Vous devez vous demander pourquoi il n'y a pas de billet sur ce blog depuis trois semaines... C'est parce que, depuis le second tour des élections législatives, je suis tellement estomaqué par les commentaires et les déclarations de certain(e)s responsables politiques de mon Parti, le Parti Socialiste, que je ne sais même pas comment réagir.

Lorsque l'on est membre d'un parti, on n'a aucune obligation d'être en accord avec les autres membres de ce parti. Mais l'objectif d'être dans une même organisation, c'est de faire l'effort d'élaborer ensemble des positions communes que chacun peut respecter. Le parti socialiste a vécu, à plusieurs reprises, des périodes pendant lesquelles ceci n'a pas été possible. Et toute l'histoire de la gauche est émaillée de l'explosion d'organisations pour lesquelles un désaccord a été tel qu'aucune position commune n'a pu être trouvée.

Echec à arriver à une position commune : Il peut y avoir plusieurs raisons à ceci : Tout d'abord si les convictions des uns sont vraiment incompatibles avec celles des autres, en second si l'exercice imposé consiste à choisir entre deux positions tranchées sans avoir le droit de rechercher un entre-deux, et en troisième, lorsque l'une des parties a décidé de refuser tout compromis, pour des raisons avouables ou non.

Tout d'abord, des convictions incompatibles. C'est par exemple le cas au congrès de Tours de 1920, ou il était impossible par nature de concilier les 21 conditions de Lenine pour entrer dans la 3ème internationale avec la volonté d'existence des courants dans le parti et l'exercice de la démocratie dans celui-ci.

Le référendum sur le Traité Constitutionnel de 2005 entre dans le deuxième cas. Deux socialistes ayant les mêmes objectifs pouvaient choisir deux voies différentes et continuer, après cette étape, et en en tenant compte sans colère, de chercher d'autres moyens de continuer ensemble. C'est dans tous les cas ma position. J'ai fait un choix très tranché pour le "non" à cette époque, je l'assume parfaitement. Et ceux et celles qui ont fait un choix différent mais cherchent encore à faire avancer le socialisme ne sont pas des adversaires.

En revanche, il existe maintenant de façon avouée des camarades qui ne veulent plus de compromis et qui souhaitent que seule leur vision du socialisme soit imposée aux autres. Bien entendu, dans le parti socialiste, la majorité l'emporte. Toutefois, personne n'est obligé de l'accepter et peut quitter le parti. Nous sommes dans une configuration où chacun a le choix entre 1/vouloir imposer son point de vue par le vote, 2/ ou de, sans aller vers des positions qui n'auraient pas de sens afin de ne froisser personne, comme le parti socialiste l'a aussi fait, de construire un projet qui, sur les retraites, sur la répartition des richesses, sur les méthodes pour la modifier en faveur des salariés, sur les services publics, sur la construction européenne, sur l'énergie, les ressources naturelles, et enfin sur la République et ce qu'elle doit devenir, peut rassembler la gauche, toute la gauche.

Certain d'entre nous, les socialistes, ne sont plus d'accord. Une partie est allée chez Sarkozy (comme quoi...tout est possible). Une autre souhaite l'alliance avec Bayrou. Une troisième veut prendre modèle avec le SPD allemand, social-démocrate, qui gouverne avec la droite ! Et en plus, ceux qui sont partisans de la social-démocratie à l'allemande crachent sur les socialistes qui sont entrés au gouvernement de Mr Fillon... C'est assez contradictoire, mais toutes les ficelles peuvent passer. Jusqu'où irons nous?

Lorsque je vois ceci, je suis tellement surpris par le chemin pris que je ne sais pas vraiment comment réagir ! Je refuse en bloc tout cela, je souhaite résister à cette tendance à vouloir pactiser avec l'adversaire politique.

De cela j'en suis sur. Je commence par le dire, par l'afficher.

Et par la suite, chacun sera mis devant ses responsabilités, et devra choisir.