Questions de Gauche

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lundi 7 mai 2012

Nous n'avons plus que le poids du monde sur les épaules

Je me sens plus léger :-)

Les résultats du premier tour des élections présidentielles m'ont réveillé. Je me trouvais en léthargie depuis les ennuis personnels que j'ai eus, notamment l'incendie de ma maison. Je participais à de nombreuses activités politiques et associatives, peut-être trop... encore des arguments contre le cumul des fonctions. Il faut savoir être raisonnable.

Mais le résultat du premier tour ont été pour moi un électrochoc salvateur. La gauche peut être entendue malgré le couvercle posé sur elle dans les médias, les nombreuses déformations de nos discours, et la préférence affichée de nombre d'entre eux, ou du moins la haine moins grande pour le Front National que pour le Front de Gauche dans les milieux liés aux grands pouvoirs.

Alors quoi, il suffirait d'un relooking d'image et l'extrême droite deviendrait fréquentable ?! Et au mieux, on pourrait se permettre de mettre dos à dos les partisans de la ségrégation de ceux du partage ?! C'est révoltant. Cette révolte a été chez moi un déclencheur. J'étais fatigué, un peu découragé peut-être. Mais notre cause est grande, et nous allons le démontrer.

Nous avons déjà démontré que nous étions plus nombreux que prévu :-) Cela va continuer. Sur Torcy, le résultat du premier tour est intéressant. Le Front de Gauche est devant le Front National. C'est ce qui aurait du être partout, mais déjà chez moi je me sens mieux. Et la bataille est loin d'être terminée. Je n'accepterai pas que des personnes puissent être convaincues à ce point qu'il faut séparer les "bons français" des mauvais. Car je suis un révolutionnaire attaché à 1789, à 1792 et au droit du sol.

J'ai été fier de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, et notamment de son discours de Marseille et de son attachement à démonter point par point les provocations de l'infâme Jean-Marine Le Pen. Ces provocations ne sont le fruit que d'élucubrations de l'ordre de "on sait bien que", "on voit bien que", "on a peur que". Cela ne peut pas faire un discours argumenté, c'est le mécanisme classique qui transforme l'Autre en un être dont on a peur et qui perd son humanité.

Nous devons le refuser, et donner les arguments raisonnés qui sauront mettre le doute chez ceux qui "croient" ou adhèrent aux propos de l'infâme. Puis, pour les rassurer, faire disparaitre la peur, il faut apprendre à vivre ensemble, tout simplement, se parler.

Les médias et la télévision, pour cela, ne jouent pas leur rôle, ils amplifient la peur, on dirait qu'ils sont faits pour cela ! Alors que, en partageant les expressions, en mélangeant les types d'intervenants, de chroniqueurs, on ferait déjà tant !

Lorsque tout à l'heure, j'ai pu percevoir en direct les larmes de Jean-Pierre Pernault devant le discours "émouvant" de Sarkozy, rediffusé de hier soir, j'ai ressenti un mélange d'émotions détonnant. Petite digression, je zappais entre les différentes chaines pour sentir le ton des unes et des autres, je n'étais pas fixé sur TF1. Mais lorsque je suis tombé là dessus, j'étais déjà surpris de la religiosité avec laquelle on nous présentait la rediffusion de cet extrait de discours, mettant en avant l'émotion du sorti mais rien d'autre.

Ma perception de ce discours n'a certainement pas été la même. Tout ce qui a été dit m'est apparu comme complètement décalé de la réalité. Par exemple, lorsqu'il dit "nous ne sommes pas comme eux, j'ai souffert que l'institution que je représentais ne soit pas respectée ne faisons pas comme eux" , j'ai vraiment commencé à me frotter les yeux en me demandant s'il comprenait ce qu'il disait. Il ne voit pas les causes de ce non respect d'une institution qui met toute sa force à soutenir ceux qui écrasent les autres, à traiter des catégories de population française de racailles, et à avoir les mêmes arguments que l'extrême droite et les mêmes plaisanteries racistes ? Chirac a obtenu de moi le respect institutionnel que lui n'aura jamais, et il se demande pourquoi ?

Lorsqu'il dit : "J'ai essayé de faire de mon mieux pour protéger les Français des crises sans précédent qui ont ébranlé le monde pour que la France en sorte plus forte.", j'ai commencé à hurler. Veut-il que je lui fasse la liste des millions de personnes qui vivent dans l'indigence et à qui tous les jours il a demandé des sacrifices tandis qu'une toute petite partie se goinfrait en étalant leur satisfaction d'être là où ils sont ?

Lorsqu'il dit "Lorsque l'on a des valeurs, la seule façon d'être crédible c'est de les vivre. (...) Laissez moi la liberté de vivre en accord avec ce que je pense." Je trouve que c'est facile, du point de vue où il est, de dire cela. La liberté, c'est quand on a le choix. Et il y a des millions de français qui aurait avoir la liberté de partager mais qui n'avaient déjà pas de quoi vivre, ni capital économique, ni capital culturel leur permettant de devenir Maire de Neuilly à 28 ans... et de n'y construire pas un logement social ou presque.

Et enfin, lorsqu'il dit : "Jamais je ne pourrai vous rendre tout ce que vous m'avez donné", je me suis demandé si je n'allais pas lui proposer un échéancier, parce qu'en effet il s'en est mis, lui et certains de ses amis, plein les poches, grâce au soutien de tellement de français qui eux même sont toujours persuadés qu'il faut travailler plus pour gagner plus mais qui n'ont pas pu gagner autant que leur "chef", celui qui endosse la responsabilité avec la facilité de celui qui a fait une récolte pendant cinq ans et qui va pouvoir la faire fructifier. Je rappelle à ces français qui soutiennent la droite qu'un être humain, même si il travaille 80 heures par semaine, même s'il parvient à travailler 90 heures par semaines et dormir les 78 heures qu'il lui reste, ne travaille pas plus de trois fois ce que travaillent les autres... Quelle raison y a-t-il à ce qu'il gagne des centaines de fois plus ?

Je suis soulagé parce que nous n'avons plus le poids de la honte de ce président sur les épaules, nous n'avons plus le poids de ses décisions cruelles sur le dos, nous n'avons plus la peur que nos frères et sœurs soient pourchassés dans les écoles ou dans la rue pour faire du chiffre de renvoi en charter, nous n'avons plus la peur de l'impunité de ceux qui font circuler les valises de billets, nous n'avons plus la peur de voir se désagréger complètement le service public sous son impulsion propre.

Nous n'avons plus que le poids du Monde, et du Monde libéral, sur les épaules. Nous savons que le président actuel a déjà renoncé à prendre les mesures pour nous en protéger totalement. Mais nous sommes déjà soulagés de ne plus avoir Sarkozy sur les épaules. Et nous voilà décidés à nous battre. Nous sommes suffisamment pour porter le monde et trouver les moyens de vivre ensemble dignement. Nous n'avons pas besoin de dirigeants providentiels. Nous avons besoin de retrouver confiance en nous, le peuple, et la première étape est de combattre sans pitié les affirmations de l'extrême droite partout où nous les entendrons, et de chercher les moyens, comme la Laïcité, pour vivre tous ensemble sans chercher un ennemi parmi nous.

Une nouvelle séquence politique commence. Elle commence par des élections législatives. Nous n'avons plus peur maintenant, l'épouvantail est parti. Nous voulons des salaires dignes, des logements dignes, une occupation dans la société qui nous y fasse jouer un rôle. Et nous voulons aussi avoir le droit et le temps d'éduquer nos enfants, de passer du temps en famille et avec des amis, d'être amoureux-se-s, et de vivre en plus que de survivre. Et pour obtenir tout cela, nous devons nous battre, et exiger tous ensemble cela, sans exclure personne de notre dessein.

Vous savez tous que je milite au Front de Gauche. Le Front de Gauche est un outil. J'appelle tou-te-s les français-es, quelles que soit leur origine, leur apparence, leur religion ou non-religion, leur statut personnel, à se saisir de cet outil de combat, à sortir de l'ombre, à redresser la tête, à sourire, et asséner des coups supplémentaires (politiquement) à tous ceux qui veulent les enfoncer dans la misère sous prétexte qu'on ne peut pas y faire grand chose. Ces coups, nous devons les donner par le vote, par les candidatures, par les manifestations, et en les regardant droit dans les yeux, avec fierté et dignité et sans violence.

Non, je ne veux pas la liberté toute seule, ni l'Égalité toute seule. Je veux la Liberté, l'Égalité et la Fraternité ensemble ! Je veux la République Sociale.

Je vais reprendre les propos de Sarkozy : "Ne soyons pas ce qu'ils disent que nous sommes". En général, il disent que nous sommes violents. Mais la violence, ce sont ces propos et les autres, la violence c'est de dire qu'on a voulu nous protéger et qu'on est chaque jour plus malheureux alors que les puissants décideurs se goinfrent et trouvent ça normal "parce qu'ils travaillent" (mais à notre perte). Nous ne seront pas violents, mais impitoyables.

Le Front de Gauche a réalisé un beau score dans une ambiance de peur. Mais nous n'avons plus peur. Amplifions le résultat. Vive le SMIC à 1700 euros ! Vive la retraite à 60 ans à taux plein ! Vivent les services publics ! Vive la 6ème République ! Vive le peuple européen !

samedi 20 février 2010

Pour le droit à "troubler la tranquillité" du gouvernement !

L'article 2 de la LOPPSI, projet de loi sur la sécurité intérieure, accentue encore les restrictions à la liberté d'expression. Nous, militant-e-s du Parti de Gauche et citoyen-ne-s engagé-e-s, voulons garder notre devoir d'alerte, notre droit de citoyen-ne-s à interpeler le gouvernement, en portant un masque à l'effigie de Sarkozy, une pancarte "casse toi pauv'con" ou encore en criant "Sarkozy je t'ai vu !"

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Délinquants solidaires, nous revendiquons le droit à "troubler la tranquillité" de celles et ceux qui chaque jour "troublent la tranquillité" du peuple par leurs attaques incessantes contre l'intérêt général, les services publics et l'emploi. Nous publions donc aujourd'hui simultanément sur tous nos sites et blogs le même billet, assumant d'entrer ainsi en résistance à une loi qui muselle un peu plus les expressions de solidarité et de citoyenneté, afin que la voix de la population puisse se faire entendre haut et fort !

Art. 222-16-1. – Le fait de faire usage sur un réseau de communications électroniques, de l’identité d’un tiers ou de données de toute nature permettant de l’identifier, en vue de troubler la tranquillité de cette personne ou d’autrui, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

lundi 2 février 2009

Le bonheur, c'est simple comme une photo

Pardonnez moi, mais cela fait tellement de bien ! On en a tellement besoin !

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samedi 17 mai 2008

Je rêve éveillé

Je viens d’entendre l’allocution télévisée du président de la République. Au milieu du discours habituel, des perspectives de ravages dans les acquis sociaux, de destruction de la Laïcité, de chasse au clandestin en même temps que de protection de la « liberté d’entreprendre », une phrase, énorme :

Au sujet des bénéfices des entreprises, le président des néo-conservateurs français affirme, sans ciller, qu’il souhaite que le partage de ces bénéfices se fasse autrement, dans le rapport suivant : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l’investissement, et un tiers pour les salariés.

Pour ceux qui ne se souviennent pas de ce passage, allez voir ici (n'oubliez pas votre sac plastique avant d'attacher vos ceintures).

Je me frotte les yeux, je vais prendre l’air, je reviens, je n’arrive plus à écouter quoi que ce soit d’autre, d’abord parce qu’il est revenu aux poncifs de base du MEDEF et du pape qu’il répète encore et encore, ensuite parce que cette phrase m’obsède, tellement elle contraste d’un premier abord avec tout le reste.

Elle contraste, parce que le petit empereur vient d’annoncer qu’il souhaitait reprendre des dizaines, voire des centaines de milliards aux actionnaires, et ce, par an, pour les donner aux salariés... Même le Parti Socialiste n’énonce plus cette volonté dans ses programmes de peur d’effrayer les économistes ou de faire fuir les capitaux.

Pour ceux qui sont fans des soucis des « vrais gens », ces dizaines ou centaines de milliards pourraient, plutôt que d’être distribués aux actionnaires, permettre de revaloriser les salaires, et aussi de boucher le trou de la sécu, des caisses de retraites, d’investir dans des infrastructures durables et écologiques, de relancer la recherche, et j’en passe… Exactement l’inverse de ce que la majorité de Droite fait en ce moment, en supprimant des hôpitaux, des tribunaux, des auxiliaires d’enseignement et des professeurs…

Que lui a-t-il pris ? Peut-être que c’est cela, l’ouverture, on mène la même politique sauvage qui a conduit, par exemple, l'Argentine à se révolter, il n'y a pas si longtemps que cela, de privatisations à outrance, de destruction des services publics, de déréglementation de tout, de casse du droit du travail, la même qui permet à la finance internationale de plonger dans une crise sans précédent dont seuls les pauvres ou les petits propriétaires seront les victimes, et on glisse une phrase, au milieu d’un discours, pour amuser la galerie, une phrase sans conséquence puisque personne ne la reprend, et certainement pas les médias…

Sans conséquence sauf que les français ne sont ni sourds, ni bêtes.

Je vous rassure, la redistribution aux salariés, dans ce qu’il a dit, devait se faire sous forme d’épargne salariale, c’est à dire en donnant des actions de leur entreprise aux salariés… Ces actions, les salariés doivent les conserver sans les toucher pendant cinq ans, elles ne donnent pas lieu à cotisation sociale et donc cela n’aide pas la Sécurité Sociale qui pourra continuer de mourir afin que les grandes assurances les remplacent un jour, et elles ne donnent pas droit à vote lors des Assemblées Générales d’actionnaires… Et pour que ces actions rapportent, il faut augmenter la productivité ou licencier des salariés, enfin c’est ce que font les amis du personnage dont je parle depuis le début de l’article… Ce qui fait que les salariés finissent par trouver des arguments, lorsqu’ils sont intéressés aux résultats, à la dégradation de leurs conditions de travail ou aux plans sociaux dont ils seront eux-mêmes les victimes…

Finalement, il retombe bien droit dans ses bottes…

jeudi 3 janvier 2008

Bonne année 2008 !

Ne nous décourageons pas !

Après une année 2007 difficile pour tout le monde et un mois de décembre pendant lequel j'ai vu beaucoup de personnes épuisées, il faut relever la tête et les débuts d'année sont faits pour cela. A tous les militants, je vous souhaite une année d'intense confrontations utiles à la Gauche. A tous ceux qui triment et/ou qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, courage ! Serrons nous les coudes ! Tout le monde a envie de bien vivre et d'être heureux ! Tout le monde y a droit !

Nous ne pouvons pas nous résigner à la vague des transformations brutales qui déferle sur nous ! Ni à la destruction de la Sécurité Sociale, ni à la baisse des salaires, ni à la casse du Service Public, ni à la négation de la République et de tous ses idéaux !

Car il est là notre horizon, ne le perdons pas de vue : la République, une et indivisible ! Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort ! Je pourrais passer pour un extrémiste avec ces mots tranchants, mais que va-t-il nous arriver si c'est la loi du plus fort qui devient la loi commune ? Que va-t-il se passer si c'est le chacun-pour-soi qui devient la norme de façon définitive ? Que va-t-il se passer lorsque, en plus, le voyage à Rome ou le test génétique permettra de savoir qui est un meilleur français que les autres ?

Qui est l'extrémiste alors ?

Armons nous de courage et persévérons.

vendredi 24 août 2007

La droite va essayer de nous faire croire qu'ils agissent pour les revenus modestes !

C'est quand même incroyable !

En fait, je croyais que cela n'était pas possible que l'on essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes avec autant d'arrogance. Sur l'air de "nous agissons pour vous..." !!

Ils essaient de nous faire avaler que le remboursement des intérêts sous forme de réduction d' impôt pour l'achat d'une résidence principale, jusqu'à 1500 € par an pour un couple, cela va résoudre la crise du logement ?

Prenez quatre exemples : le cas d'une personne seule (1), d'une famille monoparentale (2), d'une famille sans enfants (3), d'une famille avec enfants (4), en Ile-de-France (pardonnez moi, ce sont les seuls chiffres que j'ai trouvé).

Dans le cas 1, le revenu médian est à 1100 € net par mois et par Unité de Consommation (UC) environ, dans le cas 2, plutôt de 900 €, dans le cas 3 de 1350 € environ et le cas 4 de 1200 €. Cela signifie que LA MOITIE des familles qui sont dans le cas 1,2,3, ou 4 ont ces revenus OU MOINS ! (Source : INSEE) J'imagine que la moitié des "Unités de Consommation" qui gagne moins que son revenu médian ne possède pas de patrimoine ou peu...

Maintenant en Ile de France, je n'ai pas trouvé de 3 pièces vivable à moins de 150000 euros. vivable, ça veut pas dire dans un quartier chic, entendez moi. ça veut dire avec des fenêtres et sans trop d'infiltrations. Et je n'ai pas d'à priori, moi, sur la ville ou le quartier. Je ne crois pas que l'on puisse emprunter 150000 € en payant des mensualités inférieures à 1000 € par mois... ce qui fait 12000 € par an à sortir pendant 20 ans. Grâce à la droite, cela ne fera plus que 10500 € par an pour un couple les cinq premières années. Vous pensez que c'est faisable pour LA MOITIE des familles qui ont les revenus les plus bas ?

Je rappelle aux étourdis qu'il n'est pas raisonnable de rembourser un crédit avec des mensualités qui dépassent 1/3 des revenus... A qui donc s'adresse cette mesure ? A ceux qui ont les moyens d'acheter...

Refaites le calcul pour les personnes qui ont de faibles revenus mais (par un merveilleux hasard) ont 50000 euros de patrimoine, donc un apport qui ne semble pas négligeable... Ils n'ont plus que 100000 euros à emprunter ! Ces chanceux ne sont pas très nombreux, mais à votre avis, est-ce que cela va leur être possible ? En supposant qu'ils n'aient que 700 € par mois à rembourser pour arriver à acheter leur 3 pièces, combien faut-il de revenu à la famille pour pouvoir y parvenir ? Environ 2100 euros net, donc, soit deux SMIC. On est largement au dessus du revenu médian ! Mais je vous rassure, il ne faut pas non plus que cette famille ait d'enfants, parce qu'ils doivent aussi payer leur garde..., bref, ils ne sont pas sortis d'affaire pour autant !

A qui profite donc cette mesure ? Est-ce une mesure de gauche ? Je n'attends même pas de réponse...

samedi 30 juin 2007

Bouche bée

Vous devez vous demander pourquoi il n'y a pas de billet sur ce blog depuis trois semaines... C'est parce que, depuis le second tour des élections législatives, je suis tellement estomaqué par les commentaires et les déclarations de certain(e)s responsables politiques de mon Parti, le Parti Socialiste, que je ne sais même pas comment réagir.

Lorsque l'on est membre d'un parti, on n'a aucune obligation d'être en accord avec les autres membres de ce parti. Mais l'objectif d'être dans une même organisation, c'est de faire l'effort d'élaborer ensemble des positions communes que chacun peut respecter. Le parti socialiste a vécu, à plusieurs reprises, des périodes pendant lesquelles ceci n'a pas été possible. Et toute l'histoire de la gauche est émaillée de l'explosion d'organisations pour lesquelles un désaccord a été tel qu'aucune position commune n'a pu être trouvée.

Echec à arriver à une position commune : Il peut y avoir plusieurs raisons à ceci : Tout d'abord si les convictions des uns sont vraiment incompatibles avec celles des autres, en second si l'exercice imposé consiste à choisir entre deux positions tranchées sans avoir le droit de rechercher un entre-deux, et en troisième, lorsque l'une des parties a décidé de refuser tout compromis, pour des raisons avouables ou non.

Tout d'abord, des convictions incompatibles. C'est par exemple le cas au congrès de Tours de 1920, ou il était impossible par nature de concilier les 21 conditions de Lenine pour entrer dans la 3ème internationale avec la volonté d'existence des courants dans le parti et l'exercice de la démocratie dans celui-ci.

Le référendum sur le Traité Constitutionnel de 2005 entre dans le deuxième cas. Deux socialistes ayant les mêmes objectifs pouvaient choisir deux voies différentes et continuer, après cette étape, et en en tenant compte sans colère, de chercher d'autres moyens de continuer ensemble. C'est dans tous les cas ma position. J'ai fait un choix très tranché pour le "non" à cette époque, je l'assume parfaitement. Et ceux et celles qui ont fait un choix différent mais cherchent encore à faire avancer le socialisme ne sont pas des adversaires.

En revanche, il existe maintenant de façon avouée des camarades qui ne veulent plus de compromis et qui souhaitent que seule leur vision du socialisme soit imposée aux autres. Bien entendu, dans le parti socialiste, la majorité l'emporte. Toutefois, personne n'est obligé de l'accepter et peut quitter le parti. Nous sommes dans une configuration où chacun a le choix entre 1/vouloir imposer son point de vue par le vote, 2/ ou de, sans aller vers des positions qui n'auraient pas de sens afin de ne froisser personne, comme le parti socialiste l'a aussi fait, de construire un projet qui, sur les retraites, sur la répartition des richesses, sur les méthodes pour la modifier en faveur des salariés, sur les services publics, sur la construction européenne, sur l'énergie, les ressources naturelles, et enfin sur la République et ce qu'elle doit devenir, peut rassembler la gauche, toute la gauche.

Certain d'entre nous, les socialistes, ne sont plus d'accord. Une partie est allée chez Sarkozy (comme quoi...tout est possible). Une autre souhaite l'alliance avec Bayrou. Une troisième veut prendre modèle avec le SPD allemand, social-démocrate, qui gouverne avec la droite ! Et en plus, ceux qui sont partisans de la social-démocratie à l'allemande crachent sur les socialistes qui sont entrés au gouvernement de Mr Fillon... C'est assez contradictoire, mais toutes les ficelles peuvent passer. Jusqu'où irons nous?

Lorsque je vois ceci, je suis tellement surpris par le chemin pris que je ne sais pas vraiment comment réagir ! Je refuse en bloc tout cela, je souhaite résister à cette tendance à vouloir pactiser avec l'adversaire politique.

De cela j'en suis sur. Je commence par le dire, par l'afficher.

Et par la suite, chacun sera mis devant ses responsabilités, et devra choisir.

jeudi 24 mai 2007

Une gauche moderne, c'est une gauche de droite !

J'en ai assez, depuis des années, mais encore plus depuis le 6 mai dernier, d'entendre les commentateurs télévisés répéter le jour et la nuit que ce dont la gauche, et plus particulièrement le Parti Socialiste, a besoin, c'est de se moderniser. J'en ai assez, parce que, dans leur bouche, cela ne signifie qu'une seule chose : abandonner la lutte, s'inscrire éventuellement dans un mouvement qui aura pour objectif de tempérer les injustices les plus criantes, mais surtout se résigner au modèle dominant.

Après chaque défaite de la gauche, c'est le refrain habituel : "Pourquoi perdre son énergie à vouloir aller vers autre chose que le capitalisme ? Les Français sont si heureux ! Bien sur il y a des pauvres, mais justement, c'est parce qu'on les aide trop. Le parti Socialiste doit abandonner ses vieilles lubies archaïques... C'est la phrase que je préfère parmi toutes ! Ses vieilles lubies archaïques, entendez : le partage et la démocratie partout. Car il est là le socialisme, et nulle part ailleurs : Nous les socialistes, nous voulons le partage et la démocratie partout, et rien de plus !

Abandonner cette volonté, c'est devenir de droite, tout simplement. J'entends déjà les représentants de cette droite officielle : "mais nous aussi, nous voulons le partage et la démocratie. Mais nous voulons partager en fonction du mérite, et notre démocratie, c'est choisir notre chef et ne pas toucher à la liberté d'entreprendre."

Je ne suis pas d'accord pour partager en fonction du mérite. D'abord parce que le mérite, c'est entièrement subjectif. Quel mérite a-t-on d'être dirigeant d'entreprise ou d'avoir une bonne idée lorsqu'on a fait des études ou qu'on hérite d'une entreprise ? Qui croit encore que progresser socialement est à la portée de tout le monde ? En second, chaque être humain n'a pas demandé à être sur cette terre, en conséquence de quoi, quels que soient ses qualités, ses défauts, son capital culturel ou économique de départ, il ou elle mérite la même part que les autres, et rien de plus !

De même, je ne suis pas d'accord pour que la démocratie se résume à l'élection de représentants du peuple qui n'ont aucun pouvoir d'intervention sur la société que pour dire ce qui est un crime ou empêcher d'autres êtres humains de franchir les frontières. Si seule la liberté était source de justice, alors nous qui avons déjà vécu le XIXème siècle, nous saurions où cela conduit : à la guerre, à la misère du plus grand nombre.

Malheureusement, la liberté, c'est plus facile que la partage et la démocratie. Il suffit de laisser faire. Et de regarder la télévision, surtout celle qui est fabriquée par ceux qui ont intérêt à ce qu'on reste devant. Surtout celle qui passe à longueur de journée des soit-disant politilogues et autres éditorialistes qui répètent que la gauche doit s'adapter à son temps et "abandonner ses vieilles lubies archaïques" !