Depuis quelques jours, je lis les billets du blog d'Emmanuel Prost (ainsi que ceux de mes amis politiques de Torcy), pendant la campagne des municipales, eux continuent de publier, il faut dire qu'ils sont plus anciens que moi dans la pratique, et qu'ils ne s'exposent pas à l'accusation d'avoir monté le leur juste pour les élections, même si ils les commentent...

Ledit blog est celui d'un membre d'Alternative Libérale. J'ai souvent écrit que je me situais à l'exact opposé politique de ce mouvement. A une époque, je disais même qu'il me suffisait d'écouter des délires d'Alain Madelin pour savoir exactement ce que je pensais... Il me suffisait souvent d'inverser le sens de ses phrases ! Naturellement, cette boutade me met encore de bonne humeur à l'heure tardive où j'écris ces lignes... Je la trouve d'un niveau bien meilleur que celle de notre auteur libéral qui explique que toute personne opposée au libre échange est un partisan de Staline ou de Kim jong Il...

Comme le disait un ami, vous savez comment on tue un libéral ? On le met en haut d'une falaise et on lui dit que la Gauche interdit de sauter... Moi, j'aurais plutôt décliné : On le met en haut d'une falaise et on lui montre la publicité d'une entreprise dont l'objet est de rattraper au vol les clients qui aiment prendre des risques...et on lui dit qu’elle est cotée en bourse !

J'ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi les grands défenseurs sans nuance de l'Initiative individuelle critiquaient celle des hommes et des femmes de gauche de s’organiser pour résister au capitalisme. Si la liberté d’initiative est si bonne, alors toutes les initiatives devraient l’être, d’après moi, non ?

Pour les libéraux, malheureusement, seule l’initiative dite « économique » a du mérite. Pour eux, elle n’a rien de politique, elle n’a pas pour objectif de réguler quoi que ce soit, elle a seulement pour but la « création de richesses ».

Dans les prochains billets, il faudra donc tenter de réfuter cet argument qui consiste à dire que l’initiative économique n’a rien de politique. Car elle est là la première escroquerie libérale.

Dans un second temps, on pourra reprendre cet argument de la valeur de l’initiative… Si l’initiative avait une valeur en soi, une valeur intrinsèque, je serais d’accord de donner à la Liberté un premier rôle absolu, une priorité… Mais voilà, si toutes les initiatives se valent parce qu’elles sont des initiatives, alors le commerce de la cocaïne ou du tabac a la même portée que celui du blé ou du maïs bio… Il en résulte que si il est possible de donner une valeur aux actions des humains, alors il est peut-être possible d’être de gauche et de ne pas agir comme un dictateur…

Par la suite, on pourra revoir, parce que ça fait du bien, l’interventionnisme forcené du premier état qui défend la Liberté, les États Unis d’Amérique… ce qui montre bien que l’hypocrisie existe… on pourrait aussi chercher à comprendre pourquoi les principales multinationales font de la publicité si il fallait compter uniquement sur la liberté individuelle pour avoir des clients…

En bref, avant d’écrire sur tous ces points, il me semble que les discours et les actes politiques libéraux consistent à refuser aux humains de prendre des initiatives pour s’opposer à certains actes des dirigeants économiques. Et ce, même si ces actes conduisent à la misère, la guerre, la destruction, la confiscation de la souveraineté par un petit nombre, la confiscation par ce même petit nombre des ressources indispensables à la survie de tous.

Car pour les libéraux, les dirigeants économiques sont parés de toutes les vertus par nature. Et ainsi, la boucle est bouclée. Les dirigeants économiques sont ceux qui sont le symbole, pour les libéraux, de cette initiative, et tant pis si on oublie que la moitié de ces fortunes s’est construite sur des fonds publics, et l’autre sur l’héritage de leur famille... finalement, eux seuls ont droit à cette initiative, et pas moi, qui choisis de d’utiliser la mienne à résister à la leur, enfin la partie de la leur qui fait la misère du monde…