La liquidation de JDC sur Torcy, intervenue le 5 mars 2007, il y a maintenant 75 jours, et l'exemplarité des salariés de cette entreprise, qui occupent leur usine et n'acceptent pas le sort qui leur est fait, doit être un repère pour tous ceux qui se disent de gauche.

Les salariés eux même expliquent mieux ce que Quebecor, indirectement du point de vue légal, mais directement du point de vue intentionnel, avec la complicité de l'ancien directeur de l'usine, leur a réservé afin de se débarasser d'une unité de production sans payer les indemnités aux salariés qui, pour la plupart, sont ici depuis plus de vingt ans chacun :

Voici ce qu'ils en disent : Son 1 Son 2 Son 3 Son 4 Son 5

Ou se situe l'exemplarité des salariés ? Quebecor vend pour un euro symbolique l'entreprise au directeur de l'usine qui prend son nom, toute en promettant du chiffre d'affaire. Quebecor étrangle le chiffre d'affaire et oblige la nouvelle entité au dépôt de bilan sans plus aucune trésorerie, donc sans indemnité pour les salariés. Le salariés décident d'occuper l'usine parce qu'ils savent qu'il y a du travail, que la seule raison de leur licenciement se trouve dans les bénéfices faits par Quebecor. Il cherchent à se défendre collectivement et s'en donnent les moyens. Ils ont plusieurs leviers : le premier c'est l'image de Quebecor. Tout groupe financier tient à son image, et la bataille qui a lieu, transmise par la presse et par les nombreux blogs et sites n'est pas pour leur rendre service de ce point de vue, même si c'est mérité. Le deuxième levier, c'est l'usine et le papier qu'elle contient, qui a une grande valeur. La troisième, c'est que nous sommes encore en période d'élections, et les pouvoirs publics sont encore obligés de ne pas faire n'importe quoi, notamment avec la force publique. Cela n'a pas empêché la police, cela a été su, d'arrêter et d'immobiliser, sous prétexte de contrôle, les deux cars qui se dirigeaient vers Meaux pour manifester à l'occasion de la visite du candidat de l'UMP pendant la campagne présidentielle...

Voici les discours que j'ai pu prendre de leurs soutiens :

Olivier Besancenot Daniel Brunel Que faire pendant la campagne ?

Aujourd"hui, c'est la fin de leur préavis de licenciement. Ils tiennent toujours. Deux négociations se déroulent au sein du comité de pilotage. Quebecor participe à ce comité de pilotage qui se déroule régulièrement à la préfecture. Même s'ils disent qu'ils n'ont plus rien à voir avec l'entreprise JDC ni avec son dépôt de bilan. C'est bien la preuve qu'ils ont quelque chose à se reprocher. La première négociation, c'est celle des indemnités pudiquement appelées "extra-légales" que Quebecor doit à chacun des salariés qu'il a sciemment mis au chômage. La seconde négociation concerne la possibilité d'un repreneur. Des premiers résultats seront connus le 23 mai, dans moins d'une semaine.

Pour les salariés, tenir et tenir collectivement est un exemple, surtout aussi longtemps. Ils voient leur avenir au travail, au travail dans leur usine qui est capable de continuer et d'avoir des commandes.

Voici des sons de leurs actions et de leur détermination :

Manif à Torcy le 24 mars Occupation de l'usine après la manifestation La logistique pendant l'occupation

J'espère que cette écoute de sons pris entre le 5 et le 24 mai 2007, toujours d'actualité puisque tout continue, vous aura plongé dans le monde de la solidarité et du collectif un instant. Dans les liens de mon blogs, j'ai mis le site de l'occupation, si vous voulez en savoir plus, il est très complet.