjordanie. Je vous renvoie pour cela au texte signé notamment par le Parti de Gauche avec lequel je suis en accord à la virgule près.

Je souhaitais redémarrer l'année en vous exposant l'objectif principal de mon nouveau parti pour 2009. Cette année, qui ne sera bonne que pour ceux qui ont du patrimoine économique et culturel, sauf si la mobilisation politique et syndicale conduit à un recul ou un renversement du pouvoir actuel au service du MEDEF, la plus grosse occasion de montrer notre détermination et de donner le signal est de faire gagner le NON de gauche au verrouillage libéral de l'Europe lors des prochaines élections européennes de juin prochain.

Pour réussir cela, le meilleur chemin est de parvenir à construire un front commun de la gauche sur la base du refus du Traité de Lisbonne, et de l'urgence sociale. L'un ne peut pas aller sans l'autre. Comment obtenir des mesures sociales et une harmonisation européenne si le Traité de Lisbonne l'interdit ? Comment permettre l'émergence d'institutions européennes fortes et capables de sauvegarder l'intérêt des salariés quand la seule règle écrite et inviolable est celle de la concurrence et de la non ingérence de la politique dans les affaires économiques ? Comment obtenir un bouclier social alors que la crise fait rage, si la position dogmatique de la Commission Européenne est de ne surtout pas intervenir, ne serait-ce que pour sauver leur système ?

Face à la droite de la "moralisation" et la gauche de "l'aménagement", que souvent j'appelle la droite qui frappe et la gauche qui tend l'autre joue (et qui peut se le permettre car ce n'est pas elle qui souffre), il faut une véritable alternative qui se montre unie et forte. Nous savons que dans le désespoir, le peuple se tourne vers toutes les solutions qui s'offrent à lui. Sans unité du NON de gauche, le cycle qui va s'ouvrir sera très douloureux et conduira dans un premier temps à ce que les libéraux aient le champ libre. Le Front de Gauche est un projet, une occasion unique, dont l'enjeu dépasse de loin l'avenir de telle ou telle organisation. Partout en Europe, là où c'est possible, des listes doivent apparaître comme une alternative radicale, donc crédible, à l'enfer libéral que l'on nous propose. Pour cela, il nous faut un second 29 mai 2005, une mobilisation importante de chacun.

Le déclic, celui qui poussera les français à répondre présents, c'est le Front des forces de gauche refusant le Traité de Lisbonne et sa logique, le Front des forces de gauche pour une Europe Sociale maintenant. Le Parti de Gauche l'a proposé, la création du Parti de Gauche l'a rendu possible. Le Parti Communiste a voté en congrès le principe de sa participation à ce front. Il existe donc déjà. Mais la dynamique de ce Front ira beaucoup plus loin, je le répète. Il est capable d'accoucher d'un projet commun dont les fondations seront celles du collectif, un projet européen qui renversera les digues du capitalisme. Tout le monde sait qu'en politique, un plus un ne font pas deux mais trois. J'attends avec impatience la réponse du NPA, et je sais que le débat a lieu en son sein. Ce nouveau parti a son congrès une semaine après celui du Parti de Gauche. J'attends avec impatience ce que vont faire les Alternatifs. J'attends avec impatience ce que vont dire LO et le POI. Il y a d'autres forces encore, mais qui ne sont pas des partis et qui ont des membres appartenant à des partis, comme "la Fédération", ATTAC, le MPEP, et d'autres. Tout cela a déjà, ensemble, obtenu le NON au Traité Constitutionnel Européen. Il faut maintenant obtenir un résultat en positif, en proposition. Une revanche sur la présidentielle, sur notre incapacité à nous unir à ce moment-là.

Il n'y aura pas de telles occasions à chaque élection. C'est la grandeur de nos idéaux qui est en jeu et notre capacité de résistance future à la pression du MEDEF. Faisons les pas nécessaires. Nous avons toujours pu travailler ensemble lorsqu'il s'est agi de résister (JDC, parainnages de Sans Papiers, défense des services publics,...), maintenant il faut construire ensemble.

vendredi 28 novembre 2008

J'adhère maintenant au Parti de Gauche

Depuis près d'une semaine maintenant, j'ai décidé de quitter le Parti Socialiste pour adhérer au Parti de Gauche. C'est un choix de raison, un choix lucide et réaliste. Il faut un électrochoc à la Gauche, dans l'intérêt des salariés, dans l'intérêt de la République. Je ne peux pas accepter de voir détruire ainsi par la droite et le MEDEF, et pour leur seul bénéfice, tout ce qui protège et nourrit les êtres humains qui composent la collectivité républicaine, européenne et mondiale sans réagir.

Englué dans des considérations purement électorales, dans la paranoïa, les votes bloqués, les débats truqués, sans idéal, avec, pour seul moteur militant encore en état, l'unique exigence de renouvellement des cadres sans aucune réflexion politique, le Parti Socialiste Français n'est plus un outil de transformation sociale au service des salariés. Recevoir avec les honneurs la vice présidente du SPD (allemand), qui gouverne dans son pays avec la droite, lors de l'adoption de sa déclaration de principe, et compter à cette occasion deux fois plus de voix "pour" qu'il n'y avait de délégués dans la salle, voilà tout ce dont le PS était encore capable il y a quelques mois avec les mêmes dirigeants qu'aujourd'hui.

Je veux participer à une véritable stratégie de résistance qui rende visible et lisible aux citoyen-ne-s européen-ne-s un projet de société altermondialiste, multilatéral, républicain, laïque, écologiste et féministe. La rémunération des actionnaires empêche les services publics, la sécurité sociale, les salaires, le développement durable et la démocratie. Je veux un projet de société dans lequel l'économie est au service de l'humain et contrôlée démocratiquement. Je veux un printemps de Prague sans les chars "soviétiques". Je veux un Allende sans le 11 septembre 1973. Je veux la République Sociale.

jeudi 6 novembre 2008

J'étais pour Moore/Alexander

Je suis certainement d'ailleurs allé trop vite, parce que je n'ai pas vérifié si le socialist Party of the United Nations of America était membre de la deuxième internationale dont le congrès s'est tenu à Athènes en juillet dernier, mais tout simplement leur site m'a bien plu, et notamment celui du Socialist Party of Texas. Vous vous doutez bien qu'il faut être sacrément courageux pour se présenter comme socialiste au Texas, fut-ce un socialisme démocratique (on lui reprochera de s'excuser d'être socialiste), et encore plus pour se présenter à l'élection américaine sous cette étiquette, ce qu'ont fait le ticket Moore/Alexander.

En fait, parmi les présents à Athènes, pour le congrès de la deuxième internationale, il y avait le SDA (voir leur site). Ils ne semblaient pas avoir de candidat-e pour la présidence des EUA, donc je peux soutenir les socialistes que je veux. J'irai toutefois vérifier un peu leurs déclarations dans la presse par prudence au cas où celles-ci soient par trop farfelues. Mais ce que j'ai lu pour l'instant du SP-USA et de Moore/Alexander me paraît plus qu'honorable. Simplement, ce n'est pas parce que quelqu'un se présente comme socialiste qu'il faut lui accorder toute sa confiance, surtout en politique. J'ai vu des socialistes, en France, prôner la retraite à points individualisée par exemple (avec beaucoup de coton autour pour faire passer la pilule), ou expliquer que la crise financière n'était qu'un soubresaut sans importance (merci pour les salariés qui vont la payer très cher) et qu'on n'en reparlerait plus dans deux-trois ans... et du coup, ils ajoutaient immédiatement qu'il nous fallait un socialisme du XXIème siècle, que le monde change, qu'il faut être réaliste et arrêter avec les vieilles lubies de la gauche des années 70 (vous connaissez le couplet maintenant, mais vous comprenez dans quel état d'esprit tout cela est fait...). Là je vous raconte des choses que j'ai lu ou entendu pendant les présentations de motions en Seine et Marne pour le congrès socialiste français.

Les vieilles lubies de la gauche des années 70, ce sont celles qui se préoccupent plus des salariés que des théories économiques construites par et pour les actionnaires des grosses boîtes. Les économistes sérieux parlent de "l'entreprise". mais "l'entreprise", c'est un mot qui permet de déshumaniser les rapports sociaux et de mettre la priorité de la pensée sur les entités abstraites qu'il faut faire survivre à tout prix sans se poser la question de son rôle dans la société. Or, le rôle des "entreprises" de nos jours, c'est de rémunérer les actionnaires en priorité. Et pour les faire survivre, il faut donner en priorité la part du lion aux actionnaires. Ca ne peut plus durer comme cela. La société ce sont des êtres humains, et ce qu'il leur faut, c'est un toit, un salaire, un but dans la vie qui fasse la part de ce qu'ils sont. Ce ne sont pas des bêtes qui servent à nourrir une entité abstraite et opaque jamais satisfaite et qui demande toujours plus de sacrifices humains.

Qui sont les idéalistes dangereux ? Ceux qui souscrivent à ce système en cherchant à l'ajuster un peu ? Ceux qui se préoccupent de théories économiques ? Ou ceux qui pensent à ce que les salariés vont pouvoir avoir dans leurs assiettes ? Qui sont les réalistes ? Ceux qui pensent qu'il suffit de gagner les élections pour que le capitalisme plie ou ceux qui savent que la victoire ne suffit pas, et qu'elle doit être accompagné de la lutte et du rapport de force ? Ceux qui pensent que l'argent va tomber parce qu'on ajuste les impôts sur le revenu ou ceux qui savent où est l'argent et qui proposent d'augmenter l'impôt sur les bénéfices et les cotisations sociales en faisant porter l'effort sur la rente ?

Un mot d'humour cité par le site du SDA, membre de la deuxième internationale, que vous pouvez lire ici, conjure les américains de ne pas avoir peur de l'internationale socialiste pour de nombreuses raisons. La première est que le plan de Bush et la nationalisation d'organismes de crédit va-d'après le texte- bien plus loin que n'importe quel membre du SDA et de l'IS le recommanderait. La seconde est que parmi l'internationale, il y a les amis de Tony Blair, dont tout le monde sait qu'il n'y a pas vraiment de quoi avoir peur parce qu'il était le premier allié de G.W.Bush dans sa politique et pour la guerre en Irak et "contre le terrorisme". La troisième, c'est que Bill Clinton était le meilleur ami de nombre des membres de cette internationale. Ce texte est édifiant... pour comprendre que le capitalisme ne peut avoir peur ni de l'internationale socialiste, ni des démocrates. L'élection d'Obama va certainement être une arme formidable contre le racisme (et c'est déjà ça de pris), mais certainement pas contre l'exploitation des humains par les humains, quelle que soit leur taux de mélanine.

Voici aussi pourquoi le vote ce soir au congrès du Parti Socialiste Français, pour lequel je soutiens la motion C ( regroupement des composantes de la gauche du parti avec Jean-Luc Mélenchon, Gérard Filoche, Henri Emmanuelli, Marie-Noelle Lienemann, Marc Dolez, Pierre Larrouturou, Jacques Fleury, et Benoît Hamon comme premier signataire ) risque d'être passionant. Si vous êtres socialistes et que vous me lisez, vers où voulez-vous que ça penche ? Si vous voulez que ça penche du côté des réalistes et des partisans de l'humain, alors votez pour la motion C. Si vous n'êtes pas socialiste, admirez nos efforts ( s'il vous plaît, cela va sans dire ). Car nous sommes en train, collectivement, de travailler comme des bêtes (lisez le 4 pages fédéral et le 4 pages torcéen) pour parvenir à résoudre cette dangereuse équation pour toute la gauche.

dimanche 12 octobre 2008

Toutes les audaces !

J'apprends par Le Parisien d'aujourd'hui la volonté des partisans de Ségolène Royal, par la voix de Malek Boutih, de reporter le congrès du parti Socialiste.

Je suis scandalisé par cette demande absurde et j'espère qu'elle n'aura pas d'écho parmi d'autres responsables de notre Parti. Elle témoigne d'un manque de sang froid évident à la veille du rare événement qui doit permettre aux militants de trouver une position commune et de travailler à leur vision du monde. Malek Boutih et les partisans de la motion E, signée par Gérard Collomb et Ségolène Royal, admettent ne pas avoir de propositions qui permettent une réponse à la crise financière actuelle. Ils avaient pourtant tout le temps de réfléchir auparavant alors que tous les indicateurs l'annonçaient depuis près d'un an. C'est peut-être seulement qu'ils pensaient que la communication politique qui leur sert de réflexion n'avait pas besoin d'en tenir compte. S'ils le regrettent maintenant, que pouvons nous y faire ?

Je récuse d'autre part l'idée que " Toutes les motions ont été écrites avant la crise et toutes sont à côté de la plaque", ou que " Ni la sienne (celle de S.Royal), ni celles d’Aubry, de Delanoë ou d’Hamon ne sont à la hauteur." La motion C, dont je suis un représentant en Seine et Marne, a montré la pertinence de ses réponses en affirmant que " Seule la gauche, par la régulation, l’intervention de l’Etat dans l’économie, la défense des intérêts des salariés face aux intérêts financiers, peut émettre des propositions permettant d’améliorer la vie quotidienne de chacun, et redonner l’espoir." La motion de Benoît Hamon est la seule à soumettre aux militants de notre parti des mesures concrètes afin de reprendre au capital les 10% de PIB qu'il a pris au travail ses 20 dernières années et nous estimons que ce n'est pas " un petit bout de solution qui ne suffit pas" comme l'affirme Malek Boutih. Je vous renvoie d'ailleurs à l'article de fond de Jean-Luc Mélenchon sur la crise sur le site Trait d'Union.

Enfin, je redoute que cette prise de position en prépare d'autres beaucoup plus graves. Déjà Martine Aubry a annoncé que "les mesures de N.Sarkozy face à la crise étaient les bonnes". Un report du congrès n'annoncerait-il pas une volonté d'union nationale, désastreuse car elle entérinerait la politique ultralibérale du président de la République depuis son élection, comme l'hypocrisie de sa soi-disant volonté actuelle de "moraliser le capitalisme". Je mets en garde les dirigeants de notre parti de ne pas se laisser entraîner dans cette voie qui condamnera durablement le Parti Socialiste aux yeux des salariés, qui se sentiraient définitivement abandonnés par le principal parti de la gauche.

vendredi 12 septembre 2008

Hier soir pendant l'Assemblée Générale des militants

Hier soir, exercice difficile de l'Assemblée Générale des militants de Seine et Marne du Parti Socialiste. Exercice difficile parce que l'un des rares moments où des militants de sections différentes se retrouvent pour débattre (avec l'AG dite des motions et le congrès départemental qui est après le vote) dure trois heures, trois heures à la fois très longues et très courtes.

Longues parce qu'elles commencent par un long défilé des représentant-e-s des contributions qui ont 7 minutes chacun pour s'exprimer (donc 77 minutes pour 11 interventions hier soir), et qu'elles sont conclues, dans l'ordre inverse, par ces même 11 intervenant-e-s (il y aurait pu y en avoir 21...) pour 3 minutes chacun-e. Et entre les deux, une vingtaine de militants peuvent intervenir pour trois minutes chacun heureusement, sinon ce ne serait pas une AG, mais un débat public.

Courtes parce que lors de ces AG, ce qui est intéressant, c'est qu'une sorte de dialogue s'instaure entre les contributions, et lorsque des militants aguerris réfléchissent ensemble, pointent leurs accords et leurs désaccords en étant sincères tout en recherchant les rapprochements possibles, lorsque ça l'est, alors trois heures sont loin de suffire. Lorsqu'on se déplace de section en section, et que l'on a la chance de rencontrer de nombreux militants, le temps passé au dialogue s'agrandit, d'autant plus que les autres représentants d'une contribution voyagent aussi. Le débat de l'AG reprend parfois. Ce mécanisme exigeant nécessite une grande implication, et souvent, on ne se rend pas compte qu'il est le véritable ferment d'une organisation.

J'écrirai un billet sur ce que j'ai pu dire lors de cette AG, et ce que j'y ai entendu. Pour le moment, je tente d'expliquer à quoi cela sert à 200 militants de se déplacer à Verneuil l'Etang pour s'y rencontrer un jeudi soir. Je ne redirai pas assez qu'en Seine et Marne, nous avons 2000 militants, et donc l'AG ne les réunit pas tous... Mais l'exercice est important et a de la valeur.

C'est de la responsabilité de ceux et celles qui prennent la parole d'avoir une attitude utile à la collectivité. Autant chacun a envie de convaincre, autant ce n'est pas véritablement le moment, en fait. La plupart des militants présents savent ce qu'ils pensent, vers où ils penchent du point de vue des idées. L'AG des militants comme le congrès, c'est plutôt un moment d'écoute des autres pour connaître les pas qu'ils sont prêts à faire les uns vers les autres, pour détecter les convergences et les divergences.

C'est une méthode de rapprochement des tendances, formellement organisée sur plusieurs mois, qui, si elle est noblement organisée, et met les questions de pouvoir au service des idées plutôt que le contraire, apaise les tensions, oblige à l'exercice de la raison, de la réflexion, plutôt que du copinage et du clan, empêche les exclusives et interdit les exclusions. Une méthode de rassemblement de la gauche dont la condition d'existence est la représentation proportionnelle dans les instances de notre organisation, et qui s'oppose directement aux méthodes de purification du Parti que prônent certains, et j'en reparlerai plus tard, directement tirées des 21 conditions de Lenine que refusait Léon Blum en 1920.

mercredi 10 septembre 2008

Rentrée et Congrès Socialiste

Les membres du Parti Socialiste sont en période de congrès, depuis le mois de juin, et la rentrée de septembre marque le véritable démarrage de celui-ci. Comme d'habitude depuis que les considérations tactiques passent les considérations idéologiques, les militants ont 3 semaines pour débattre des contributions générales. Dans cette phase, qui ne donne pas lieu à un vote, mais a pour raison d'être de permettre aux militants d'étudier les convergences et/ou les divergences d'idées entre eux, chaque militant, s'il n'est pas représentant d'une contribution, pourra participer à une réunion de section et une assemblée départementale. Point.

En ce qui me concerne, représentant en Seine et Marne de la contribution n°14 "Réinventer la Gauche", avec quelques autres camarades, je vais sillonner le département. J'étais hier à Brie-Comte-Robert, je serai ce soir à Moissy-Cramayel, la semaine prochaine à Ozoir la Ferrrière, à Torcy, Emerainville... En trois semaines, réussir à rencontrer les militants est une gageure. Je vais en voir peut-être 300 dans les jours qui viennent, le parti en compte plus de 2000 en Seine et Marne... Vous comprenez pourquoi les délais sont considérablement raccourcis ? Peut-être pour que le débat ait lieu le moins possible en profondeur, et le plus possible par médias interposés ?

Le débat est d'autant plus important que les contributions, contrairement à ce que j'ai déjà entendu de camarades, ne sont pas toutes identiques, loin de là. Et notamment sur les points suivants:

Ce n'est pas la même chose de dire qu'il faut combattre la théorie du "choc des civilisations" sans précisions, que d'écrire noir sur blanc que cela implique d'être opposé au "grand marché transatlantique" contrairement à ce que déclare le Parti Socialiste Européen, dans ce document, lui-même ! Lisez d'ailleurs bien le document que je vous montre ici, outre cette dernière page 12 où la délégation explique qu'elle est d'accord pour entamer des pourparlers, il y a de nombreux désaccords que je peux avoir sur le fonds avec un tel texte, qui pense que l'on peut concilier la concurrence comme première loi et un marché financier renforcé avec une haute protection sociale... Si ce n'était pas la pauvreté de millions d'européens qui était en jeu, je rirais presque.

Ce n'est pas la même chose de dire qu'il faut partager les richesses sans dire noir sur blanc où il faut prendre l'argent. Depuis plusieurs dizaines d'années, le capital a pris 10 points de PIB aux revenus du travail. Cela représente des sommes colossales qui, pour les reprendre, nécessitent d'agir sur l'impôt sur les sociétés, sur les exonérations de cotisations sociales, et de mettre en route une vraie hausse des salaires. Pas seulement de faire des ajustements, certes nécessaires, sur l'impôt sur le revenu et la TVA, qui ne permettraient pas de répondre aux vrais enjeux et qui ne se dérouleraient qu'à recettes constantes ou presque.

Ce n'est pas la même chose de dire que l'on souhaite une réorientation de la construction européenne sans autres précisions et sans en déduire noir sur blanc que le traité de Lisbonne est mort. Je suis très sensible à l'argument qu'il faut tout reprendre et qu'une occasion unique se présente en 2009 avec les élections européennes qui pourraient permettre l'élection d'un parlement constituant.

Cela va sans dire, tout cela demande de refuser toute approche avec le MoDem, partisan d'une France dont les institutions sont présidentielles, et d'une Europe clairement libérale économiquement.

Maintenant, la volonté d'une République parlementaire, la question de la Laïcité, celle de l'intervention publique sont des questions qui se posent aussi.

Ne vous y trompez pas, ils sont là, les enjeux du congrès de Reims, et pas dans des questions de personnes.

jeudi 19 juin 2008

Il faut savoir se battre sur plusieurs fronts à la fois

Lors de la manifestation du 22 mai dernier, pendant laquelle, avec des camarades de PRS, je distribuais la campagne de notre association pour défendre la Laïcité (voir billet précédent), je me suis fait apostropher par plusieurs camarades de la CGT, en général ceux qui étaient en tête des cortèges départementaux, parce que la Laïcité n'était pas l'objet de la manifestation.

Nous avions organisé deux points fixes dans la manifestation, et avions décidé, ce jour, d'y distribuer les 4 pages que vous avez pu lire en lien dans mon dernier billet. C'est un bon exercice militant, en plus que de venir défiler. Et puis, on apprend à travailler collectivement dans la bonne humeur.

La manifestation était très réussie, et ce la nous faisait beaucoup de bien de voir autant de monde. Naturellement le mot d'ordre était la défense des retraites, contre les 41 années de cotisation. Inutile de rappeler combien moi-même je suis attaché à la retraite par répartition, aux 37,5 annuités, à la retraite à taux plein à 60 ans... J'ai déjà écrit ici qu'il y avait d'autre façons de combler un déficit des caisses en supprimant les dernières années de la vie, et c'est la première fois qu'on m'en demandait des preuves tous les cent mètres.

Car nous voici coupables, en distribuant nos tracts, de "détourner les travailleurs" de l'objet de la manifestation, et donc, de fait, complices de Bling Bling Bonap IV. Je dois dire que, presque un mois plus tard, cela me perturbe encore. Non pas que je me sente coupable. Mais que des camarades soient à la fois aussi obtus (ils avaient certainement reçu des instructions, parce que les mots et les signes de mépris étaient les mêmes pour chaque responsable de cortège) ça me dérange. Heureusement ils étaient très minoritaires dans le défilé, mais la répétition marque, et en général, c'est fait pour cela...

Outre donc que l'accusation est grotesque, le ton utilisé pour nous faire la leçon l'est bien plus. Nous faire la remarque gentiment aurait certainement eu plus de succès, d'autant plus que nous reprenions, nous, les slogans de la manifestation, parce qu'ils étaient aussi les nôtres. Nous en avions été d'autant surpris que plein d'orgas, dont les alternatifs rouges et verts nous avaient envoyés des signes de sympathie pendant l'installation de nos points fixes respectifs. Alors pourquoi ce ton de certains de la CGT ?

Deux réflexions me viennent.

Tout d'abord, de nombreux militants sont à cran. Et en soi, je veux bien le comprendre, tellement le contexte est difficile. Pauvreté, précarité, destruction de la puissance publique et de son intervention, flicage des sans moyens et des sans papiers, cela nous concerne tous, et nous pouvons tous être enclins, de rage et d'impuissance, à nous battre entre nous, à rechercher autour de soi qui est la cause du désastre, qui est le traître. Jusqu'à voir des traîtres parmi ceux qui étaient présents à cette manifestation, c'est toutefois excessif, il me semble. Mais c'est possible. Car c'est toujours plus facile de frapper sur l'accessible que de chercher à entrer ensemble dans le donjon. Et je ne m'exclus pas du raisonnement.

Ensuite, nous sommes dans un contexte qui nécessite de se battre sur tous les fronts à la fois, car c'est sur tous les fronts à la fois que la droite, le conservatisme, le capitalisme, et Napoléon ont des victoires communes depuis un an, préparées par cinq ans de Raffarin etc... Se battre pour la Laïcité n'est pas incompatible avec la lutte pour une retraite décente pour tous à un âge où on peut en profiter. Et si cet exercice est impossible aux leaders syndicaux, alors à qui le sera-t-il ?

Je concluerai en indiquant que je ne vais pas à mon tour me réfugier dans une posture d'offensé qui me donnerait raison et me permettrait de ne pas réfléchir et écouter les arguments de ceux qui souhaitaient qu'une priorité se dégage ce jour-là. Je veux bien en discuter et lire vos commentaires, mais pas sur le même ton. Pas entre camarades.

samedi 17 mai 2008

Je rêve éveillé

Je viens d’entendre l’allocution télévisée du président de la République. Au milieu du discours habituel, des perspectives de ravages dans les acquis sociaux, de destruction de la Laïcité, de chasse au clandestin en même temps que de protection de la « liberté d’entreprendre », une phrase, énorme :

Au sujet des bénéfices des entreprises, le président des néo-conservateurs français affirme, sans ciller, qu’il souhaite que le partage de ces bénéfices se fasse autrement, dans le rapport suivant : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l’investissement, et un tiers pour les salariés.

Pour ceux qui ne se souviennent pas de ce passage, allez voir ici (n'oubliez pas votre sac plastique avant d'attacher vos ceintures).

Je me frotte les yeux, je vais prendre l’air, je reviens, je n’arrive plus à écouter quoi que ce soit d’autre, d’abord parce qu’il est revenu aux poncifs de base du MEDEF et du pape qu’il répète encore et encore, ensuite parce que cette phrase m’obsède, tellement elle contraste d’un premier abord avec tout le reste.

Elle contraste, parce que le petit empereur vient d’annoncer qu’il souhaitait reprendre des dizaines, voire des centaines de milliards aux actionnaires, et ce, par an, pour les donner aux salariés... Même le Parti Socialiste n’énonce plus cette volonté dans ses programmes de peur d’effrayer les économistes ou de faire fuir les capitaux.

Pour ceux qui sont fans des soucis des « vrais gens », ces dizaines ou centaines de milliards pourraient, plutôt que d’être distribués aux actionnaires, permettre de revaloriser les salaires, et aussi de boucher le trou de la sécu, des caisses de retraites, d’investir dans des infrastructures durables et écologiques, de relancer la recherche, et j’en passe… Exactement l’inverse de ce que la majorité de Droite fait en ce moment, en supprimant des hôpitaux, des tribunaux, des auxiliaires d’enseignement et des professeurs…

Que lui a-t-il pris ? Peut-être que c’est cela, l’ouverture, on mène la même politique sauvage qui a conduit, par exemple, l'Argentine à se révolter, il n'y a pas si longtemps que cela, de privatisations à outrance, de destruction des services publics, de déréglementation de tout, de casse du droit du travail, la même qui permet à la finance internationale de plonger dans une crise sans précédent dont seuls les pauvres ou les petits propriétaires seront les victimes, et on glisse une phrase, au milieu d’un discours, pour amuser la galerie, une phrase sans conséquence puisque personne ne la reprend, et certainement pas les médias…

Sans conséquence sauf que les français ne sont ni sourds, ni bêtes.

Je vous rassure, la redistribution aux salariés, dans ce qu’il a dit, devait se faire sous forme d’épargne salariale, c’est à dire en donnant des actions de leur entreprise aux salariés… Ces actions, les salariés doivent les conserver sans les toucher pendant cinq ans, elles ne donnent pas lieu à cotisation sociale et donc cela n’aide pas la Sécurité Sociale qui pourra continuer de mourir afin que les grandes assurances les remplacent un jour, et elles ne donnent pas droit à vote lors des Assemblées Générales d’actionnaires… Et pour que ces actions rapportent, il faut augmenter la productivité ou licencier des salariés, enfin c’est ce que font les amis du personnage dont je parle depuis le début de l’article… Ce qui fait que les salariés finissent par trouver des arguments, lorsqu’ils sont intéressés aux résultats, à la dégradation de leurs conditions de travail ou aux plans sociaux dont ils seront eux-mêmes les victimes…

Finalement, il retombe bien droit dans ses bottes…

lundi 12 mai 2008

Traité de Lisbonne et Laïcité

Après de sérieux échanges avec des camarades sur la nouvelle campagne de PRS concernant la Laïcité, qui affirme que le traité de Lisbonne ignore la Laïcité, et que celle-ci " dans son article 10, comporte un droit à la manifestation publique des croyances qui contredit les lois françaises d'interdiction des signes religieux à l'école", un certain nombre d'arguments voient le jour et nécessitent d'être exprimés publiquement.

L'échange concernait principalement ce droit à la manifestation publique et non la reconnaissance des églises qui figure dans le traité de Lisbonne et qui est un autre argument contre un traité, qui fait des religions, non seulement des entités que les institutions reconnaissent, mais avec lesquelles elles s'engagent à dialoguer, donc auxquelles elles accordent d'office un droit d'influence sur les politiques publiques.

Sur le droit à la manifestation publique des croyances, qui est l'objet de ce billet, celui-ci se trouve à l'article 10 de la charte des droits fondamentaux. Attention à bien lire la version de 2007 et non celle de 2000, vous pouvez d'ailleurs vous amuser à lire les différences (article 52 sur la portée de la charte notamment).

La première réponse des partisans du traité, c'est de dire que l'article en question est directement issu de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), et donc que critiquer cet article reviendrait à critiquer la Déclaration des Droits de l'Homme. On devrait en déduire immédiatement que les opposants au traité de Lisbonne sont donc opposés à la Déclaration des Droits de l'Homme (et ça concorde parfaitement avec l'argument que ce sont de dangereux extrémistes, nationalistes, et autres noms d'oiseau que l'on entend régulièrement à notre sujet).

Bien entendu, l'ensemble des camarades internationalistes et altermondialistes et Républicains, qui forment la majorité des opposants à l'ancien Traité Constitutionnel Européen, et maintenant au traité de Lisbonne, qui sont pour une Europe, mais une Europe qui n'empêche pas des vraies politiques publiques de Gauche dans le texte même des traités qui la fondent, ces Camarades sont les premiers à défendre la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Simplement, il est drôle de trouver sous la plume de ceux qui nous accusent sans arrêt d'extraire de leur contexte des bouts d'article des traités pour les critiquer, exactement cette façon de faire.

En effet, la République Française a adopté notamment deux lois contradictoires avec l'article 18 de la DUDH, la loi de séparation des églises et de l'Etat (1905), et la Loi d'interdiction des signes religieux ostensibles à l'école (2003). Comment alors cela est-il possible ? La République Française est-elle depuis 1905 traître à la Cause avant même que les "méchants europhobes" ne s'y soient mis à leur tour ? Bien sûr que non, vous vous en doutez bien. La DUDH, dans son article 29 alinéa 2, autorise les Etats à voter, dans un cadre démocratique bien sûr, des restrictions aux droits donnés par la DUDH "exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique."

Dans le cadre Républicain, les "justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien être général" sont décidées par la délibération collective et l'arbitrage des institutions républicaines qui sont garantes de l'intérêt général, c'est à dire notamment que ses membres statuent, non pas en réfléchissant à ce qui est bon pour eux, mais ce qui est bon pour tous.

La question n'est pas de savoir si l'article 10 de la Charte des Droits Fondamentaux est la recopie de l'article 18 de la DUDH, mais si le dispositif qui permet aux Etats de restreindre les droits de la charte (sous réserve que ces restrictions soient prises dans un cadre démocratique, bien sûr) est reconduit dans la Charte des Droits Fondamentaux. Dans la DUDH, cela correspond aux articles 29 et 30. Dans la CDF, cela correspond aux articles 52 et 53. Vous pouvez vous reporter à ces articles, je vais ici citer les extraits qui se correspondent :

DUDH : Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.

CDF : Toute limitation de l'exercice des droits et libertés reconnus par la présente Charte doit être prévue par la loi et respecter le contenu essentiel des dits droits et libertés. Dans le respect du principe de proportionnalité, des limitations ne peuvent être apportées que si elles sont nécessaires et répondent effectivement à des objectifs d'intérêt général reconnus par l'Union ou au besoin de protection des droits et libertés d'autrui.

C'est à dire que l'alinéa est plus restrictif dans le deuxième cas, notamment par l'obligation pour des limitations de répondre à des objectifs d'intérêt général reconnus par l'Union, ou de respecter le contenu essentiel des droits et libertés énoncés par la Charte.

C'est ce qui permet d'affirmer que la Laïcité est au mieux ignorée du Traité de Lisbonne, et au pire menacée par lui.

L'alinéa 3 de l'article 52 de la CDF indique de même :

" Dans la mesure où la présente Charte contient des droits correspondant à des droits garantis par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, leur sens et leur portée sont les mêmes que ceux que leur confère ladite convention. Cette disposition ne fait pas obstacle à ce que le droit de l'Union accorde une protection plus étendue. "

Cet alinéa s'applique uniquement aux articles conférant des droits, et non à l'article décrivant la portée de la charte (l'article 52). Donc l'article faisant mention de limitation des droits, lui, ne doit pas être lu comme étant de même sens et de même portée que ceux que leur confère la CESDH... Ce qui confirme bien les craintes que l'on peut avoir.

Nous ne pouvons pas passer sur l'alinéa 4 qui indique que les droits reconnus dans la CDF doivent l'être en harmonie avec les traditions constitutionnelles communes aux Etats membres, traditions dans lesquelles la Laïcité ne se trouve pas...

Je consacrerai un billet entier à l'alinéa 5 de l'article 52 de la charte, car il limite l'aspect contraignant, de mon point de vue, de la Charte, puisqu'il limite son application aux actes qui se font dans le cadre du droit de l'Union, d'une part, et d'autre part indique que les dispositions de la charte peuvent être mises en œuvre, sans obligation... Cela cela a forcément des conséquences. Mais de deux choses l'une, soit la charte est contraignante, soit elle ne l'est pas. Dans ce dernier cas, ce n'est même pas la peine de discuter de l'article 10 de la CDF, en revanche, on peut se demander si le Traité en vaut vraiment la peine...

jeudi 20 mars 2008

L'initiative économique EST politique

J'avais écrit, avant les élections (mais j'ai publié le billet après celles-ci), que la première escroquerie des libéraux, c'est de clamer partout que l'initiative économique n'est pas politique.

Les "idéologues interventionnistes" (notez l'ironie SVP)(notez aussi l'ironie de la remarque), dont je fais partie, sont honnis sous prétexte d'être emplis d'arrières pensées politicardes, brocardés sous prétexte d'embrigadement, accusés de refuser pêle-mêle le progrès, la liberté, d'être jaloux du succès des grands hommes qui ont fait leur fortune grâce aux fonds publics... ou de ceux d'autres grands hommes qui pourtant ne font qu'obéir aux lois du Luxembourg...ou encore d'autres qui pourtant ne sont que les rois du chic et sobre (si, si, vous avez bien lu :-)

On oublie aussi que les "idéologues interventionnistes" dédaignent aussi honorer les grands aventuriers qui sont arrivés au sommet à partir de rien (ou si peu...) Bernardo Trujillo et ses disciples de la grande distribution, Antoine Seillière le champion de la "refondation sociale", et encore Bernard Arnault par exemple...

Là encore, on constate que l'économie n'a absolument rien de politique (je le jure ;-) ). Et que l'exacerbation de la Liberté seule, sans garde fou, permet l'appropriation des commandes de l'industrie et de la finance par un petit nombre de personnes qui confondent jouer un rôle et posséder, et qui jouent les apprentis sorciers avec le reste de la société sans aucun contrôle. Lorsque l'on utilise ses moyens - considérables - pour faire et défaire le tissu industriel d'une ville ou d'une région, lorsque l'on impose une façon rudimentaire de traiter des déchets, lorsque l'on construit des villes privées pour avoir des ouvriers à disposition, lorsque des pétroliers utilisent de vieux bateaux sous des pavillons de complaisance, et lorsque des syndicats patronaux financent des campagnes électorales, par exemple, ils ne font pas de politique? Il n'y a que des naïfs pour affirmer le contraire, ou pour protester uniquement contre ceux qui s'organisent pour ne pas être écrasés.

Mais peut-être ne sont-ils pas si naïfs et savent-ils très bien ce qu'ils font.

vendredi 29 février 2008

L'escrocquerie libérale

Depuis quelques jours, je lis les billets du blog d'Emmanuel Prost (ainsi que ceux de mes amis politiques de Torcy), pendant la campagne des municipales, eux continuent de publier, il faut dire qu'ils sont plus anciens que moi dans la pratique, et qu'ils ne s'exposent pas à l'accusation d'avoir monté le leur juste pour les élections, même si ils les commentent...

Ledit blog est celui d'un membre d'Alternative Libérale. J'ai souvent écrit que je me situais à l'exact opposé politique de ce mouvement. A une époque, je disais même qu'il me suffisait d'écouter des délires d'Alain Madelin pour savoir exactement ce que je pensais... Il me suffisait souvent d'inverser le sens de ses phrases ! Naturellement, cette boutade me met encore de bonne humeur à l'heure tardive où j'écris ces lignes... Je la trouve d'un niveau bien meilleur que celle de notre auteur libéral qui explique que toute personne opposée au libre échange est un partisan de Staline ou de Kim jong Il...

Comme le disait un ami, vous savez comment on tue un libéral ? On le met en haut d'une falaise et on lui dit que la Gauche interdit de sauter... Moi, j'aurais plutôt décliné : On le met en haut d'une falaise et on lui montre la publicité d'une entreprise dont l'objet est de rattraper au vol les clients qui aiment prendre des risques...et on lui dit qu’elle est cotée en bourse !

J'ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi les grands défenseurs sans nuance de l'Initiative individuelle critiquaient celle des hommes et des femmes de gauche de s’organiser pour résister au capitalisme. Si la liberté d’initiative est si bonne, alors toutes les initiatives devraient l’être, d’après moi, non ?

Pour les libéraux, malheureusement, seule l’initiative dite « économique » a du mérite. Pour eux, elle n’a rien de politique, elle n’a pas pour objectif de réguler quoi que ce soit, elle a seulement pour but la « création de richesses ».

Dans les prochains billets, il faudra donc tenter de réfuter cet argument qui consiste à dire que l’initiative économique n’a rien de politique. Car elle est là la première escroquerie libérale.

Dans un second temps, on pourra reprendre cet argument de la valeur de l’initiative… Si l’initiative avait une valeur en soi, une valeur intrinsèque, je serais d’accord de donner à la Liberté un premier rôle absolu, une priorité… Mais voilà, si toutes les initiatives se valent parce qu’elles sont des initiatives, alors le commerce de la cocaïne ou du tabac a la même portée que celui du blé ou du maïs bio… Il en résulte que si il est possible de donner une valeur aux actions des humains, alors il est peut-être possible d’être de gauche et de ne pas agir comme un dictateur…

Par la suite, on pourra revoir, parce que ça fait du bien, l’interventionnisme forcené du premier état qui défend la Liberté, les États Unis d’Amérique… ce qui montre bien que l’hypocrisie existe… on pourrait aussi chercher à comprendre pourquoi les principales multinationales font de la publicité si il fallait compter uniquement sur la liberté individuelle pour avoir des clients…

En bref, avant d’écrire sur tous ces points, il me semble que les discours et les actes politiques libéraux consistent à refuser aux humains de prendre des initiatives pour s’opposer à certains actes des dirigeants économiques. Et ce, même si ces actes conduisent à la misère, la guerre, la destruction, la confiscation de la souveraineté par un petit nombre, la confiscation par ce même petit nombre des ressources indispensables à la survie de tous.

Car pour les libéraux, les dirigeants économiques sont parés de toutes les vertus par nature. Et ainsi, la boucle est bouclée. Les dirigeants économiques sont ceux qui sont le symbole, pour les libéraux, de cette initiative, et tant pis si on oublie que la moitié de ces fortunes s’est construite sur des fonds publics, et l’autre sur l’héritage de leur famille... finalement, eux seuls ont droit à cette initiative, et pas moi, qui choisis de d’utiliser la mienne à résister à la leur, enfin la partie de la leur qui fait la misère du monde…

jeudi 28 février 2008

Pas de blog pendant la campagne des municipales

mais pas d'inquiétude, des billets sont en préparation qui seront publiés après...

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