J'avais écrit, avant les élections (mais j'ai publié le billet après celles-ci), que la première escroquerie des libéraux, c'est de clamer partout que l'initiative économique n'est pas politique.

Les "idéologues interventionnistes" (notez l'ironie SVP)(notez aussi l'ironie de la remarque), dont je fais partie, sont honnis sous prétexte d'être emplis d'arrières pensées politicardes, brocardés sous prétexte d'embrigadement, accusés de refuser pêle-mêle le progrès, la liberté, d'être jaloux du succès des grands hommes qui ont fait leur fortune grâce aux fonds publics... ou de ceux d'autres grands hommes qui pourtant ne font qu'obéir aux lois du Luxembourg...ou encore d'autres qui pourtant ne sont que les rois du chic et sobre (si, si, vous avez bien lu :-)

On oublie aussi que les "idéologues interventionnistes" dédaignent aussi honorer les grands aventuriers qui sont arrivés au sommet à partir de rien (ou si peu...) Bernardo Trujillo et ses disciples de la grande distribution, Antoine Seillière le champion de la "refondation sociale", et encore Bernard Arnault par exemple...

Là encore, on constate que l'économie n'a absolument rien de politique (je le jure ;-) ). Et que l'exacerbation de la Liberté seule, sans garde fou, permet l'appropriation des commandes de l'industrie et de la finance par un petit nombre de personnes qui confondent jouer un rôle et posséder, et qui jouent les apprentis sorciers avec le reste de la société sans aucun contrôle. Lorsque l'on utilise ses moyens - considérables - pour faire et défaire le tissu industriel d'une ville ou d'une région, lorsque l'on impose une façon rudimentaire de traiter des déchets, lorsque l'on construit des villes privées pour avoir des ouvriers à disposition, lorsque des pétroliers utilisent de vieux bateaux sous des pavillons de complaisance, et lorsque des syndicats patronaux financent des campagnes électorales, par exemple, ils ne font pas de politique? Il n'y a que des naïfs pour affirmer le contraire, ou pour protester uniquement contre ceux qui s'organisent pour ne pas être écrasés.

Mais peut-être ne sont-ils pas si naïfs et savent-ils très bien ce qu'ils font.