Pour que vous me connaissiez mieux, et pour que le débat s'engage sur des bases saines, il me paraît important de donner quelles sont mes bases de la réflexion politique et mes fondamentaux.

Avant de donner des éléments de fond, quelques éléments de forme. Tout d'abord, en politique, pour moi, il n'y a pas de vérité. Il n'y a que des choix. J'ai un grand mépris pour les personnes qui pensent détenir la vérité et un non moindre pour ceux qui prétendent la dire. J'ai aussi un raisonnement qui ne me crée pas que des amis : j'ai tendance à réfléchir et me positionner sur le fond des choses, et pas en fonction des personnalités qui se présentent, en tous les cas, je m'efforce de le faire. Enfin, contrairement à ce que prétendront tous mes adversaires ou contradicteurs politiques, je suis prêt à des compromis conscients et clairs en partant du postulat que je ne peux pas avoir raison contre tout le monde, et ce avec la seule limite de ne pas renier un certain nombre de fondamentaux.

Sur le fond, je me sens à Gauche. Mais il faut préciser : de quel courant de la Gauche ? De celui qui veut la démocratie jusqu'au bout, pour reprendre une phrase célèbre. Cela est valable pour l'économie comme pour les institutions. Si un petit nombre de personnes, qui se cooptent entre elles, gèrent des sommes colossales, à défaut de les posséder, et que la gestion de ces masses monétaires est plus que déterminante dans la façon dont est organisé le monde, alors une oligarchie détient les clefs de l'existence de milliards d'êtres humains qui n'ont de revenus de subsistance qu'en acceptant les conditions dans lesquelles ont leur propose de travailler pour faire grandir cette masse monétaire. Dans le fond, c'est très marxiste comme analyse, du moins marxien comme le disent certains spécialistes dont je ne suis pas. La référence au nouvel âge du capitalisme me plaît bien et cette grille de lecture me paraît pertinente, même si, comme je l'ai dit, elle n'est qu'une grille de lecture.

L'idée d'agir afin que le maximum d'êtres humains prennent conscience de cela, de leur condition de salarié-e-s, et du pouvoir exagéré qu'ont les actionnaires des entreprises, ou les gestionnaires de fonds, sur eux, pour la seule raison qu'ils ont les moyens d'investir et de gérer le risque qu'ils ont de perdre tout ou partie de leur investissement, est en soi le combat de toute une vie pour des milliers et des milliers de militants en France et dans le monde. Ces militants ont des cultures très différentes, des stratégies très différentes aussi, mais ils ont une base commune.

L'association ATTAC, par exemple, malgré tous les reproches que l'on peut lui faire en France, a eu le mérite de mettre en lumière l'opacité avec laquelle les institutions mondiales comme l'Organisation Mondiale du Commerce, la Banque Mondiale, et le Fonds Monétaire International organisaient la dérèglementation de l'économie partout de le monde et forçaient, pour des raisons idéologiques héritées directement de Reagan et de Thatcher et des clubs qui les ont portés au pouvoir dans les années 80, des pays entiers à se soumettre des régimes économiques qui plongeaient dans la pauvreté des millions de personnes. C'est aussi grâce à elle que l'on a fait connaitre Denis Robert et son travail sur la véritable affaire Cleartream (lien ici et ici).

Des différentes lectures que j'ai pu avoir, il ressort, de mon point de vue, que le fonctionnement du capitalisme, et la vision du monde qui consiste à définir l'entreprise comme ayant pour but de faire des bénéfices ou profits est en concurrence directe avec la volonté d'une intervention publique, la volonté que les décisions d'orientation de la société soient prises par délibération et vote, par la volonté de préserver un développement durable, et enfin, incompatibles avec toute politique de l'emploi et des salaires afin d'empêcher la précarité.

Voici quelques premières bases. La suite très bientôt.