C'est étonnant, j'ai comme l'impression que certains commencent à s'organiser enfin pour résister à la pluie de pierres brûlantes qui nous tombe dessus depuis mai/juin 2007. Je devrais dire depuis plus longtemps mais des résistances ont quand même bien existé auparavant, alors que je nous (la gauche) voyais paralysés depuis quelques mois...

Après les premiers assauts du nouveau pouvoir en place, il conviendrait de résumer rapidement tout ce qui nous arrive :

- Tout d'abord, les impôts. Ils sont de plus en plus injustes, l'impôt sur le revenu est de moins en moins progressif et tient une part de moins en moins importante dans les recettes de l'Etat. Nous nous apprêtons à prendre une hausse de la TVA massive dans les dents. Le Capital est de moins en moins taxé.

- Ensuite la protection sociale. Les recettes sont plombées par les exonérations de cotisations sociales, les franchises médicales font ployer sur les ménages pauvres des dépenses supplémentaires en cas de problème de santé sans ajouter de recettes significatives aux organismes de sécurité sociale, le gouvernement favorise de plus en plus les organismes pilotés par les assurances privées pour que les gens cotisent à une retraite par capitalisation, les organismes de sécurité sociale sont dirigés par un système dit paritaire qui permet aux syndicats patronaux d'avoir un contrôle plus qu'exagéré sur leur gestion grâce aussi au renfort de syndicats jaunes, l'âge de la retraite est menacé d'être reculé plus encore sous prétexte que l'espérance de vie a augmenté, mais cela ne va-t-il pas faire reculer l'espérance de vie des salariés ?

- Les revenus ensuite : pour gagner du revenu maintenant, la règle est qu'il faut faire des heures supplémentaires. C'est devenu le seul moyen adoubé par le gouvernement. Plus moyen d'obtenir une simple augmentation. De plus, obtenir des heures supplémentaires va encourager une compétition des salariés qui vont devoir être gentils pour ne pas en être privés. Et cela ne va pas encourager l'emploi, loin de là...

- La communauté nationale : Elle est divisée par le gouvernement en de multiples fractions et sa propagande indique qu'il y a des bonnes et des mauvaises personnes sur notre territoire. L'immigré, le fils d'immigré, le petit fils d'immigré et parfois même l'arrière petit fils d'immigré sont montrés du doigt comme une menace pour "l'identité nationale", le fonctionnaire comme une menace pour l'économie, le jeune comme une menace pour la sécurité, le chômeur comme une menace pour la morale. Les religions sont mises en avant comme un recours pour "apaiser" les français et de nombreuses initiatives sont prises pour les encourager à prendre une place dans la vie publique.

- La puissance publique : sa faillite est organisée par les libéraux (voir le premier paragraphe sur les impôts), l'Education Nationale perd de plus en plus d'encadrants pour les enfants, les hopitaux sont exangues en nombre de lits, les tribunaux sont regroupés et fermés, la poste disparait des petits villages, les entreprises publiques sont privatisées de plus en plus, jusqu'aux transports et à l'énergie, même l'énergie nucléaire !

- Les institutions : elles sont bonapartisées (le b minuscule convient même pour ce nom propre), le président va même pouvoir aller devant le parlement (ce qui est plus que symbolique) ! Cela s'est produit déjà deux fois, lire ici pour la première, et ici pour la seconde...

- L'Europe : tous les Européens convaincus de gauche se voient doublés, escroqués, roulés dans la farine par la mise en place du même traité que les français ont refusé en mai 2005 (dans un autre ordre, dit VGE), libéral et faisant la part belle au Conseil Européen qui paralyse les institutions européennes en divisant les Européens par pays et pas par orientation politique.

D'autres scandales passent inaperçus devant cette déferlante, et il y a une tendance incroyable à minimiser tout cela sous prétexte que la politique c'est sale... toutefois, ce déluge de pierres brûlantes touche tout le monde, il faut travailler à une prise de conscience de tout cela. Cela passe par internet, par certains journaux, par des débats locaux, par tout ce que l'on pourra inventer.
Restera-t-on les bras ballants ?