Questions de Gauche

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samedi 20 février 2010

Pour le droit à "troubler la tranquillité" du gouvernement !

L'article 2 de la LOPPSI, projet de loi sur la sécurité intérieure, accentue encore les restrictions à la liberté d'expression. Nous, militant-e-s du Parti de Gauche et citoyen-ne-s engagé-e-s, voulons garder notre devoir d'alerte, notre droit de citoyen-ne-s à interpeler le gouvernement, en portant un masque à l'effigie de Sarkozy, une pancarte "casse toi pauv'con" ou encore en criant "Sarkozy je t'ai vu !"

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Délinquants solidaires, nous revendiquons le droit à "troubler la tranquillité" de celles et ceux qui chaque jour "troublent la tranquillité" du peuple par leurs attaques incessantes contre l'intérêt général, les services publics et l'emploi. Nous publions donc aujourd'hui simultanément sur tous nos sites et blogs le même billet, assumant d'entrer ainsi en résistance à une loi qui muselle un peu plus les expressions de solidarité et de citoyenneté, afin que la voix de la population puisse se faire entendre haut et fort !

Art. 222-16-1. – Le fait de faire usage sur un réseau de communications électroniques, de l’identité d’un tiers ou de données de toute nature permettant de l’identifier, en vue de troubler la tranquillité de cette personne ou d’autrui, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

lundi 2 février 2009

Le bonheur, c'est simple comme une photo

Pardonnez moi, mais cela fait tellement de bien ! On en a tellement besoin !

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samedi 17 mai 2008

Je rêve éveillé

Je viens d’entendre l’allocution télévisée du président de la République. Au milieu du discours habituel, des perspectives de ravages dans les acquis sociaux, de destruction de la Laïcité, de chasse au clandestin en même temps que de protection de la « liberté d’entreprendre », une phrase, énorme :

Au sujet des bénéfices des entreprises, le président des néo-conservateurs français affirme, sans ciller, qu’il souhaite que le partage de ces bénéfices se fasse autrement, dans le rapport suivant : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l’investissement, et un tiers pour les salariés.

Pour ceux qui ne se souviennent pas de ce passage, allez voir ici (n'oubliez pas votre sac plastique avant d'attacher vos ceintures).

Je me frotte les yeux, je vais prendre l’air, je reviens, je n’arrive plus à écouter quoi que ce soit d’autre, d’abord parce qu’il est revenu aux poncifs de base du MEDEF et du pape qu’il répète encore et encore, ensuite parce que cette phrase m’obsède, tellement elle contraste d’un premier abord avec tout le reste.

Elle contraste, parce que le petit empereur vient d’annoncer qu’il souhaitait reprendre des dizaines, voire des centaines de milliards aux actionnaires, et ce, par an, pour les donner aux salariés... Même le Parti Socialiste n’énonce plus cette volonté dans ses programmes de peur d’effrayer les économistes ou de faire fuir les capitaux.

Pour ceux qui sont fans des soucis des « vrais gens », ces dizaines ou centaines de milliards pourraient, plutôt que d’être distribués aux actionnaires, permettre de revaloriser les salaires, et aussi de boucher le trou de la sécu, des caisses de retraites, d’investir dans des infrastructures durables et écologiques, de relancer la recherche, et j’en passe… Exactement l’inverse de ce que la majorité de Droite fait en ce moment, en supprimant des hôpitaux, des tribunaux, des auxiliaires d’enseignement et des professeurs…

Que lui a-t-il pris ? Peut-être que c’est cela, l’ouverture, on mène la même politique sauvage qui a conduit, par exemple, l'Argentine à se révolter, il n'y a pas si longtemps que cela, de privatisations à outrance, de destruction des services publics, de déréglementation de tout, de casse du droit du travail, la même qui permet à la finance internationale de plonger dans une crise sans précédent dont seuls les pauvres ou les petits propriétaires seront les victimes, et on glisse une phrase, au milieu d’un discours, pour amuser la galerie, une phrase sans conséquence puisque personne ne la reprend, et certainement pas les médias…

Sans conséquence sauf que les français ne sont ni sourds, ni bêtes.

Je vous rassure, la redistribution aux salariés, dans ce qu’il a dit, devait se faire sous forme d’épargne salariale, c’est à dire en donnant des actions de leur entreprise aux salariés… Ces actions, les salariés doivent les conserver sans les toucher pendant cinq ans, elles ne donnent pas lieu à cotisation sociale et donc cela n’aide pas la Sécurité Sociale qui pourra continuer de mourir afin que les grandes assurances les remplacent un jour, et elles ne donnent pas droit à vote lors des Assemblées Générales d’actionnaires… Et pour que ces actions rapportent, il faut augmenter la productivité ou licencier des salariés, enfin c’est ce que font les amis du personnage dont je parle depuis le début de l’article… Ce qui fait que les salariés finissent par trouver des arguments, lorsqu’ils sont intéressés aux résultats, à la dégradation de leurs conditions de travail ou aux plans sociaux dont ils seront eux-mêmes les victimes…

Finalement, il retombe bien droit dans ses bottes…

jeudi 3 janvier 2008

Bonne année 2008 !

Ne nous décourageons pas !

Après une année 2007 difficile pour tout le monde et un mois de décembre pendant lequel j'ai vu beaucoup de personnes épuisées, il faut relever la tête et les débuts d'année sont faits pour cela. A tous les militants, je vous souhaite une année d'intense confrontations utiles à la Gauche. A tous ceux qui triment et/ou qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, courage ! Serrons nous les coudes ! Tout le monde a envie de bien vivre et d'être heureux ! Tout le monde y a droit !

Nous ne pouvons pas nous résigner à la vague des transformations brutales qui déferle sur nous ! Ni à la destruction de la Sécurité Sociale, ni à la baisse des salaires, ni à la casse du Service Public, ni à la négation de la République et de tous ses idéaux !

Car il est là notre horizon, ne le perdons pas de vue : la République, une et indivisible ! Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort ! Je pourrais passer pour un extrémiste avec ces mots tranchants, mais que va-t-il nous arriver si c'est la loi du plus fort qui devient la loi commune ? Que va-t-il se passer si c'est le chacun-pour-soi qui devient la norme de façon définitive ? Que va-t-il se passer lorsque, en plus, le voyage à Rome ou le test génétique permettra de savoir qui est un meilleur français que les autres ?

Qui est l'extrémiste alors ?

Armons nous de courage et persévérons.

vendredi 24 août 2007

La droite va essayer de nous faire croire qu'ils agissent pour les revenus modestes !

C'est quand même incroyable !

En fait, je croyais que cela n'était pas possible que l'on essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes avec autant d'arrogance. Sur l'air de "nous agissons pour vous..." !!

Ils essaient de nous faire avaler que le remboursement des intérêts sous forme de réduction d' impôt pour l'achat d'une résidence principale, jusqu'à 1500 € par an pour un couple, cela va résoudre la crise du logement ?

Prenez quatre exemples : le cas d'une personne seule (1), d'une famille monoparentale (2), d'une famille sans enfants (3), d'une famille avec enfants (4), en Ile-de-France (pardonnez moi, ce sont les seuls chiffres que j'ai trouvé).

Dans le cas 1, le revenu médian est à 1100 € net par mois et par Unité de Consommation (UC) environ, dans le cas 2, plutôt de 900 €, dans le cas 3 de 1350 € environ et le cas 4 de 1200 €. Cela signifie que LA MOITIE des familles qui sont dans le cas 1,2,3, ou 4 ont ces revenus OU MOINS ! (Source : INSEE) J'imagine que la moitié des "Unités de Consommation" qui gagne moins que son revenu médian ne possède pas de patrimoine ou peu...

Maintenant en Ile de France, je n'ai pas trouvé de 3 pièces vivable à moins de 150000 euros. vivable, ça veut pas dire dans un quartier chic, entendez moi. ça veut dire avec des fenêtres et sans trop d'infiltrations. Et je n'ai pas d'à priori, moi, sur la ville ou le quartier. Je ne crois pas que l'on puisse emprunter 150000 € en payant des mensualités inférieures à 1000 € par mois... ce qui fait 12000 € par an à sortir pendant 20 ans. Grâce à la droite, cela ne fera plus que 10500 € par an pour un couple les cinq premières années. Vous pensez que c'est faisable pour LA MOITIE des familles qui ont les revenus les plus bas ?

Je rappelle aux étourdis qu'il n'est pas raisonnable de rembourser un crédit avec des mensualités qui dépassent 1/3 des revenus... A qui donc s'adresse cette mesure ? A ceux qui ont les moyens d'acheter...

Refaites le calcul pour les personnes qui ont de faibles revenus mais (par un merveilleux hasard) ont 50000 euros de patrimoine, donc un apport qui ne semble pas négligeable... Ils n'ont plus que 100000 euros à emprunter ! Ces chanceux ne sont pas très nombreux, mais à votre avis, est-ce que cela va leur être possible ? En supposant qu'ils n'aient que 700 € par mois à rembourser pour arriver à acheter leur 3 pièces, combien faut-il de revenu à la famille pour pouvoir y parvenir ? Environ 2100 euros net, donc, soit deux SMIC. On est largement au dessus du revenu médian ! Mais je vous rassure, il ne faut pas non plus que cette famille ait d'enfants, parce qu'ils doivent aussi payer leur garde..., bref, ils ne sont pas sortis d'affaire pour autant !

A qui profite donc cette mesure ? Est-ce une mesure de gauche ? Je n'attends même pas de réponse...

samedi 30 juin 2007

Bouche bée

Vous devez vous demander pourquoi il n'y a pas de billet sur ce blog depuis trois semaines... C'est parce que, depuis le second tour des élections législatives, je suis tellement estomaqué par les commentaires et les déclarations de certain(e)s responsables politiques de mon Parti, le Parti Socialiste, que je ne sais même pas comment réagir.

Lorsque l'on est membre d'un parti, on n'a aucune obligation d'être en accord avec les autres membres de ce parti. Mais l'objectif d'être dans une même organisation, c'est de faire l'effort d'élaborer ensemble des positions communes que chacun peut respecter. Le parti socialiste a vécu, à plusieurs reprises, des périodes pendant lesquelles ceci n'a pas été possible. Et toute l'histoire de la gauche est émaillée de l'explosion d'organisations pour lesquelles un désaccord a été tel qu'aucune position commune n'a pu être trouvée.

Echec à arriver à une position commune : Il peut y avoir plusieurs raisons à ceci : Tout d'abord si les convictions des uns sont vraiment incompatibles avec celles des autres, en second si l'exercice imposé consiste à choisir entre deux positions tranchées sans avoir le droit de rechercher un entre-deux, et en troisième, lorsque l'une des parties a décidé de refuser tout compromis, pour des raisons avouables ou non.

Tout d'abord, des convictions incompatibles. C'est par exemple le cas au congrès de Tours de 1920, ou il était impossible par nature de concilier les 21 conditions de Lenine pour entrer dans la 3ème internationale avec la volonté d'existence des courants dans le parti et l'exercice de la démocratie dans celui-ci.

Le référendum sur le Traité Constitutionnel de 2005 entre dans le deuxième cas. Deux socialistes ayant les mêmes objectifs pouvaient choisir deux voies différentes et continuer, après cette étape, et en en tenant compte sans colère, de chercher d'autres moyens de continuer ensemble. C'est dans tous les cas ma position. J'ai fait un choix très tranché pour le "non" à cette époque, je l'assume parfaitement. Et ceux et celles qui ont fait un choix différent mais cherchent encore à faire avancer le socialisme ne sont pas des adversaires.

En revanche, il existe maintenant de façon avouée des camarades qui ne veulent plus de compromis et qui souhaitent que seule leur vision du socialisme soit imposée aux autres. Bien entendu, dans le parti socialiste, la majorité l'emporte. Toutefois, personne n'est obligé de l'accepter et peut quitter le parti. Nous sommes dans une configuration où chacun a le choix entre 1/vouloir imposer son point de vue par le vote, 2/ ou de, sans aller vers des positions qui n'auraient pas de sens afin de ne froisser personne, comme le parti socialiste l'a aussi fait, de construire un projet qui, sur les retraites, sur la répartition des richesses, sur les méthodes pour la modifier en faveur des salariés, sur les services publics, sur la construction européenne, sur l'énergie, les ressources naturelles, et enfin sur la République et ce qu'elle doit devenir, peut rassembler la gauche, toute la gauche.

Certain d'entre nous, les socialistes, ne sont plus d'accord. Une partie est allée chez Sarkozy (comme quoi...tout est possible). Une autre souhaite l'alliance avec Bayrou. Une troisième veut prendre modèle avec le SPD allemand, social-démocrate, qui gouverne avec la droite ! Et en plus, ceux qui sont partisans de la social-démocratie à l'allemande crachent sur les socialistes qui sont entrés au gouvernement de Mr Fillon... C'est assez contradictoire, mais toutes les ficelles peuvent passer. Jusqu'où irons nous?

Lorsque je vois ceci, je suis tellement surpris par le chemin pris que je ne sais pas vraiment comment réagir ! Je refuse en bloc tout cela, je souhaite résister à cette tendance à vouloir pactiser avec l'adversaire politique.

De cela j'en suis sur. Je commence par le dire, par l'afficher.

Et par la suite, chacun sera mis devant ses responsabilités, et devra choisir.

jeudi 24 mai 2007

Une gauche moderne, c'est une gauche de droite !

J'en ai assez, depuis des années, mais encore plus depuis le 6 mai dernier, d'entendre les commentateurs télévisés répéter le jour et la nuit que ce dont la gauche, et plus particulièrement le Parti Socialiste, a besoin, c'est de se moderniser. J'en ai assez, parce que, dans leur bouche, cela ne signifie qu'une seule chose : abandonner la lutte, s'inscrire éventuellement dans un mouvement qui aura pour objectif de tempérer les injustices les plus criantes, mais surtout se résigner au modèle dominant.

Après chaque défaite de la gauche, c'est le refrain habituel : "Pourquoi perdre son énergie à vouloir aller vers autre chose que le capitalisme ? Les Français sont si heureux ! Bien sur il y a des pauvres, mais justement, c'est parce qu'on les aide trop. Le parti Socialiste doit abandonner ses vieilles lubies archaïques... C'est la phrase que je préfère parmi toutes ! Ses vieilles lubies archaïques, entendez : le partage et la démocratie partout. Car il est là le socialisme, et nulle part ailleurs : Nous les socialistes, nous voulons le partage et la démocratie partout, et rien de plus !

Abandonner cette volonté, c'est devenir de droite, tout simplement. J'entends déjà les représentants de cette droite officielle : "mais nous aussi, nous voulons le partage et la démocratie. Mais nous voulons partager en fonction du mérite, et notre démocratie, c'est choisir notre chef et ne pas toucher à la liberté d'entreprendre."

Je ne suis pas d'accord pour partager en fonction du mérite. D'abord parce que le mérite, c'est entièrement subjectif. Quel mérite a-t-on d'être dirigeant d'entreprise ou d'avoir une bonne idée lorsqu'on a fait des études ou qu'on hérite d'une entreprise ? Qui croit encore que progresser socialement est à la portée de tout le monde ? En second, chaque être humain n'a pas demandé à être sur cette terre, en conséquence de quoi, quels que soient ses qualités, ses défauts, son capital culturel ou économique de départ, il ou elle mérite la même part que les autres, et rien de plus !

De même, je ne suis pas d'accord pour que la démocratie se résume à l'élection de représentants du peuple qui n'ont aucun pouvoir d'intervention sur la société que pour dire ce qui est un crime ou empêcher d'autres êtres humains de franchir les frontières. Si seule la liberté était source de justice, alors nous qui avons déjà vécu le XIXème siècle, nous saurions où cela conduit : à la guerre, à la misère du plus grand nombre.

Malheureusement, la liberté, c'est plus facile que la partage et la démocratie. Il suffit de laisser faire. Et de regarder la télévision, surtout celle qui est fabriquée par ceux qui ont intérêt à ce qu'on reste devant. Surtout celle qui passe à longueur de journée des soit-disant politilogues et autres éditorialistes qui répètent que la gauche doit s'adapter à son temps et "abandonner ses vieilles lubies archaïques" !