Hier soir, exercice difficile de l'Assemblée Générale des militants de Seine et Marne du Parti Socialiste. Exercice difficile parce que l'un des rares moments où des militants de sections différentes se retrouvent pour débattre (avec l'AG dite des motions et le congrès départemental qui est après le vote) dure trois heures, trois heures à la fois très longues et très courtes.

Longues parce qu'elles commencent par un long défilé des représentant-e-s des contributions qui ont 7 minutes chacun pour s'exprimer (donc 77 minutes pour 11 interventions hier soir), et qu'elles sont conclues, dans l'ordre inverse, par ces même 11 intervenant-e-s (il y aurait pu y en avoir 21...) pour 3 minutes chacun-e. Et entre les deux, une vingtaine de militants peuvent intervenir pour trois minutes chacun heureusement, sinon ce ne serait pas une AG, mais un débat public.

Courtes parce que lors de ces AG, ce qui est intéressant, c'est qu'une sorte de dialogue s'instaure entre les contributions, et lorsque des militants aguerris réfléchissent ensemble, pointent leurs accords et leurs désaccords en étant sincères tout en recherchant les rapprochements possibles, lorsque ça l'est, alors trois heures sont loin de suffire. Lorsqu'on se déplace de section en section, et que l'on a la chance de rencontrer de nombreux militants, le temps passé au dialogue s'agrandit, d'autant plus que les autres représentants d'une contribution voyagent aussi. Le débat de l'AG reprend parfois. Ce mécanisme exigeant nécessite une grande implication, et souvent, on ne se rend pas compte qu'il est le véritable ferment d'une organisation.

J'écrirai un billet sur ce que j'ai pu dire lors de cette AG, et ce que j'y ai entendu. Pour le moment, je tente d'expliquer à quoi cela sert à 200 militants de se déplacer à Verneuil l'Etang pour s'y rencontrer un jeudi soir. Je ne redirai pas assez qu'en Seine et Marne, nous avons 2000 militants, et donc l'AG ne les réunit pas tous... Mais l'exercice est important et a de la valeur.

C'est de la responsabilité de ceux et celles qui prennent la parole d'avoir une attitude utile à la collectivité. Autant chacun a envie de convaincre, autant ce n'est pas véritablement le moment, en fait. La plupart des militants présents savent ce qu'ils pensent, vers où ils penchent du point de vue des idées. L'AG des militants comme le congrès, c'est plutôt un moment d'écoute des autres pour connaître les pas qu'ils sont prêts à faire les uns vers les autres, pour détecter les convergences et les divergences.

C'est une méthode de rapprochement des tendances, formellement organisée sur plusieurs mois, qui, si elle est noblement organisée, et met les questions de pouvoir au service des idées plutôt que le contraire, apaise les tensions, oblige à l'exercice de la raison, de la réflexion, plutôt que du copinage et du clan, empêche les exclusives et interdit les exclusions. Une méthode de rassemblement de la gauche dont la condition d'existence est la représentation proportionnelle dans les instances de notre organisation, et qui s'oppose directement aux méthodes de purification du Parti que prônent certains, et j'en reparlerai plus tard, directement tirées des 21 conditions de Lenine que refusait Léon Blum en 1920.