Les membres du Parti Socialiste sont en période de congrès, depuis le mois de juin, et la rentrée de septembre marque le véritable démarrage de celui-ci. Comme d'habitude depuis que les considérations tactiques passent les considérations idéologiques, les militants ont 3 semaines pour débattre des contributions générales. Dans cette phase, qui ne donne pas lieu à un vote, mais a pour raison d'être de permettre aux militants d'étudier les convergences et/ou les divergences d'idées entre eux, chaque militant, s'il n'est pas représentant d'une contribution, pourra participer à une réunion de section et une assemblée départementale. Point.

En ce qui me concerne, représentant en Seine et Marne de la contribution n°14 "Réinventer la Gauche", avec quelques autres camarades, je vais sillonner le département. J'étais hier à Brie-Comte-Robert, je serai ce soir à Moissy-Cramayel, la semaine prochaine à Ozoir la Ferrrière, à Torcy, Emerainville... En trois semaines, réussir à rencontrer les militants est une gageure. Je vais en voir peut-être 300 dans les jours qui viennent, le parti en compte plus de 2000 en Seine et Marne... Vous comprenez pourquoi les délais sont considérablement raccourcis ? Peut-être pour que le débat ait lieu le moins possible en profondeur, et le plus possible par médias interposés ?

Le débat est d'autant plus important que les contributions, contrairement à ce que j'ai déjà entendu de camarades, ne sont pas toutes identiques, loin de là. Et notamment sur les points suivants:

Ce n'est pas la même chose de dire qu'il faut combattre la théorie du "choc des civilisations" sans précisions, que d'écrire noir sur blanc que cela implique d'être opposé au "grand marché transatlantique" contrairement à ce que déclare le Parti Socialiste Européen, dans ce document, lui-même ! Lisez d'ailleurs bien le document que je vous montre ici, outre cette dernière page 12 où la délégation explique qu'elle est d'accord pour entamer des pourparlers, il y a de nombreux désaccords que je peux avoir sur le fonds avec un tel texte, qui pense que l'on peut concilier la concurrence comme première loi et un marché financier renforcé avec une haute protection sociale... Si ce n'était pas la pauvreté de millions d'européens qui était en jeu, je rirais presque.

Ce n'est pas la même chose de dire qu'il faut partager les richesses sans dire noir sur blanc où il faut prendre l'argent. Depuis plusieurs dizaines d'années, le capital a pris 10 points de PIB aux revenus du travail. Cela représente des sommes colossales qui, pour les reprendre, nécessitent d'agir sur l'impôt sur les sociétés, sur les exonérations de cotisations sociales, et de mettre en route une vraie hausse des salaires. Pas seulement de faire des ajustements, certes nécessaires, sur l'impôt sur le revenu et la TVA, qui ne permettraient pas de répondre aux vrais enjeux et qui ne se dérouleraient qu'à recettes constantes ou presque.

Ce n'est pas la même chose de dire que l'on souhaite une réorientation de la construction européenne sans autres précisions et sans en déduire noir sur blanc que le traité de Lisbonne est mort. Je suis très sensible à l'argument qu'il faut tout reprendre et qu'une occasion unique se présente en 2009 avec les élections européennes qui pourraient permettre l'élection d'un parlement constituant.

Cela va sans dire, tout cela demande de refuser toute approche avec le MoDem, partisan d'une France dont les institutions sont présidentielles, et d'une Europe clairement libérale économiquement.

Maintenant, la volonté d'une République parlementaire, la question de la Laïcité, celle de l'intervention publique sont des questions qui se posent aussi.

Ne vous y trompez pas, ils sont là, les enjeux du congrès de Reims, et pas dans des questions de personnes.