Questions de Gauche

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jeudi 20 mars 2008

L'initiative économique EST politique

J'avais écrit, avant les élections (mais j'ai publié le billet après celles-ci), que la première escroquerie des libéraux, c'est de clamer partout que l'initiative économique n'est pas politique.

Les "idéologues interventionnistes" (notez l'ironie SVP)(notez aussi l'ironie de la remarque), dont je fais partie, sont honnis sous prétexte d'être emplis d'arrières pensées politicardes, brocardés sous prétexte d'embrigadement, accusés de refuser pêle-mêle le progrès, la liberté, d'être jaloux du succès des grands hommes qui ont fait leur fortune grâce aux fonds publics... ou de ceux d'autres grands hommes qui pourtant ne font qu'obéir aux lois du Luxembourg...ou encore d'autres qui pourtant ne sont que les rois du chic et sobre (si, si, vous avez bien lu :-)

On oublie aussi que les "idéologues interventionnistes" dédaignent aussi honorer les grands aventuriers qui sont arrivés au sommet à partir de rien (ou si peu...) Bernardo Trujillo et ses disciples de la grande distribution, Antoine Seillière le champion de la "refondation sociale", et encore Bernard Arnault par exemple...

Là encore, on constate que l'économie n'a absolument rien de politique (je le jure ;-) ). Et que l'exacerbation de la Liberté seule, sans garde fou, permet l'appropriation des commandes de l'industrie et de la finance par un petit nombre de personnes qui confondent jouer un rôle et posséder, et qui jouent les apprentis sorciers avec le reste de la société sans aucun contrôle. Lorsque l'on utilise ses moyens - considérables - pour faire et défaire le tissu industriel d'une ville ou d'une région, lorsque l'on impose une façon rudimentaire de traiter des déchets, lorsque l'on construit des villes privées pour avoir des ouvriers à disposition, lorsque des pétroliers utilisent de vieux bateaux sous des pavillons de complaisance, et lorsque des syndicats patronaux financent des campagnes électorales, par exemple, ils ne font pas de politique? Il n'y a que des naïfs pour affirmer le contraire, ou pour protester uniquement contre ceux qui s'organisent pour ne pas être écrasés.

Mais peut-être ne sont-ils pas si naïfs et savent-ils très bien ce qu'ils font.

vendredi 29 février 2008

L'escrocquerie libérale

Depuis quelques jours, je lis les billets du blog d'Emmanuel Prost (ainsi que ceux de mes amis politiques de Torcy), pendant la campagne des municipales, eux continuent de publier, il faut dire qu'ils sont plus anciens que moi dans la pratique, et qu'ils ne s'exposent pas à l'accusation d'avoir monté le leur juste pour les élections, même si ils les commentent...

Ledit blog est celui d'un membre d'Alternative Libérale. J'ai souvent écrit que je me situais à l'exact opposé politique de ce mouvement. A une époque, je disais même qu'il me suffisait d'écouter des délires d'Alain Madelin pour savoir exactement ce que je pensais... Il me suffisait souvent d'inverser le sens de ses phrases ! Naturellement, cette boutade me met encore de bonne humeur à l'heure tardive où j'écris ces lignes... Je la trouve d'un niveau bien meilleur que celle de notre auteur libéral qui explique que toute personne opposée au libre échange est un partisan de Staline ou de Kim jong Il...

Comme le disait un ami, vous savez comment on tue un libéral ? On le met en haut d'une falaise et on lui dit que la Gauche interdit de sauter... Moi, j'aurais plutôt décliné : On le met en haut d'une falaise et on lui montre la publicité d'une entreprise dont l'objet est de rattraper au vol les clients qui aiment prendre des risques...et on lui dit qu’elle est cotée en bourse !

J'ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi les grands défenseurs sans nuance de l'Initiative individuelle critiquaient celle des hommes et des femmes de gauche de s’organiser pour résister au capitalisme. Si la liberté d’initiative est si bonne, alors toutes les initiatives devraient l’être, d’après moi, non ?

Pour les libéraux, malheureusement, seule l’initiative dite « économique » a du mérite. Pour eux, elle n’a rien de politique, elle n’a pas pour objectif de réguler quoi que ce soit, elle a seulement pour but la « création de richesses ».

Dans les prochains billets, il faudra donc tenter de réfuter cet argument qui consiste à dire que l’initiative économique n’a rien de politique. Car elle est là la première escroquerie libérale.

Dans un second temps, on pourra reprendre cet argument de la valeur de l’initiative… Si l’initiative avait une valeur en soi, une valeur intrinsèque, je serais d’accord de donner à la Liberté un premier rôle absolu, une priorité… Mais voilà, si toutes les initiatives se valent parce qu’elles sont des initiatives, alors le commerce de la cocaïne ou du tabac a la même portée que celui du blé ou du maïs bio… Il en résulte que si il est possible de donner une valeur aux actions des humains, alors il est peut-être possible d’être de gauche et de ne pas agir comme un dictateur…

Par la suite, on pourra revoir, parce que ça fait du bien, l’interventionnisme forcené du premier état qui défend la Liberté, les États Unis d’Amérique… ce qui montre bien que l’hypocrisie existe… on pourrait aussi chercher à comprendre pourquoi les principales multinationales font de la publicité si il fallait compter uniquement sur la liberté individuelle pour avoir des clients…

En bref, avant d’écrire sur tous ces points, il me semble que les discours et les actes politiques libéraux consistent à refuser aux humains de prendre des initiatives pour s’opposer à certains actes des dirigeants économiques. Et ce, même si ces actes conduisent à la misère, la guerre, la destruction, la confiscation de la souveraineté par un petit nombre, la confiscation par ce même petit nombre des ressources indispensables à la survie de tous.

Car pour les libéraux, les dirigeants économiques sont parés de toutes les vertus par nature. Et ainsi, la boucle est bouclée. Les dirigeants économiques sont ceux qui sont le symbole, pour les libéraux, de cette initiative, et tant pis si on oublie que la moitié de ces fortunes s’est construite sur des fonds publics, et l’autre sur l’héritage de leur famille... finalement, eux seuls ont droit à cette initiative, et pas moi, qui choisis de d’utiliser la mienne à résister à la leur, enfin la partie de la leur qui fait la misère du monde…

jeudi 28 février 2008

Pas de blog pendant la campagne des municipales

mais pas d'inquiétude, des billets sont en préparation qui seront publiés après...

jeudi 3 janvier 2008

Bonne année 2008 !

Ne nous décourageons pas !

Après une année 2007 difficile pour tout le monde et un mois de décembre pendant lequel j'ai vu beaucoup de personnes épuisées, il faut relever la tête et les débuts d'année sont faits pour cela. A tous les militants, je vous souhaite une année d'intense confrontations utiles à la Gauche. A tous ceux qui triment et/ou qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, courage ! Serrons nous les coudes ! Tout le monde a envie de bien vivre et d'être heureux ! Tout le monde y a droit !

Nous ne pouvons pas nous résigner à la vague des transformations brutales qui déferle sur nous ! Ni à la destruction de la Sécurité Sociale, ni à la baisse des salaires, ni à la casse du Service Public, ni à la négation de la République et de tous ses idéaux !

Car il est là notre horizon, ne le perdons pas de vue : la République, une et indivisible ! Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort ! Je pourrais passer pour un extrémiste avec ces mots tranchants, mais que va-t-il nous arriver si c'est la loi du plus fort qui devient la loi commune ? Que va-t-il se passer si c'est le chacun-pour-soi qui devient la norme de façon définitive ? Que va-t-il se passer lorsque, en plus, le voyage à Rome ou le test génétique permettra de savoir qui est un meilleur français que les autres ?

Qui est l'extrémiste alors ?

Armons nous de courage et persévérons.

vendredi 16 novembre 2007

Traité Modificatif Européen : pétitions et le texte !

Voici trois adresses d'initiatives demandant un référendum pour la ratification du Traité Modificatif Européen, je vous engage à les signer toutes les trois !

Respectez notre non !

Un peu des personnalités de toute la gauche

Pas mal d'orgas de toute la gauche

Sinon, pour vous faire une idée, vous trouverez en pièce jointe le TME ainsi que sa version non officielle consolidée, c'est à dire la compilation du résultat une fois que le traité de Nice est modifié. Plus de détails à l'adresse :

lisez une version non officielle consolidée (dans laquelle on a mis à sa place le résultat des modifications apportées par le traité) ou la version officielle qui est une liste des modifications à apporter au traité existant.

jeudi 1 novembre 2007

Il pleut des pierres brûlantes

C'est étonnant, j'ai comme l'impression que certains commencent à s'organiser enfin pour résister à la pluie de pierres brûlantes qui nous tombe dessus depuis mai/juin 2007. Je devrais dire depuis plus longtemps mais des résistances ont quand même bien existé auparavant, alors que je nous (la gauche) voyais paralysés depuis quelques mois...

Après les premiers assauts du nouveau pouvoir en place, il conviendrait de résumer rapidement tout ce qui nous arrive :

- Tout d'abord, les impôts. Ils sont de plus en plus injustes, l'impôt sur le revenu est de moins en moins progressif et tient une part de moins en moins importante dans les recettes de l'Etat. Nous nous apprêtons à prendre une hausse de la TVA massive dans les dents. Le Capital est de moins en moins taxé.

- Ensuite la protection sociale. Les recettes sont plombées par les exonérations de cotisations sociales, les franchises médicales font ployer sur les ménages pauvres des dépenses supplémentaires en cas de problème de santé sans ajouter de recettes significatives aux organismes de sécurité sociale, le gouvernement favorise de plus en plus les organismes pilotés par les assurances privées pour que les gens cotisent à une retraite par capitalisation, les organismes de sécurité sociale sont dirigés par un système dit paritaire qui permet aux syndicats patronaux d'avoir un contrôle plus qu'exagéré sur leur gestion grâce aussi au renfort de syndicats jaunes, l'âge de la retraite est menacé d'être reculé plus encore sous prétexte que l'espérance de vie a augmenté, mais cela ne va-t-il pas faire reculer l'espérance de vie des salariés ?

- Les revenus ensuite : pour gagner du revenu maintenant, la règle est qu'il faut faire des heures supplémentaires. C'est devenu le seul moyen adoubé par le gouvernement. Plus moyen d'obtenir une simple augmentation. De plus, obtenir des heures supplémentaires va encourager une compétition des salariés qui vont devoir être gentils pour ne pas en être privés. Et cela ne va pas encourager l'emploi, loin de là...

- La communauté nationale : Elle est divisée par le gouvernement en de multiples fractions et sa propagande indique qu'il y a des bonnes et des mauvaises personnes sur notre territoire. L'immigré, le fils d'immigré, le petit fils d'immigré et parfois même l'arrière petit fils d'immigré sont montrés du doigt comme une menace pour "l'identité nationale", le fonctionnaire comme une menace pour l'économie, le jeune comme une menace pour la sécurité, le chômeur comme une menace pour la morale. Les religions sont mises en avant comme un recours pour "apaiser" les français et de nombreuses initiatives sont prises pour les encourager à prendre une place dans la vie publique.

- La puissance publique : sa faillite est organisée par les libéraux (voir le premier paragraphe sur les impôts), l'Education Nationale perd de plus en plus d'encadrants pour les enfants, les hopitaux sont exangues en nombre de lits, les tribunaux sont regroupés et fermés, la poste disparait des petits villages, les entreprises publiques sont privatisées de plus en plus, jusqu'aux transports et à l'énergie, même l'énergie nucléaire !

- Les institutions : elles sont bonapartisées (le b minuscule convient même pour ce nom propre), le président va même pouvoir aller devant le parlement (ce qui est plus que symbolique) ! Cela s'est produit déjà deux fois, lire ici pour la première, et ici pour la seconde...

- L'Europe : tous les Européens convaincus de gauche se voient doublés, escroqués, roulés dans la farine par la mise en place du même traité que les français ont refusé en mai 2005 (dans un autre ordre, dit VGE), libéral et faisant la part belle au Conseil Européen qui paralyse les institutions européennes en divisant les Européens par pays et pas par orientation politique.

D'autres scandales passent inaperçus devant cette déferlante, et il y a une tendance incroyable à minimiser tout cela sous prétexte que la politique c'est sale... toutefois, ce déluge de pierres brûlantes touche tout le monde, il faut travailler à une prise de conscience de tout cela. Cela passe par internet, par certains journaux, par des débats locaux, par tout ce que l'on pourra inventer.
Restera-t-on les bras ballants ?

samedi 27 octobre 2007

Sur quel terrain se battre ?

L'image d'Hercule combattant Antée est bien pratique pour évoquer ce qui arrive lorsque l'on combat politiquement quelqu'un sur son terrain.

La Nouvelle Droite ne théorisait-elle pas, au lendemain de mai 1981, que V.G.E. avait perdu parce qu'il s'était aventuré sur le terrain de la Gauche, la redistribution des richesses et la question sociale ? Et que la droite gagnerait lorsqu'elle aura obligé la gauche à aller sur son propre terrain, celle des trois "I" : Immigration, Identité, et Insécurité ?

C'est ce que la gauche fait depuis maintenant deux élections présidentielles...

En ce qui me concerne, je préfère parler du "vivre ensemble", de l'universalité de l'humain, et de l'ordre émancipateur qui sont des piliers de la République Sociale. Et c'est parce que nous nous reconnaissons comme vivant ensemble, et parce que le principe humain est universel, que nous pouvons délibérer ensemble, tous les citoyens de ce que sera l'ordre émancipateur auquel nous aspirons et des moyens que nous allons mettre en commun pour y parvenir. Ça a une autre allure, non ?

mardi 23 octobre 2007

L'argent de l'UIMM

Je m'étais promis de ne pas me laisser balloter par l'actualité, et donc pour prendre un peu de recul, je préfère parler de la mise en examen de Denis Gautier Sauvagnac avec le recul nécessaire, et après avoir un peu lu sur le sujet.

On aurait vite fait d'aller trop vite à ce sujet, tellement ce qui a été dit est sauvage...

En même temps que l'affaire des délits d'initiés chez EADS donne lieu à des contre feux divers, dont celui de la responsabilité de l'Etat - si au moins ça pouvait servir à discréditer la droite, mais non, c'est l'État qui est visé, ne nous y trompons pas -, dans ce cas, immédiatement de nombreux patrons ou anciens patrons expliquent que les retraits d'argent ne servent pas à l'enrichissement personnel de l'intéressé (quelqu'un est-il rassuré ?), mais - soit disant - à financer les syndicats... comprenez naturellement les syndicats de salariés, car personne n'explique de quels syndicats il s'agit, personne ne parle de syndicats patronaux, et naturellement personne ne publie quoi que ce soit qui étaie la thèse, mais on entend cette version dans "les milieux autorisés" (sic).

On lit même l'expression, reprise par tous, et moins sibylline : "fluidifier les relations sociales" !!!!

De là à comprendre qu'en échange de cet argent, les syndicats de salariés acceptent de moins revendiquer, peut-être de signer des accords, il n'y a qu'un pas... Mais alors, personne n'a encore porté plainte pour corruption ?

Une rumeur aussi ÉNORME peut-elle être reprise par les médias sans aucune explication, et surtout sans que personne ne réagisse ? Les syndicats de patrons donneraient des millions d'euros aux syndicats de salariés et personne ne s'en étonnerait ? Et surtout, le ciel ne nous tombe pas sur la tête ?!?

Mais une telle "nouvelle" n'aurait-elle pas pour conséquence de relancer sur le mode syndical la chanson "tous pourris" ? J'avoue que j'en ai vraiment assez de cette chanson, je l'encaisse plus ? Normalement, une telle "nouvelle" devrait fracasser le monde, la terre devrait s'ouvrir en deux et nous engloutir tous ! Soit c'est en train d'arriver, soit la nouvelle, à la veille de mobilisations importantes des syndicats, est téléguidée pour parvenir à un affaiblissement de ces mobilisations...

Et ça vous étonnerait ? Et ce serait la première fois ?

mercredi 19 septembre 2007

Jusqu'où ira-t-on ?

Il y a deux semaines, après avoir - enfin - racheté un autoradio parce que j'avais perdu la façade du précédent, je mis en marche l'appareil qui me manquait tellement quand j'étais au volant, et je commence à régler les stations. Parmi les six premières accessibles de la Modulation de Fréquence, je mémorise les stations du Service Public, au demeurant encore de bonnes stations même si la publicité a envahi France Inter, et si une chasse aux sorcières donne aux idées du MEDEF une place croissante dans ses programmes.

En mémorisant la fréquence de France Culture, je tombe sur une émission politique dont l'invité est Vincent Peillon. Sur son blog à lui, la transcription de l'émission est ici

Au cas où, j'ai recopié la transcription, vous pouvez télécharger le document ici. Je suis scandalisé par ce que j'ai entendu (et relu, vous vous imaginez bien), et je me suis longuement frotté les oreilles au risque d'avoir un accident de voiture (parce que j'avais repris le volant après avoir réglé la station). Il y explique que ce qui est le gros problème du Parti Socialiste date, non pas de 2007, ni même de 2002 (là c'est moi qui parle), mais du fait qu'en 1905 Jaurès avait dû se compromettre avec Guesde et les marxistes et que cela avait corrompu sa pensée. Et un des journalistes présents expliquant qu'il était heureux d'entendre cela et que ce dont le la SFIO de l'époque avait besoin, c'était d'un Kautski ou d'un Bernstein (les partisans d'entrer dans les gouvernements de droite de l'époque).

La date de 1905 est très importante dans cette expression, car c'est la date du congrès de l'unité des socialistes et l'acte fondateur auquel se réfèrent tous les socialistes. Cet acte est fondateur pour au moins deux raisons : d'abord parce qu'il donne au mouvement français son identité dans sa méthode, celle de la synthèse, des courants, et de leur Représentation Proportionnelle dans les instances dirigeantes. Par la suite, cette méthode sera défendue par Léon Blum au congrès de Tours comme étant justement celle qui, opposée par essence au "centralisme démocratique" des 21 conditions de Lénine, est la garantie du respect de chacun et la formalisation de l'effort démocratique que chacun doit fournir pour arriver à une position commune qui favorise le rapport de force contre les tenants du capitalisme. La deuxième raison est qu'il permet de rassembler tous ceux qui, à court moyen ou long terme veulent changer de régime économique (dixit Léon Blum toujours, lorsque j'aurai du temps je publierai une transcription de son discours au Congrès de Tours).

Il serait drôle, si ce n'était à pleurer, de voir tous ces admirateurs de Léon Blum, qu'ils considèrent - à tort - comme un "réformiste" en 1920, s'opposant soi-disant aux révolutionnaires, le citer sans jamais l'avoir lu pour justifier leurs thèses qui ressemblent trait pour trait, pourtant, à celles que Léon Blum condamnait. Mais il est vrai qu'ils n'ont pas non plus la même honnêteté intellectuelle que Vincent Peillon qui lui, s'attaque à la hache aux véritables problèmes : les fondamentaux du socialisme français, parce qu'il vaut mieux être moins nombreux mais avoir raison.

Serait-ce donc à dire que la date de 1905, le congrès d'unité des socialistes est à revoir, d'après Vincent Peillon, parce que la méthode choisie ou acceptée par l'ensemble des courants socialistes n'est pas la bonne ? J'ai entendu les déclarations d'autres socialistes demandant le passage à une démocratie interne fondée uniquement sur le principe de majorité, un principe selon lequel toutes les décisions doivent être prises grâce à un vote simple : êtes vous pour ou contre ce que vous propose votre leader ? On a vu ce à quoi cela a mené lors du référendum interne au Parti Socialiste pour décider de sa position face au Traité Constitutionnel Européen proposé par la Convention Giscard et la Conférence InterGouvernementale. Et déjà, grâce aux votes bloqués et aux autres astuces développées par la fine équipe qui dirige notre Parti depuis 1995, la plupart des militants, oubliant les travaux de tous nos prédecesseurs, piétinant les questions que se posaient les socialistes bien avant qu'ils ne soient nés, ont été abreuvés de ce système. "Camarade, es-tu prêt à briser l'Unité de notre Parti en votant contre ton leader ?" Ce n'est pas cela, l'idée que j'ai du socialisme, ce n'est pas cela, l'idée que j'ai de l'Unité des Socialistes, et ce n'est pas cela qu'a contruit Jaurès et sauvegardé Blum. Ce n'est pas cela, la méthode de la Représentation Proportionnelle.

Du coup, alors qu'auparavant, l'Unité servait de chiffon rouge pour parvenir à une victoire, maintenant, l'Unité ne vaut plus rien, l'Unité est une compromission détestable, l'Unité n'est plus la garantie de la Force. Là où, auparavant, on souhaitait forcer le parti vers un réformisme des tous petits pas grâce à l'Unité, il faut maintenant casser en morceaux les forces de la Gauche pour former un clan des "purs" qui ne feront pas de compromission avec le marxisme. Et naturellement, faire alliance avec le Modem, ce parti qui se dit du Centre et qui n'est que la Droite Orléaniste.

Jusqu'où ira-t-on ? Doit-on se résigner à ce que le Parti Socialiste explose sous les coups de tous ces camarades ?

Car ces questions sont beaucoup plus importantes que les batailles débiles de leadership et les piques que les loosers de 2002 lancent aux looseuses de 2007 sans une seule fois, ni pour les uns, ni pour les autres, réfléchir au projet global de société que les socialistes pourraient vouloir mettre - ENSEMBLE, si c'est encore possible, ce que je souhaite - en avant.

mardi 18 septembre 2007

Reprise du blog

Après deux mois mouvementés suivis d'un déménagement qui l'était plus encore, je récupère enfin ma liaison internet et la capacité d'écrire dans ce blog. Je vais de ce pas commencer par parler de ce que j'ai récemment entendu à la radio... et qui en dit long sur les perspectives du Parti Socialiste dont je suis membre.

vendredi 24 août 2007

La droite va essayer de nous faire croire qu'ils agissent pour les revenus modestes !

C'est quand même incroyable !

En fait, je croyais que cela n'était pas possible que l'on essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes avec autant d'arrogance. Sur l'air de "nous agissons pour vous..." !!

Ils essaient de nous faire avaler que le remboursement des intérêts sous forme de réduction d' impôt pour l'achat d'une résidence principale, jusqu'à 1500 € par an pour un couple, cela va résoudre la crise du logement ?

Prenez quatre exemples : le cas d'une personne seule (1), d'une famille monoparentale (2), d'une famille sans enfants (3), d'une famille avec enfants (4), en Ile-de-France (pardonnez moi, ce sont les seuls chiffres que j'ai trouvé).

Dans le cas 1, le revenu médian est à 1100 € net par mois et par Unité de Consommation (UC) environ, dans le cas 2, plutôt de 900 €, dans le cas 3 de 1350 € environ et le cas 4 de 1200 €. Cela signifie que LA MOITIE des familles qui sont dans le cas 1,2,3, ou 4 ont ces revenus OU MOINS ! (Source : INSEE) J'imagine que la moitié des "Unités de Consommation" qui gagne moins que son revenu médian ne possède pas de patrimoine ou peu...

Maintenant en Ile de France, je n'ai pas trouvé de 3 pièces vivable à moins de 150000 euros. vivable, ça veut pas dire dans un quartier chic, entendez moi. ça veut dire avec des fenêtres et sans trop d'infiltrations. Et je n'ai pas d'à priori, moi, sur la ville ou le quartier. Je ne crois pas que l'on puisse emprunter 150000 € en payant des mensualités inférieures à 1000 € par mois... ce qui fait 12000 € par an à sortir pendant 20 ans. Grâce à la droite, cela ne fera plus que 10500 € par an pour un couple les cinq premières années. Vous pensez que c'est faisable pour LA MOITIE des familles qui ont les revenus les plus bas ?

Je rappelle aux étourdis qu'il n'est pas raisonnable de rembourser un crédit avec des mensualités qui dépassent 1/3 des revenus... A qui donc s'adresse cette mesure ? A ceux qui ont les moyens d'acheter...

Refaites le calcul pour les personnes qui ont de faibles revenus mais (par un merveilleux hasard) ont 50000 euros de patrimoine, donc un apport qui ne semble pas négligeable... Ils n'ont plus que 100000 euros à emprunter ! Ces chanceux ne sont pas très nombreux, mais à votre avis, est-ce que cela va leur être possible ? En supposant qu'ils n'aient que 700 € par mois à rembourser pour arriver à acheter leur 3 pièces, combien faut-il de revenu à la famille pour pouvoir y parvenir ? Environ 2100 euros net, donc, soit deux SMIC. On est largement au dessus du revenu médian ! Mais je vous rassure, il ne faut pas non plus que cette famille ait d'enfants, parce qu'ils doivent aussi payer leur garde..., bref, ils ne sont pas sortis d'affaire pour autant !

A qui profite donc cette mesure ? Est-ce une mesure de gauche ? Je n'attends même pas de réponse...

samedi 30 juin 2007

Bouche bée

Vous devez vous demander pourquoi il n'y a pas de billet sur ce blog depuis trois semaines... C'est parce que, depuis le second tour des élections législatives, je suis tellement estomaqué par les commentaires et les déclarations de certain(e)s responsables politiques de mon Parti, le Parti Socialiste, que je ne sais même pas comment réagir.

Lorsque l'on est membre d'un parti, on n'a aucune obligation d'être en accord avec les autres membres de ce parti. Mais l'objectif d'être dans une même organisation, c'est de faire l'effort d'élaborer ensemble des positions communes que chacun peut respecter. Le parti socialiste a vécu, à plusieurs reprises, des périodes pendant lesquelles ceci n'a pas été possible. Et toute l'histoire de la gauche est émaillée de l'explosion d'organisations pour lesquelles un désaccord a été tel qu'aucune position commune n'a pu être trouvée.

Echec à arriver à une position commune : Il peut y avoir plusieurs raisons à ceci : Tout d'abord si les convictions des uns sont vraiment incompatibles avec celles des autres, en second si l'exercice imposé consiste à choisir entre deux positions tranchées sans avoir le droit de rechercher un entre-deux, et en troisième, lorsque l'une des parties a décidé de refuser tout compromis, pour des raisons avouables ou non.

Tout d'abord, des convictions incompatibles. C'est par exemple le cas au congrès de Tours de 1920, ou il était impossible par nature de concilier les 21 conditions de Lenine pour entrer dans la 3ème internationale avec la volonté d'existence des courants dans le parti et l'exercice de la démocratie dans celui-ci.

Le référendum sur le Traité Constitutionnel de 2005 entre dans le deuxième cas. Deux socialistes ayant les mêmes objectifs pouvaient choisir deux voies différentes et continuer, après cette étape, et en en tenant compte sans colère, de chercher d'autres moyens de continuer ensemble. C'est dans tous les cas ma position. J'ai fait un choix très tranché pour le "non" à cette époque, je l'assume parfaitement. Et ceux et celles qui ont fait un choix différent mais cherchent encore à faire avancer le socialisme ne sont pas des adversaires.

En revanche, il existe maintenant de façon avouée des camarades qui ne veulent plus de compromis et qui souhaitent que seule leur vision du socialisme soit imposée aux autres. Bien entendu, dans le parti socialiste, la majorité l'emporte. Toutefois, personne n'est obligé de l'accepter et peut quitter le parti. Nous sommes dans une configuration où chacun a le choix entre 1/vouloir imposer son point de vue par le vote, 2/ ou de, sans aller vers des positions qui n'auraient pas de sens afin de ne froisser personne, comme le parti socialiste l'a aussi fait, de construire un projet qui, sur les retraites, sur la répartition des richesses, sur les méthodes pour la modifier en faveur des salariés, sur les services publics, sur la construction européenne, sur l'énergie, les ressources naturelles, et enfin sur la République et ce qu'elle doit devenir, peut rassembler la gauche, toute la gauche.

Certain d'entre nous, les socialistes, ne sont plus d'accord. Une partie est allée chez Sarkozy (comme quoi...tout est possible). Une autre souhaite l'alliance avec Bayrou. Une troisième veut prendre modèle avec le SPD allemand, social-démocrate, qui gouverne avec la droite ! Et en plus, ceux qui sont partisans de la social-démocratie à l'allemande crachent sur les socialistes qui sont entrés au gouvernement de Mr Fillon... C'est assez contradictoire, mais toutes les ficelles peuvent passer. Jusqu'où irons nous?

Lorsque je vois ceci, je suis tellement surpris par le chemin pris que je ne sais pas vraiment comment réagir ! Je refuse en bloc tout cela, je souhaite résister à cette tendance à vouloir pactiser avec l'adversaire politique.

De cela j'en suis sur. Je commence par le dire, par l'afficher.

Et par la suite, chacun sera mis devant ses responsabilités, et devra choisir.

mercredi 6 juin 2007

Avoir raison

Une petite réflexion brève ce soir, sur des mots que l'on entend souvent dans des discussions politiques. Je ne parle pas des grands discours du bonapartiste en chef qui nous assure "dire la Vérité aux français" (quand j'entends ça je coupe la radio), mais de vraies discussions politiques pendant lesquelles chacun cherche à se faire son chemin et comprendre ce que pense l'autre, dans lesquelles chacun essaie d'affirmer sa position, sa conviction.

Souvent on entend dire que quelqu'un a tort ou a raison. Dans beaucoup de contextes, ces mots passent souvent inaperçu. Lorsque l'on parle d'un fait, d'un chiffre, ou d'une méthode de calcul, encore, cela ne me dérange pas. Mais lorsque l'on parle d'idées politiques, je suis plus gêné. Je fais partie des personnes à qui on a appris à décoder ce que voulait dire la phrase : "Il n'y a pas de politique de droite ou de gauche, il y a une bonne ou une mauvaise politique." Cette phrase signifie que la politique est une science, que la société est une équation qu'il suffit de résoudre sans faire d'erreur de calcul, une équation qui n'a qu'une seule solution (même les mathématiciens savent qu'une telle équation est rare) ! Et naturellement, celui ou celle qui affirme cela pense aussi avoir la solution ou fait "modestement" semblant de dire que c'est son dévouement et son travail qui va conduire à la solution. Et toujours, d'ailleurs, vous le constaterez, cette solution conduit à une politique...de droite ! Étonnant, non ?

Dire que quelqu'un a tort ou raison à propos d'une idée politique, c'est faire indirectement la promotion de cette idée qu' "il n'y a pas d'alternative", comme le disait Margareth Thatcher, la grande amie d'Augusto Pinochet.

Je préfère les personnes qui font des choix et qui les assument à d'autres qui expliquent qu'ils ont raison.

jeudi 31 mai 2007

Les problématiques de l'unité de la gauche.

La gauche a deux écueils que chacun apprend à détecter en formation dans son courant : le gauchisme et le révisionnisme (attention, ne pas confondre ce terme avec la négation des crimes contre l'Humanité qui se sont déroulés sous le régime nazi en Allemagne et ailleurs ! )

Pour moi, un-e gauchiste, c'est une personne tellement focalisée sur le moment où le capitalisme sera définitivement abandonné, qu'il ou elle en oublie de vouloir agir maintenant. Et un-e révisionniste, c'est quelqu'un de gauche qui est tellement préoccupé par la gestion sur le moment qu'il ou elle en vient à renier son idéal et ne plus rien faire progresser.

Dans la gauche, chacun accuse facilement ses camarades d'être l'un ou l'autre. Et même si j'ai une vision claire et personnelle des discours et des actes que je considère comme gauchistes ou révisionnistes (il faut éviter de désigner des personnes, continuer à ne discuter que des idées et des faits), personne n'est à l'abri de tomber dans l'un ou l'autre de ces pièges à un moment de sa vie.

Il y a un troisième écueil que toute personne de gauche doit éviter, c'est de penser qu'il ou elle a raison contre tout le monde. Au départ, je pensais qu'il s'agissait principalement d'un travers gauchiste que de penser cela, mais malheureusement, je constate que de nombreux camarades qui tiennent des discours révisionnistes, actuellement, se comportent exactement ainsi. Si tout le monde pense de cette façon, c'est ainsi que nous pourrions aller vers une séparation des différentes composantes de la gauche, et donc vers une division des énergies, des forces et des moyens d'action.

Cette division nous plongerait-elle tous dans l'incapacité de réagir à court, moyen et long terme à toutes les mises à sac, appelées réformes, que nous prépare le président élu et les personnes qu'il aura désigné pour "agir" ? L'unité de la gauche devrait être fondée sur un compromis clair et honnête entre toutes ses composantes, sans exclusive possible. Qui est prêt à cet effort, maintenant ? Et qui prendra la responsabilité de ne pas y participer et de courir l'aventure tout-e seul-e ? Et dans le cas où tout le monde serait convaincu de la nécessité de cette unité, comment réussir le tour de force qu'aucun courant ne se sente lésé, trahi, ou méprisé ?

Peut-être alors qu'il faudra se séparer ? Je ne peux m'y résoudre complètement, même si il est plus confortable pour moi de séparer la gauche entre les traitres, les fous et les purs. Peut-être aussi parce que nous avons déjà vu, sous le gouvernement de la droite, pendant que le chômage baissait dans les statistiques, que la pauvreté, elle, augmentait sans cesse, et que les distributions de repas se multipliaient jour après jour.

Prenons un sujet brûlant comme exemple : celui des retraites. Entre les camarades qui pensent qu'il vaut mieux accepter une augmentation de la durée de cotisation progressive afin de sauvegarder (d'après eux) le système par répartition, et ceux (dont je suis) qui pensent qu'il est possible d'augmenter les cotisations sociales pour rééquilibrer les comptes de la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse et/ou de revenir sur certaines exonérations de cotisations, comment bâtira-t-on un compromis de position afin, dans les dix ans à venir, de savoir quelle position commune on pourrait avoir, qui ne méprise personne et nous permette d'empêcher la droite, en nous faisant élire, de procéder à la liquidation, sous prétexte de faillite organisée, de ladite retraite par répartition ?

A moins que nous ne considérions finalement que les camarades qui veulent une gauche "moderne" qui soit "réaliste", et donc qui accepte de composer avec la faiblesse du rapport de force qui nous permettrait de reprendre des recettes pour la Sécurité Sociale, ne soit plus une gauche qui nous convienne, et qu'il faut s'en séparer, puisqu'elle ne veut même plus chercher à créer du rapport de force, ni négocier avec nous le compromis que nous pourrions souhaiter ensemble. Dans ce cas, serons nous capables d'être assez nombreux pour empêcher la droite de tout détruire dans les années à venir ?

A moins qu'un scénario intermédiaire se mette en place, que certains camarades se déclarent pour l'unité sans la vouloir vraiment, afin de gagner du temps et de prendre la direction de la gauche et de son unité, puis de l'emmener sur un chemin idéologique qui soit celui d'une seule de ses composantes et qui oblige l'autre à partir et à devenir de fait la responsable de la division ?

La méfiance conduit aussi à la division. Mais comment se sortir par le haut de tout cela ? Car il va falloir choisir assez rapidement.

jeudi 24 mai 2007

Une gauche moderne, c'est une gauche de droite !

J'en ai assez, depuis des années, mais encore plus depuis le 6 mai dernier, d'entendre les commentateurs télévisés répéter le jour et la nuit que ce dont la gauche, et plus particulièrement le Parti Socialiste, a besoin, c'est de se moderniser. J'en ai assez, parce que, dans leur bouche, cela ne signifie qu'une seule chose : abandonner la lutte, s'inscrire éventuellement dans un mouvement qui aura pour objectif de tempérer les injustices les plus criantes, mais surtout se résigner au modèle dominant.

Après chaque défaite de la gauche, c'est le refrain habituel : "Pourquoi perdre son énergie à vouloir aller vers autre chose que le capitalisme ? Les Français sont si heureux ! Bien sur il y a des pauvres, mais justement, c'est parce qu'on les aide trop. Le parti Socialiste doit abandonner ses vieilles lubies archaïques... C'est la phrase que je préfère parmi toutes ! Ses vieilles lubies archaïques, entendez : le partage et la démocratie partout. Car il est là le socialisme, et nulle part ailleurs : Nous les socialistes, nous voulons le partage et la démocratie partout, et rien de plus !

Abandonner cette volonté, c'est devenir de droite, tout simplement. J'entends déjà les représentants de cette droite officielle : "mais nous aussi, nous voulons le partage et la démocratie. Mais nous voulons partager en fonction du mérite, et notre démocratie, c'est choisir notre chef et ne pas toucher à la liberté d'entreprendre."

Je ne suis pas d'accord pour partager en fonction du mérite. D'abord parce que le mérite, c'est entièrement subjectif. Quel mérite a-t-on d'être dirigeant d'entreprise ou d'avoir une bonne idée lorsqu'on a fait des études ou qu'on hérite d'une entreprise ? Qui croit encore que progresser socialement est à la portée de tout le monde ? En second, chaque être humain n'a pas demandé à être sur cette terre, en conséquence de quoi, quels que soient ses qualités, ses défauts, son capital culturel ou économique de départ, il ou elle mérite la même part que les autres, et rien de plus !

De même, je ne suis pas d'accord pour que la démocratie se résume à l'élection de représentants du peuple qui n'ont aucun pouvoir d'intervention sur la société que pour dire ce qui est un crime ou empêcher d'autres êtres humains de franchir les frontières. Si seule la liberté était source de justice, alors nous qui avons déjà vécu le XIXème siècle, nous saurions où cela conduit : à la guerre, à la misère du plus grand nombre.

Malheureusement, la liberté, c'est plus facile que la partage et la démocratie. Il suffit de laisser faire. Et de regarder la télévision, surtout celle qui est fabriquée par ceux qui ont intérêt à ce qu'on reste devant. Surtout celle qui passe à longueur de journée des soit-disant politilogues et autres éditorialistes qui répètent que la gauche doit s'adapter à son temps et "abandonner ses vieilles lubies archaïques" !

vendredi 18 mai 2007

JDC : une leçon pour tous, un exemple pour tous.

La liquidation de JDC sur Torcy, intervenue le 5 mars 2007, il y a maintenant 75 jours, et l'exemplarité des salariés de cette entreprise, qui occupent leur usine et n'acceptent pas le sort qui leur est fait, doit être un repère pour tous ceux qui se disent de gauche.

Les salariés eux même expliquent mieux ce que Quebecor, indirectement du point de vue légal, mais directement du point de vue intentionnel, avec la complicité de l'ancien directeur de l'usine, leur a réservé afin de se débarasser d'une unité de production sans payer les indemnités aux salariés qui, pour la plupart, sont ici depuis plus de vingt ans chacun :

Voici ce qu'ils en disent : Son 1 Son 2 Son 3 Son 4 Son 5

Ou se situe l'exemplarité des salariés ? Quebecor vend pour un euro symbolique l'entreprise au directeur de l'usine qui prend son nom, toute en promettant du chiffre d'affaire. Quebecor étrangle le chiffre d'affaire et oblige la nouvelle entité au dépôt de bilan sans plus aucune trésorerie, donc sans indemnité pour les salariés. Le salariés décident d'occuper l'usine parce qu'ils savent qu'il y a du travail, que la seule raison de leur licenciement se trouve dans les bénéfices faits par Quebecor. Il cherchent à se défendre collectivement et s'en donnent les moyens. Ils ont plusieurs leviers : le premier c'est l'image de Quebecor. Tout groupe financier tient à son image, et la bataille qui a lieu, transmise par la presse et par les nombreux blogs et sites n'est pas pour leur rendre service de ce point de vue, même si c'est mérité. Le deuxième levier, c'est l'usine et le papier qu'elle contient, qui a une grande valeur. La troisième, c'est que nous sommes encore en période d'élections, et les pouvoirs publics sont encore obligés de ne pas faire n'importe quoi, notamment avec la force publique. Cela n'a pas empêché la police, cela a été su, d'arrêter et d'immobiliser, sous prétexte de contrôle, les deux cars qui se dirigeaient vers Meaux pour manifester à l'occasion de la visite du candidat de l'UMP pendant la campagne présidentielle...

Voici les discours que j'ai pu prendre de leurs soutiens :

Olivier Besancenot Daniel Brunel Que faire pendant la campagne ?

Aujourd"hui, c'est la fin de leur préavis de licenciement. Ils tiennent toujours. Deux négociations se déroulent au sein du comité de pilotage. Quebecor participe à ce comité de pilotage qui se déroule régulièrement à la préfecture. Même s'ils disent qu'ils n'ont plus rien à voir avec l'entreprise JDC ni avec son dépôt de bilan. C'est bien la preuve qu'ils ont quelque chose à se reprocher. La première négociation, c'est celle des indemnités pudiquement appelées "extra-légales" que Quebecor doit à chacun des salariés qu'il a sciemment mis au chômage. La seconde négociation concerne la possibilité d'un repreneur. Des premiers résultats seront connus le 23 mai, dans moins d'une semaine.

Pour les salariés, tenir et tenir collectivement est un exemple, surtout aussi longtemps. Ils voient leur avenir au travail, au travail dans leur usine qui est capable de continuer et d'avoir des commandes.

Voici des sons de leurs actions et de leur détermination :

Manif à Torcy le 24 mars Occupation de l'usine après la manifestation La logistique pendant l'occupation

J'espère que cette écoute de sons pris entre le 5 et le 24 mai 2007, toujours d'actualité puisque tout continue, vous aura plongé dans le monde de la solidarité et du collectif un instant. Dans les liens de mon blogs, j'ai mis le site de l'occupation, si vous voulez en savoir plus, il est très complet.

samedi 12 mai 2007

Equipe ou leadership?

Ce qui est étonnant, c'est de voir comment la cinquième république a contaminé tous ceux qui ont été contre les institutions bonapartistes. Depuis qu' "il ne doit en rester qu'un" pour qu'il ou elle devienne président-e de la République, plus personne ne se pose la question du pouvoir en terme d'équipe. Et du coup, plus aucun compromis dans la gauche n'est possible sur le fond entre ses différentes composantes, car ce n'est plus la question du fond qui est vraiment posée, mais celle de qui va être le ou la chef-e.

Une véritable équipe soudée sur le fond, avec un animateur ou une animatrice qui remplisse le vrai rôle d'animateur et pas celui de chef, qui mette en valeur les capacités de chacun et rappelle juste le cadre fixé à l'origine, c'est ce qui manque à la gauche. Personne, que ce soit dans les partis qui ne sont jamais allés au gouvernement, mais aussi dans ceux qui ont pratiqué plusieurs années, n'a finalement entamé de réflexion sérieuse à ce sujet. La prise de pouvoir devient parfois un objectif en soi. Comment empêcher cela ? C'est là que les problèmes de la gauche commencent.

En 1997, le gouvernement Jospin, dans un registre de la gauche que je ne soutenais pas assez pour certains, avait cette équipe en place. Je n'ai pas été d'accord avec tout ce qui a été fait, notamment les privatisations, mais puisque le sujet de ce billet est la forme et non le fond, je vais y rester. A partir du moment où la présidentielle de 2002 s'est profilée, les choses se sont gâtées. Il s'agissait de porter un homme. C'est beaucoup plus difficile pour la gauche. Pour moi, les raisons sont aussi sur le fond, mais l'élection d'une personne au suffrage universel à deux tours, surtout si on y subordonne les législatives, comme cela a été fait en 2002, est en soi dangereux pour la gauche.

L'élection présidentielle est culturellement aussi admise par le peuple français que certaines émissions télévisées où seul-e un-e gagnant doit l'emporter. C'est dire que sur ce point, il y a encore du travail pour que la gauche, qui devrait supprimer cette élection, s'imagine capable d'avancer dans cette direction. Le Parti Socialiste, lui même, élit son premier secrétaire sous la même forme, indépendamment de la règle de la proportionnelle qui régit la mise en place de ses instances. peut-être faudrait-il déjà revenir là-dessus?

jeudi 10 mai 2007

Les fondamentaux de la gauche, de mon point de vue naturellement...(partie 2)

J'ai un fondamental qui va chagriner des amis et qui est le suivant : quand on est de gauche, on ne vote pas à droite. Ca va vous paraître évident, mais pourtant...

Ce qui est très difficile, dans la lutte politique, c'est de tenir. Tout le monde a envie d'un monde apaisé, d'un monde où tout le monde est heureux et trouve sa place, se réalise et permet aux autres, si ce n'est pas le cas, de se réaliser à son tour. Lorsque l'état du monde convient personnellement à un nombre suffisant de personnes, ceux qui ne s'en contentent pas sont des perturbateurs, même s'ils le font parce qu'ils crèvent de faim ou pensent que cela ne va pas tarder.

Prenons un exemple : on entend de nombreux patrons d'entreprise dire que le travail coûte cher (en général, ils disent plutôt qu'ils payent trop de "charges sociales"). Qu'est-ce qu'ils disent ? Dans mon budget, la part des salaires, que je répercute sur les prix, me met en difficulté face aux entreprises qui elles, payent moins leurs salariés.

Ils oublient trois choses.

La première, c'est que le revenu des actionnaires, lui aussi, est directement concurrent de la rémunération des salariés, et, aussi, un élément de budget et de calcul des prix. Or, cette rémunération, ils ne s'en plaignent jamais, et elle augmente sans arrêt. Pour les quelques plus naïfs d'entre eux, ils ont été conditionnés à l'intégrer comme une contrainte à laquelle il est interdit de toucher. Pour tous les autres, ils en touchent une part...

La deuxième, c'est que que les partis qu'ils soutiennent, la droite en général, et parfois des personnes qui se disent de gauche (j'ai une pensée émue pour Pascal Lamy à l'instant), font, en tant que représentant de leur pays ou de l'UE à l'OMC, ou comme commissaire européen, ou comme membre de gouvernement, tout pour déréguler le commerce international, les monnaies et les échanges financiers, ou pour permettre l'opacité des transactions ou la protection des intérêts des marchants d'armes et d'opium qui financent certains services secrets au passage (Est-ce que le nom de Noriega vous dit quelque chose?).

La troisième, et non la moindre, c'est que ces cotisations sociales, que je me refuse à appeler charges, sont du salaire différé, et que les organismes de Sécurité Sociale comme la CNAM, l'UNEDIC, et la CNAV sont financées grâce à ces cotisations. C'est à dire qu'une entreprise qui emploie des salariés a pour devoir de verser de quoi payer, à proportion des salaires versés, les éléments qui permettent à ces salariés de toucher une allocation chômage s'ils perdent leur emploi, de pouvoir partir à la retraite après avoir donné plusieurs dizaines d'années à une entreprise, et d'être soignés s'ils tombent malades. Ces garanties permettent aux salariés de mieux résister aux sollicitations aberrantes et aux appels à travailler plus, plus longtemps pour moins cher. En effet, pour attirer un salarié vers l'emploi, il faut en payer un prix supérieur à ces allocations. Les entreprises, soucieuses de leur budget, de leurs prix, et surtout de la rémunération de leurs actionnaires, ont fondé un syndicat d'employeurs appelé le MEDEF pour mettre à bas cette injustice flagrante (humour) et cette atteinte à la liberté d'entreprendre que sont les cotisations sociales, et non contentes d'avoir d'office 50% des sièges aux conseils d'administration des organismes qui les gèrent (certains appellent ça le paritarisme) alors qu'il y a 3 millions d'employeurs en France contre 21 millions de salariés, demandent à cor et à cri la réductions des cotisations, et donc la réductions des allocations.

En ce qui concerne les retraites, ils ne demandent pas directement la baisse des pensions. Ils disent juste qu'il faut augmenter l'age de départ à la retraite, parce que l'espérance de vie a augmenté. Bien sur, reculer l'age de départ à la retraite pourrait avoir pour effet de diminuer l'espérance de vie, mais ça n'est pas très important pour eux. Comme on le dit un peu partout : si ce sont les dernières années de la vie les plus chères, il suffit de supprimer les dernières années de la vie... C'est intelligent, parce que personne ne va calculer ce qu'il perdra en année de vie parce qu'il travaillera plus longtemps. Tout le monde trouve ça plus logique de se sacrifier parce que le budget des retraites est en déficit ou risque de l'être. Mais pourquoi est-il en déséquilibre si ce n'est à cause des 65 milliards d'euros d'exonérations de cotisations aux entreprises françaises ? Et si l'on connaît le chiffre de la rémunération des actionnaires des seules entreprises du CAC 40, qui lui est supérieur, alors ne sait-on pas où est passé ledit déficit ?

Enfin bref, pour expliquer un peu d'économie, voici un lien qui ne me semble pas partisan : valeur ajoutée qui me parait sérieux sauf pour les chiffres (vous notez qu'ils n'ont pas de sources, ce qui est dommage...)

Je rechercherai un peu plus de données pour un autre billet.

Pour conclure, en tachant de ne pas être manichéen, voter à droite ne fait que renforcer la position des actionnaires qui abusent de leur position dominante dans le cadre d'une dérégulation globale et d'une mise en concurrence mondiale des salariés. Et même lorsque la gauche a des défauts, et n'est que modérée dans sa volonté de prendre parti dans cette lutte politique, il vaut mieux limiter les dégâts et la choisir.

mercredi 9 mai 2007

Les fondamentaux de la gauche, de mon point de vue naturellement... (partie 1)

Pour que vous me connaissiez mieux, et pour que le débat s'engage sur des bases saines, il me paraît important de donner quelles sont mes bases de la réflexion politique et mes fondamentaux.

Avant de donner des éléments de fond, quelques éléments de forme. Tout d'abord, en politique, pour moi, il n'y a pas de vérité. Il n'y a que des choix. J'ai un grand mépris pour les personnes qui pensent détenir la vérité et un non moindre pour ceux qui prétendent la dire. J'ai aussi un raisonnement qui ne me crée pas que des amis : j'ai tendance à réfléchir et me positionner sur le fond des choses, et pas en fonction des personnalités qui se présentent, en tous les cas, je m'efforce de le faire. Enfin, contrairement à ce que prétendront tous mes adversaires ou contradicteurs politiques, je suis prêt à des compromis conscients et clairs en partant du postulat que je ne peux pas avoir raison contre tout le monde, et ce avec la seule limite de ne pas renier un certain nombre de fondamentaux.

Sur le fond, je me sens à Gauche. Mais il faut préciser : de quel courant de la Gauche ? De celui qui veut la démocratie jusqu'au bout, pour reprendre une phrase célèbre. Cela est valable pour l'économie comme pour les institutions. Si un petit nombre de personnes, qui se cooptent entre elles, gèrent des sommes colossales, à défaut de les posséder, et que la gestion de ces masses monétaires est plus que déterminante dans la façon dont est organisé le monde, alors une oligarchie détient les clefs de l'existence de milliards d'êtres humains qui n'ont de revenus de subsistance qu'en acceptant les conditions dans lesquelles ont leur propose de travailler pour faire grandir cette masse monétaire. Dans le fond, c'est très marxiste comme analyse, du moins marxien comme le disent certains spécialistes dont je ne suis pas. La référence au nouvel âge du capitalisme me plaît bien et cette grille de lecture me paraît pertinente, même si, comme je l'ai dit, elle n'est qu'une grille de lecture.

L'idée d'agir afin que le maximum d'êtres humains prennent conscience de cela, de leur condition de salarié-e-s, et du pouvoir exagéré qu'ont les actionnaires des entreprises, ou les gestionnaires de fonds, sur eux, pour la seule raison qu'ils ont les moyens d'investir et de gérer le risque qu'ils ont de perdre tout ou partie de leur investissement, est en soi le combat de toute une vie pour des milliers et des milliers de militants en France et dans le monde. Ces militants ont des cultures très différentes, des stratégies très différentes aussi, mais ils ont une base commune.

L'association ATTAC, par exemple, malgré tous les reproches que l'on peut lui faire en France, a eu le mérite de mettre en lumière l'opacité avec laquelle les institutions mondiales comme l'Organisation Mondiale du Commerce, la Banque Mondiale, et le Fonds Monétaire International organisaient la dérèglementation de l'économie partout de le monde et forçaient, pour des raisons idéologiques héritées directement de Reagan et de Thatcher et des clubs qui les ont portés au pouvoir dans les années 80, des pays entiers à se soumettre des régimes économiques qui plongeaient dans la pauvreté des millions de personnes. C'est aussi grâce à elle que l'on a fait connaitre Denis Robert et son travail sur la véritable affaire Cleartream (lien ici et ici).

Des différentes lectures que j'ai pu avoir, il ressort, de mon point de vue, que le fonctionnement du capitalisme, et la vision du monde qui consiste à définir l'entreprise comme ayant pour but de faire des bénéfices ou profits est en concurrence directe avec la volonté d'une intervention publique, la volonté que les décisions d'orientation de la société soient prises par délibération et vote, par la volonté de préserver un développement durable, et enfin, incompatibles avec toute politique de l'emploi et des salaires afin d'empêcher la précarité.

Voici quelques premières bases. La suite très bientôt.

mardi 8 mai 2007

Le temps des grandes manœuvres

Je vais me contenter dans ce billet de ne donner que des éléments factuels. En premier, ces dépêches de l'AFP qui résument bien la situation du PS même si je ne suis pas d'accord avec les quelques commentaires désobligeants qu'elle contient pour des archaïques comme moi :

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'__PARIS (AFP) 7 Mai 2007 22h27__

Ségolène Royal engage une offensive pour s'assurer le leadership du PS

Une bataille est engagée entre Ségolène Royal et d'autres ténors du PS pour s'assurer le leadership sur le parti, fixer les contours de sa refondation et trancher la question d'éventuelles alliances au lendemain de la lourde défaite à l'élection présidentielle.

Néanmoins les hostilités ne seront pas ouvertes lors du bureau national du PS mardi soir, le premier secrétaire du PS, François Hollande s'étant efforcé de calmer le jeu en proposant un fonctionnement "collectif" de la conduite de la campagne législative.

Ce dispositif "donnera une place à Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ainsi qu'à d'autres", selon plusieurs responsables socialistes.

Dès dimanche 20H00, Ségolène Royal a cherché à prendre la direction des opérations et à se poser en architecte d'une nouvelle maison de la gauche, affirmant que dans sa campagne "quelque chose s'est passé qui ne s'arrêtera pas". "Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles".

"Si on gagne, on ne s'arrête pas, si on ne gagne pas, on continue", avait confié Mme Royal à quelques journalistes, dimanche à Melle.

© François Guillot Le Premier secrétaire du PS François Hollande au siège du parti, le 6 mai 2007 à Paris

En dépit du score le plus bas depuis 1965 au second tour d'une présidentielle, pour un socialiste, ses partisans font bloc. "La gauche a désormais une grande dirigeante", a déclaré le porte-parole du PS Julien Dray.

François Rebsamen, co-directeur de campagne de la candidate, a préconisé "une rénovation idéologique profonde, pour prendre le virage amorcé par Ségolène Royal". De son côté M. Hollande a jugé devant le BN qu'une "refondation, une reconstruction" quel que soit le nom utilisé, était "nécessaire".

Pour les législatives, le PS devra trancher la question d'une alliance éventuelle avec le "Mouvement démocrate" que veut créer François Bayrou. Mme Royal en est partisane sur le principe, d'où sa déclaration sur le dépassement "des frontières actuelles" de la gauche.

Les jospinistes et la gauche du parti y sont résolument hostiles. "On n'a pas vocation à aider à la création du Mouvement démocrate", souligne Harlem Désir (jospiniste). Strauss-kahniens et fabiusiens attendent de voir la plate-forme programmatique du parti de M. Bayrou. Ils soulignent que "la refondation idéologique du PS ne doit pas être subordonnée à la question des alliances".

L'offensive "royaliste" n'est pas du goût de tous. "L'objectif était de conquérir l'Elysée, ce n'était pas de marcher sur Solferino", siège du PS, a glissé Laurent Fabius.

Le leadership de Mme Royal "ne coule pas de source", estime le strauss-kahnien Laurent Baumel. "On ne peut pas interpréter un score de 47% comme une étape encourageante vers de futurs succès", ajoute-t-il.

"Personne n'est en situation de se proclamer leader", renchérit Harlem Désir, qui juge "déplacée" l'attitude de Mme Royal.

Pour tous ceux-là , les socialistes doivent "serrer les rangs" pour aborder au mieux les élections législatives. "Rester unis", a déclaré lundi la battue du 6 mai.

M. Hollande a averti qu'il "ne tolérerait" aucun "règlement de comptes" au PS. Il entend rester en fonction, assurant que "(sa) responsabilité c'est d'amener tout le monde dans cette bataille" des législatives. Mais il est affaibli par l'échec de Ségolène Royal, sa compagne.

Dominique Strauss-Kahn a ainsi porté un jugement "sévère" sur "le fonctionnement du parti socialiste depuis cinq ans". ''

et cet interview pour compléter le tour des positions :

ici

plus tard ce soir, une autre publication.

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