Une petite réflexion brève ce soir, sur des mots que l'on entend souvent dans des discussions politiques. Je ne parle pas des grands discours du bonapartiste en chef qui nous assure "dire la Vérité aux français" (quand j'entends ça je coupe la radio), mais de vraies discussions politiques pendant lesquelles chacun cherche à se faire son chemin et comprendre ce que pense l'autre, dans lesquelles chacun essaie d'affirmer sa position, sa conviction.

Souvent on entend dire que quelqu'un a tort ou a raison. Dans beaucoup de contextes, ces mots passent souvent inaperçu. Lorsque l'on parle d'un fait, d'un chiffre, ou d'une méthode de calcul, encore, cela ne me dérange pas. Mais lorsque l'on parle d'idées politiques, je suis plus gêné. Je fais partie des personnes à qui on a appris à décoder ce que voulait dire la phrase : "Il n'y a pas de politique de droite ou de gauche, il y a une bonne ou une mauvaise politique." Cette phrase signifie que la politique est une science, que la société est une équation qu'il suffit de résoudre sans faire d'erreur de calcul, une équation qui n'a qu'une seule solution (même les mathématiciens savent qu'une telle équation est rare) ! Et naturellement, celui ou celle qui affirme cela pense aussi avoir la solution ou fait "modestement" semblant de dire que c'est son dévouement et son travail qui va conduire à la solution. Et toujours, d'ailleurs, vous le constaterez, cette solution conduit à une politique...de droite ! Étonnant, non ?

Dire que quelqu'un a tort ou raison à propos d'une idée politique, c'est faire indirectement la promotion de cette idée qu' "il n'y a pas d'alternative", comme le disait Margareth Thatcher, la grande amie d'Augusto Pinochet.

Je préfère les personnes qui font des choix et qui les assument à d'autres qui expliquent qu'ils ont raison.