Questions de Gauche

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samedi 20 novembre 2010

Au congrès du Parti de Gauche

Aujourd'hui je suis au congrès de mon Parti au Mans. Pour tous les militants, c'est toujours un grand jour que celui d'un congrès national. C'est un lieu de rencontre, de débat, on en sort souvent plein d'énergie et d'envies, et comblé de savoirs précieux sur le fonctionnement d'un groupe aussi imposant, les confrontations - au sens noble - entre les divers intérêts qui s'y croisent, et heureux lorsqu'elles se déroulent avec la volonté unanime de parvenir à être plus forts et rassemblés en sortant qu'en entrant - si c'était possible.

C'est tout cela à quoi j'assiste. La politique est toujours difficile pour tous, depuis deux ans nous fabriquons un nouveau parti. Nous travaillons ardemment à rassembler l'Autre Gauche, celle qui n'a pas renoncé à lutter. Faire tout cela avec des personnes qui ne se connaissaient pas au départ est un défi fantastique. L'entreprise est ardue. Nous avons pour projet de changer de régime économique, de stopper l'épuisement de la société par la financiarisation, de revenir à des logiques qui soient décidées par des moyens démocratiques dans l'entreprise et la société. Mais l'Histoire nous apprend que l'objectif commun de changer de régime économique ne garantit pas que d'autres dominations se mettent en place dans les rapports entre les êtres humains. Les débats sont donc vifs et passionnants. Et pour la première fois depuis longtemps je ressens que ces débats se déroulent dans le respect des uns et des autres, à quelques rares exceptions près.

Tout cela donne envie de continuer. Lorsque je vois les militants qui nous ont rejoint il y a peu avoir cette envie d'action, de réflexion, d'organisation, cela fait chaud au cœur. C'est valable localement, sur Torcy comme en Seine et Marne. En deux ans, nous avons beaucoup progressé. En deux ans, nous avons participé à toutes les manifestations, aux élections européennes et régionales. Nous avons fait du porte à porte, organisé des débats, récemment sur le travail du dimanche par exemple, avec nos partenaires du Parti Communiste. Nous participons ardemment à la bataille contre la "réforme" des retraites, qui n'est pas terminée.

Il y a deux ans, un groupe important quittait le Parti Socialiste en disant : "ça suffit comme ça". Deux ans plus tard, nous organisons un mouvement écologiste, socialiste (au sens historique du terme) et républicain qui est une alternative crédible à la droite à condition de créer une dynamique de rassemblement importante au sein de toute l'autre gauche, comme cela s'est déjà déroulé. Si vous ne savez pas faire en sorte qu'on puisse partir à la retraite à 60 ans à taux plein après 37,5 annuités, nous saurons le faire. Si vous ne savez pas comment mettre en place une planification écologique, un partage des ressources et un accès à tous au logement et aux moyens élémentaires de subsistance, nous saurons le faire. Si vous ne savez pas comment faire autrement que de donner la distribution de l'eau ou de l'énergie à des multinationales privées, nous saurons le faire.

Lorsque je rentrerai, nous pourrons reprendre le travail local, avec toute une énergie collective emmagasinée et transmissible.

Rendez-vous très bientôt si vous voulez en savoir plus.

lundi 2 novembre 2009

L'union est un combat, menons le jusqu'au bout !

J'en profite pour vous faire connaitre ce communiqué du NPA, si vous voulez de l'espoir. L'espoir est là et tous les médias sont arcboutés contre, cherchant les failles des uns et des autres, publiant des déclarations qui n'ont rien à voir avec le véritable état des discussions et tirant parti du moindre mot de travers ou de la moindre réaction dissonnante. Cela montre que l'enjeu est vraiment important et je n'ai aucun doute que toute l'autre gauche en a conscience et ne se laissera pas détourner de son chemin.

Dans les semaines à venir, attendez-vous à de nombreux articles expliquant que "rien ne va plus entre les partis qui auront fait alliance dans des conditions précaires et qui sont prêts à tout pour faire échouer bla bla bla... ". Nous sommes sereins et je sais que, malgré les pièges, nous parviendrons à quelque chose de réussi. Lisez bien :

Élections régionales : la discussion continue annonce le NPA vendredi 30 octobre 2009 (21h16)

Lors de la 4ème réunion unitaire du mercredi 28 octobre réunissant les partis de la gauche radicale, le NPA a pris connaissance d’une nouvelle déclaration émanant du Front de gauche qui est de nature à relancer la discussion. Si nous avions jugé négativement la prise de position du Conseil national du PCF du week end dernier, cette nouvelle déclaration présente quelques avancées. Il reste encore des points importants à discuter et à préciser, en particulier le programme et les conditions de sa mise en application. C’est pour cela qu’une prochaine réunion unitaire aura lieu le lundi 2 novembre entre les diverses composantes de la gauche radicale.

Jeudi matin, depuis l’ile de la Réunion où elle effectue un voyage, Marie George Buffet a déclaré qu’il n’y aurait pas d’accord NPA/PCF aux régionales. A moins que cela ne corresponde à une décision unilatérale du PCF, le NPA dément donc formellement cette annonce intempestive. Le NPA tiendra une réunion de son Conseil politique national (CPN) les 6 et 7 novembre prochain. Cette instance analysera la situation et formulera des choix d’orientation qui seront ensuite soumis au vote des militantes et militants du NPA dans le cadre d’une consultation nationale. Avant cela, aucune décision définitive concernant les régionales ne sera prise dans un sens ou dans l’autre.

Comité exécutif NPA

vendredi 30 octobre 2009

Progrès vers l'union de l'Autre Gauche

Vous trouverez sur ce lien un texte du Front de Gauche (PCF, PG, Gauche Unitaire) rédigé aujourd'hui.

Sans présager encore de la position que prendront les autres organisations de l'autre gauche, il représente une avancée sensible vers l'espoir d'une unité de toute l'autre gauche pour le premier test que représentent les élections régionales prochaines. Tout le monde aura compris qu'il ne s'agit pas uniquement des élections régionales, que l'avenir de la gauche ainsi que la naissance d'une réponse politique à l'oppression se joue ici.

La réunion qui a eu lieu ce soir, à laquelle ont assisté le PG, le PCF, GU, le NPA, République et Socialisme, La Fédération, le Forum Social des Quartiers Populaires, les Alternatifs, le PCOF et le MPEP, est très encourageante. Il faut donc garder espoir ! Une étape très importante est attendue pour le 10 novembre prochain.

Car le texte joint est un premier pas qui ne doit pas masquer tous ceux que font les autres organisations de l'autre gauche. Comme c'était déjà dit la fois précédente, l'enjeu nous dépasse tous, à nous tous d'être à sa hauteur. Nous avons hâte de voir se réaliser ce pour quoi nous pensons que la gauche est faite : résister, prendre le pouvoir, rétablir le peuple dans ses droits, et contribuer à construire avec lui une société qui ne laisse personne de côté.

Si vous ne lisez rien de nouveau sur ce blog depuis plusieurs mois, c'est parce que nous travaillons sans relâche, un peu le nez dans le guidon... Cela en vaut la peine, il me semble !

vendredi 23 janvier 2009

Ce qui me ferait quitter le PS si j'y étais encore

Je ne résiste pas à vous produire le long travail de conversion vidéo que j'ai pu faire ces derniers temps afin de vous présenter sans coupure les discours respectifs de M.Aubry et de Mr Socrates, respectivement 1ere secrétaire du PS français et premier ministre socialiste du Portugal, lors du conseil du PSE adoptant le "manifesto". La video démarre en espagnol, 30 secondes, puis Martine Aubry parle en français, et José Socrates en englais.

Notez bien que le plus important, dans tout ces discours, c'est la dernière minute par Mr Socrates, sur les 17 que comporte la vidéo. Toutefois, le joli lapsus de Martine Aubry dans la première minute de son discours est très savoureux... Elle cite une phrase qu'elle a entendue il y a peu, qui dit "le communisme est mort il y a 20 ans, le libéralisme il y a deux mois", et en parlant de la salle qui l'applaudit, et du PES qu'elle présente comme la seule force encore valable :-), elle manque clairement de les appeler "le social libéralisme" :-) J'adore. José Socrates conclut son intervention, applaudi par Martine Aubry, en expliquant "qu'il se réjouit que le PES demande au conseil européen de tout faire pour adopter le Traité de Lisbonne", dans un anglais que l'on peut comprendre aisément...

Vous remarquez l'ironie qui consiste à clamer que l'on milite pour "une autre Europe" et à conclure qu'il nous faut impérativement adopter le Traité de Lisbonne... Pour moi, cela passe les limites de l'imposture. Car vous pouvez promettre n'importe quoi qui soit de gauche, et notamment un interventionnisme exacerbé, un salaire minimum unique et plein d'autres choses que je suis prêt à soutenir, si vous cherchez à faire passer le traité de Lisbonne, et si vous trouvez que c'est compatible, nous avons un gros problème. Car avec le Traité de Lisbonne, fini l'harmonisation, fini les services publics (et je ne dis que cela). Pour tous ceux qui ont suivi la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005, pas la peine de réviser... L'harmonisation est interdite, purement et simplement. La concurrence est une politique de l'Union Européenne, et la concurrence entre le privé et le public est destructeur pour ce dernier, car il conduit à une socialisation des services non rentables et une privatisation de ce qui "rapporte".

Bref, n'hésitez pas à visionner cette vidéo qui a été tournée par le Parti Socialiste Européen. L'extrait que je vous présente ici est tiré de leur site, que par honnêteté je vous mets en lien ici pour que vous puissiez tout voir si vous le souhaitez. Il est à noté que vous pourrez y trouver un discours de Zita Gourmaï dont parle Jean-Luc Melenchon dans son blog (ici). Vous saurez ainsi de qui il s'agit.

jeudi 6 novembre 2008

J'étais pour Moore/Alexander

Je suis certainement d'ailleurs allé trop vite, parce que je n'ai pas vérifié si le socialist Party of the United Nations of America était membre de la deuxième internationale dont le congrès s'est tenu à Athènes en juillet dernier, mais tout simplement leur site m'a bien plu, et notamment celui du Socialist Party of Texas. Vous vous doutez bien qu'il faut être sacrément courageux pour se présenter comme socialiste au Texas, fut-ce un socialisme démocratique (on lui reprochera de s'excuser d'être socialiste), et encore plus pour se présenter à l'élection américaine sous cette étiquette, ce qu'ont fait le ticket Moore/Alexander.

En fait, parmi les présents à Athènes, pour le congrès de la deuxième internationale, il y avait le SDA (voir leur site). Ils ne semblaient pas avoir de candidat-e pour la présidence des EUA, donc je peux soutenir les socialistes que je veux. J'irai toutefois vérifier un peu leurs déclarations dans la presse par prudence au cas où celles-ci soient par trop farfelues. Mais ce que j'ai lu pour l'instant du SP-USA et de Moore/Alexander me paraît plus qu'honorable. Simplement, ce n'est pas parce que quelqu'un se présente comme socialiste qu'il faut lui accorder toute sa confiance, surtout en politique. J'ai vu des socialistes, en France, prôner la retraite à points individualisée par exemple (avec beaucoup de coton autour pour faire passer la pilule), ou expliquer que la crise financière n'était qu'un soubresaut sans importance (merci pour les salariés qui vont la payer très cher) et qu'on n'en reparlerait plus dans deux-trois ans... et du coup, ils ajoutaient immédiatement qu'il nous fallait un socialisme du XXIème siècle, que le monde change, qu'il faut être réaliste et arrêter avec les vieilles lubies de la gauche des années 70 (vous connaissez le couplet maintenant, mais vous comprenez dans quel état d'esprit tout cela est fait...). Là je vous raconte des choses que j'ai lu ou entendu pendant les présentations de motions en Seine et Marne pour le congrès socialiste français.

Les vieilles lubies de la gauche des années 70, ce sont celles qui se préoccupent plus des salariés que des théories économiques construites par et pour les actionnaires des grosses boîtes. Les économistes sérieux parlent de "l'entreprise". mais "l'entreprise", c'est un mot qui permet de déshumaniser les rapports sociaux et de mettre la priorité de la pensée sur les entités abstraites qu'il faut faire survivre à tout prix sans se poser la question de son rôle dans la société. Or, le rôle des "entreprises" de nos jours, c'est de rémunérer les actionnaires en priorité. Et pour les faire survivre, il faut donner en priorité la part du lion aux actionnaires. Ca ne peut plus durer comme cela. La société ce sont des êtres humains, et ce qu'il leur faut, c'est un toit, un salaire, un but dans la vie qui fasse la part de ce qu'ils sont. Ce ne sont pas des bêtes qui servent à nourrir une entité abstraite et opaque jamais satisfaite et qui demande toujours plus de sacrifices humains.

Qui sont les idéalistes dangereux ? Ceux qui souscrivent à ce système en cherchant à l'ajuster un peu ? Ceux qui se préoccupent de théories économiques ? Ou ceux qui pensent à ce que les salariés vont pouvoir avoir dans leurs assiettes ? Qui sont les réalistes ? Ceux qui pensent qu'il suffit de gagner les élections pour que le capitalisme plie ou ceux qui savent que la victoire ne suffit pas, et qu'elle doit être accompagné de la lutte et du rapport de force ? Ceux qui pensent que l'argent va tomber parce qu'on ajuste les impôts sur le revenu ou ceux qui savent où est l'argent et qui proposent d'augmenter l'impôt sur les bénéfices et les cotisations sociales en faisant porter l'effort sur la rente ?

Un mot d'humour cité par le site du SDA, membre de la deuxième internationale, que vous pouvez lire ici, conjure les américains de ne pas avoir peur de l'internationale socialiste pour de nombreuses raisons. La première est que le plan de Bush et la nationalisation d'organismes de crédit va-d'après le texte- bien plus loin que n'importe quel membre du SDA et de l'IS le recommanderait. La seconde est que parmi l'internationale, il y a les amis de Tony Blair, dont tout le monde sait qu'il n'y a pas vraiment de quoi avoir peur parce qu'il était le premier allié de G.W.Bush dans sa politique et pour la guerre en Irak et "contre le terrorisme". La troisième, c'est que Bill Clinton était le meilleur ami de nombre des membres de cette internationale. Ce texte est édifiant... pour comprendre que le capitalisme ne peut avoir peur ni de l'internationale socialiste, ni des démocrates. L'élection d'Obama va certainement être une arme formidable contre le racisme (et c'est déjà ça de pris), mais certainement pas contre l'exploitation des humains par les humains, quelle que soit leur taux de mélanine.

Voici aussi pourquoi le vote ce soir au congrès du Parti Socialiste Français, pour lequel je soutiens la motion C ( regroupement des composantes de la gauche du parti avec Jean-Luc Mélenchon, Gérard Filoche, Henri Emmanuelli, Marie-Noelle Lienemann, Marc Dolez, Pierre Larrouturou, Jacques Fleury, et Benoît Hamon comme premier signataire ) risque d'être passionant. Si vous êtres socialistes et que vous me lisez, vers où voulez-vous que ça penche ? Si vous voulez que ça penche du côté des réalistes et des partisans de l'humain, alors votez pour la motion C. Si vous n'êtes pas socialiste, admirez nos efforts ( s'il vous plaît, cela va sans dire ). Car nous sommes en train, collectivement, de travailler comme des bêtes (lisez le 4 pages fédéral et le 4 pages torcéen) pour parvenir à résoudre cette dangereuse équation pour toute la gauche.

dimanche 12 octobre 2008

Toutes les audaces !

J'apprends par Le Parisien d'aujourd'hui la volonté des partisans de Ségolène Royal, par la voix de Malek Boutih, de reporter le congrès du parti Socialiste.

Je suis scandalisé par cette demande absurde et j'espère qu'elle n'aura pas d'écho parmi d'autres responsables de notre Parti. Elle témoigne d'un manque de sang froid évident à la veille du rare événement qui doit permettre aux militants de trouver une position commune et de travailler à leur vision du monde. Malek Boutih et les partisans de la motion E, signée par Gérard Collomb et Ségolène Royal, admettent ne pas avoir de propositions qui permettent une réponse à la crise financière actuelle. Ils avaient pourtant tout le temps de réfléchir auparavant alors que tous les indicateurs l'annonçaient depuis près d'un an. C'est peut-être seulement qu'ils pensaient que la communication politique qui leur sert de réflexion n'avait pas besoin d'en tenir compte. S'ils le regrettent maintenant, que pouvons nous y faire ?

Je récuse d'autre part l'idée que " Toutes les motions ont été écrites avant la crise et toutes sont à côté de la plaque", ou que " Ni la sienne (celle de S.Royal), ni celles d’Aubry, de Delanoë ou d’Hamon ne sont à la hauteur." La motion C, dont je suis un représentant en Seine et Marne, a montré la pertinence de ses réponses en affirmant que " Seule la gauche, par la régulation, l’intervention de l’Etat dans l’économie, la défense des intérêts des salariés face aux intérêts financiers, peut émettre des propositions permettant d’améliorer la vie quotidienne de chacun, et redonner l’espoir." La motion de Benoît Hamon est la seule à soumettre aux militants de notre parti des mesures concrètes afin de reprendre au capital les 10% de PIB qu'il a pris au travail ses 20 dernières années et nous estimons que ce n'est pas " un petit bout de solution qui ne suffit pas" comme l'affirme Malek Boutih. Je vous renvoie d'ailleurs à l'article de fond de Jean-Luc Mélenchon sur la crise sur le site Trait d'Union.

Enfin, je redoute que cette prise de position en prépare d'autres beaucoup plus graves. Déjà Martine Aubry a annoncé que "les mesures de N.Sarkozy face à la crise étaient les bonnes". Un report du congrès n'annoncerait-il pas une volonté d'union nationale, désastreuse car elle entérinerait la politique ultralibérale du président de la République depuis son élection, comme l'hypocrisie de sa soi-disant volonté actuelle de "moraliser le capitalisme". Je mets en garde les dirigeants de notre parti de ne pas se laisser entraîner dans cette voie qui condamnera durablement le Parti Socialiste aux yeux des salariés, qui se sentiraient définitivement abandonnés par le principal parti de la gauche.

vendredi 12 septembre 2008

Hier soir pendant l'Assemblée Générale des militants

Hier soir, exercice difficile de l'Assemblée Générale des militants de Seine et Marne du Parti Socialiste. Exercice difficile parce que l'un des rares moments où des militants de sections différentes se retrouvent pour débattre (avec l'AG dite des motions et le congrès départemental qui est après le vote) dure trois heures, trois heures à la fois très longues et très courtes.

Longues parce qu'elles commencent par un long défilé des représentant-e-s des contributions qui ont 7 minutes chacun pour s'exprimer (donc 77 minutes pour 11 interventions hier soir), et qu'elles sont conclues, dans l'ordre inverse, par ces même 11 intervenant-e-s (il y aurait pu y en avoir 21...) pour 3 minutes chacun-e. Et entre les deux, une vingtaine de militants peuvent intervenir pour trois minutes chacun heureusement, sinon ce ne serait pas une AG, mais un débat public.

Courtes parce que lors de ces AG, ce qui est intéressant, c'est qu'une sorte de dialogue s'instaure entre les contributions, et lorsque des militants aguerris réfléchissent ensemble, pointent leurs accords et leurs désaccords en étant sincères tout en recherchant les rapprochements possibles, lorsque ça l'est, alors trois heures sont loin de suffire. Lorsqu'on se déplace de section en section, et que l'on a la chance de rencontrer de nombreux militants, le temps passé au dialogue s'agrandit, d'autant plus que les autres représentants d'une contribution voyagent aussi. Le débat de l'AG reprend parfois. Ce mécanisme exigeant nécessite une grande implication, et souvent, on ne se rend pas compte qu'il est le véritable ferment d'une organisation.

J'écrirai un billet sur ce que j'ai pu dire lors de cette AG, et ce que j'y ai entendu. Pour le moment, je tente d'expliquer à quoi cela sert à 200 militants de se déplacer à Verneuil l'Etang pour s'y rencontrer un jeudi soir. Je ne redirai pas assez qu'en Seine et Marne, nous avons 2000 militants, et donc l'AG ne les réunit pas tous... Mais l'exercice est important et a de la valeur.

C'est de la responsabilité de ceux et celles qui prennent la parole d'avoir une attitude utile à la collectivité. Autant chacun a envie de convaincre, autant ce n'est pas véritablement le moment, en fait. La plupart des militants présents savent ce qu'ils pensent, vers où ils penchent du point de vue des idées. L'AG des militants comme le congrès, c'est plutôt un moment d'écoute des autres pour connaître les pas qu'ils sont prêts à faire les uns vers les autres, pour détecter les convergences et les divergences.

C'est une méthode de rapprochement des tendances, formellement organisée sur plusieurs mois, qui, si elle est noblement organisée, et met les questions de pouvoir au service des idées plutôt que le contraire, apaise les tensions, oblige à l'exercice de la raison, de la réflexion, plutôt que du copinage et du clan, empêche les exclusives et interdit les exclusions. Une méthode de rassemblement de la gauche dont la condition d'existence est la représentation proportionnelle dans les instances de notre organisation, et qui s'oppose directement aux méthodes de purification du Parti que prônent certains, et j'en reparlerai plus tard, directement tirées des 21 conditions de Lenine que refusait Léon Blum en 1920.

mercredi 10 septembre 2008

Rentrée et Congrès Socialiste

Les membres du Parti Socialiste sont en période de congrès, depuis le mois de juin, et la rentrée de septembre marque le véritable démarrage de celui-ci. Comme d'habitude depuis que les considérations tactiques passent les considérations idéologiques, les militants ont 3 semaines pour débattre des contributions générales. Dans cette phase, qui ne donne pas lieu à un vote, mais a pour raison d'être de permettre aux militants d'étudier les convergences et/ou les divergences d'idées entre eux, chaque militant, s'il n'est pas représentant d'une contribution, pourra participer à une réunion de section et une assemblée départementale. Point.

En ce qui me concerne, représentant en Seine et Marne de la contribution n°14 "Réinventer la Gauche", avec quelques autres camarades, je vais sillonner le département. J'étais hier à Brie-Comte-Robert, je serai ce soir à Moissy-Cramayel, la semaine prochaine à Ozoir la Ferrrière, à Torcy, Emerainville... En trois semaines, réussir à rencontrer les militants est une gageure. Je vais en voir peut-être 300 dans les jours qui viennent, le parti en compte plus de 2000 en Seine et Marne... Vous comprenez pourquoi les délais sont considérablement raccourcis ? Peut-être pour que le débat ait lieu le moins possible en profondeur, et le plus possible par médias interposés ?

Le débat est d'autant plus important que les contributions, contrairement à ce que j'ai déjà entendu de camarades, ne sont pas toutes identiques, loin de là. Et notamment sur les points suivants:

Ce n'est pas la même chose de dire qu'il faut combattre la théorie du "choc des civilisations" sans précisions, que d'écrire noir sur blanc que cela implique d'être opposé au "grand marché transatlantique" contrairement à ce que déclare le Parti Socialiste Européen, dans ce document, lui-même ! Lisez d'ailleurs bien le document que je vous montre ici, outre cette dernière page 12 où la délégation explique qu'elle est d'accord pour entamer des pourparlers, il y a de nombreux désaccords que je peux avoir sur le fonds avec un tel texte, qui pense que l'on peut concilier la concurrence comme première loi et un marché financier renforcé avec une haute protection sociale... Si ce n'était pas la pauvreté de millions d'européens qui était en jeu, je rirais presque.

Ce n'est pas la même chose de dire qu'il faut partager les richesses sans dire noir sur blanc où il faut prendre l'argent. Depuis plusieurs dizaines d'années, le capital a pris 10 points de PIB aux revenus du travail. Cela représente des sommes colossales qui, pour les reprendre, nécessitent d'agir sur l'impôt sur les sociétés, sur les exonérations de cotisations sociales, et de mettre en route une vraie hausse des salaires. Pas seulement de faire des ajustements, certes nécessaires, sur l'impôt sur le revenu et la TVA, qui ne permettraient pas de répondre aux vrais enjeux et qui ne se dérouleraient qu'à recettes constantes ou presque.

Ce n'est pas la même chose de dire que l'on souhaite une réorientation de la construction européenne sans autres précisions et sans en déduire noir sur blanc que le traité de Lisbonne est mort. Je suis très sensible à l'argument qu'il faut tout reprendre et qu'une occasion unique se présente en 2009 avec les élections européennes qui pourraient permettre l'élection d'un parlement constituant.

Cela va sans dire, tout cela demande de refuser toute approche avec le MoDem, partisan d'une France dont les institutions sont présidentielles, et d'une Europe clairement libérale économiquement.

Maintenant, la volonté d'une République parlementaire, la question de la Laïcité, celle de l'intervention publique sont des questions qui se posent aussi.

Ne vous y trompez pas, ils sont là, les enjeux du congrès de Reims, et pas dans des questions de personnes.

mardi 23 octobre 2007

L'argent de l'UIMM

Je m'étais promis de ne pas me laisser balloter par l'actualité, et donc pour prendre un peu de recul, je préfère parler de la mise en examen de Denis Gautier Sauvagnac avec le recul nécessaire, et après avoir un peu lu sur le sujet.

On aurait vite fait d'aller trop vite à ce sujet, tellement ce qui a été dit est sauvage...

En même temps que l'affaire des délits d'initiés chez EADS donne lieu à des contre feux divers, dont celui de la responsabilité de l'Etat - si au moins ça pouvait servir à discréditer la droite, mais non, c'est l'État qui est visé, ne nous y trompons pas -, dans ce cas, immédiatement de nombreux patrons ou anciens patrons expliquent que les retraits d'argent ne servent pas à l'enrichissement personnel de l'intéressé (quelqu'un est-il rassuré ?), mais - soit disant - à financer les syndicats... comprenez naturellement les syndicats de salariés, car personne n'explique de quels syndicats il s'agit, personne ne parle de syndicats patronaux, et naturellement personne ne publie quoi que ce soit qui étaie la thèse, mais on entend cette version dans "les milieux autorisés" (sic).

On lit même l'expression, reprise par tous, et moins sibylline : "fluidifier les relations sociales" !!!!

De là à comprendre qu'en échange de cet argent, les syndicats de salariés acceptent de moins revendiquer, peut-être de signer des accords, il n'y a qu'un pas... Mais alors, personne n'a encore porté plainte pour corruption ?

Une rumeur aussi ÉNORME peut-elle être reprise par les médias sans aucune explication, et surtout sans que personne ne réagisse ? Les syndicats de patrons donneraient des millions d'euros aux syndicats de salariés et personne ne s'en étonnerait ? Et surtout, le ciel ne nous tombe pas sur la tête ?!?

Mais une telle "nouvelle" n'aurait-elle pas pour conséquence de relancer sur le mode syndical la chanson "tous pourris" ? J'avoue que j'en ai vraiment assez de cette chanson, je l'encaisse plus ? Normalement, une telle "nouvelle" devrait fracasser le monde, la terre devrait s'ouvrir en deux et nous engloutir tous ! Soit c'est en train d'arriver, soit la nouvelle, à la veille de mobilisations importantes des syndicats, est téléguidée pour parvenir à un affaiblissement de ces mobilisations...

Et ça vous étonnerait ? Et ce serait la première fois ?

mardi 8 mai 2007

Le temps des grandes manœuvres

Je vais me contenter dans ce billet de ne donner que des éléments factuels. En premier, ces dépêches de l'AFP qui résument bien la situation du PS même si je ne suis pas d'accord avec les quelques commentaires désobligeants qu'elle contient pour des archaïques comme moi :

'

'__PARIS (AFP) 7 Mai 2007 22h27__

Ségolène Royal engage une offensive pour s'assurer le leadership du PS

Une bataille est engagée entre Ségolène Royal et d'autres ténors du PS pour s'assurer le leadership sur le parti, fixer les contours de sa refondation et trancher la question d'éventuelles alliances au lendemain de la lourde défaite à l'élection présidentielle.

Néanmoins les hostilités ne seront pas ouvertes lors du bureau national du PS mardi soir, le premier secrétaire du PS, François Hollande s'étant efforcé de calmer le jeu en proposant un fonctionnement "collectif" de la conduite de la campagne législative.

Ce dispositif "donnera une place à Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ainsi qu'à d'autres", selon plusieurs responsables socialistes.

Dès dimanche 20H00, Ségolène Royal a cherché à prendre la direction des opérations et à se poser en architecte d'une nouvelle maison de la gauche, affirmant que dans sa campagne "quelque chose s'est passé qui ne s'arrêtera pas". "Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles".

"Si on gagne, on ne s'arrête pas, si on ne gagne pas, on continue", avait confié Mme Royal à quelques journalistes, dimanche à Melle.

© François Guillot Le Premier secrétaire du PS François Hollande au siège du parti, le 6 mai 2007 à Paris

En dépit du score le plus bas depuis 1965 au second tour d'une présidentielle, pour un socialiste, ses partisans font bloc. "La gauche a désormais une grande dirigeante", a déclaré le porte-parole du PS Julien Dray.

François Rebsamen, co-directeur de campagne de la candidate, a préconisé "une rénovation idéologique profonde, pour prendre le virage amorcé par Ségolène Royal". De son côté M. Hollande a jugé devant le BN qu'une "refondation, une reconstruction" quel que soit le nom utilisé, était "nécessaire".

Pour les législatives, le PS devra trancher la question d'une alliance éventuelle avec le "Mouvement démocrate" que veut créer François Bayrou. Mme Royal en est partisane sur le principe, d'où sa déclaration sur le dépassement "des frontières actuelles" de la gauche.

Les jospinistes et la gauche du parti y sont résolument hostiles. "On n'a pas vocation à aider à la création du Mouvement démocrate", souligne Harlem Désir (jospiniste). Strauss-kahniens et fabiusiens attendent de voir la plate-forme programmatique du parti de M. Bayrou. Ils soulignent que "la refondation idéologique du PS ne doit pas être subordonnée à la question des alliances".

L'offensive "royaliste" n'est pas du goût de tous. "L'objectif était de conquérir l'Elysée, ce n'était pas de marcher sur Solferino", siège du PS, a glissé Laurent Fabius.

Le leadership de Mme Royal "ne coule pas de source", estime le strauss-kahnien Laurent Baumel. "On ne peut pas interpréter un score de 47% comme une étape encourageante vers de futurs succès", ajoute-t-il.

"Personne n'est en situation de se proclamer leader", renchérit Harlem Désir, qui juge "déplacée" l'attitude de Mme Royal.

Pour tous ceux-là , les socialistes doivent "serrer les rangs" pour aborder au mieux les élections législatives. "Rester unis", a déclaré lundi la battue du 6 mai.

M. Hollande a averti qu'il "ne tolérerait" aucun "règlement de comptes" au PS. Il entend rester en fonction, assurant que "(sa) responsabilité c'est d'amener tout le monde dans cette bataille" des législatives. Mais il est affaibli par l'échec de Ségolène Royal, sa compagne.

Dominique Strauss-Kahn a ainsi porté un jugement "sévère" sur "le fonctionnement du parti socialiste depuis cinq ans". ''

et cet interview pour compléter le tour des positions :

ici

plus tard ce soir, une autre publication.