J'apprends par Le Parisien d'aujourd'hui la volonté des partisans de Ségolène Royal, par la voix de Malek Boutih, de reporter le congrès du parti Socialiste.

Je suis scandalisé par cette demande absurde et j'espère qu'elle n'aura pas d'écho parmi d'autres responsables de notre Parti. Elle témoigne d'un manque de sang froid évident à la veille du rare événement qui doit permettre aux militants de trouver une position commune et de travailler à leur vision du monde. Malek Boutih et les partisans de la motion E, signée par Gérard Collomb et Ségolène Royal, admettent ne pas avoir de propositions qui permettent une réponse à la crise financière actuelle. Ils avaient pourtant tout le temps de réfléchir auparavant alors que tous les indicateurs l'annonçaient depuis près d'un an. C'est peut-être seulement qu'ils pensaient que la communication politique qui leur sert de réflexion n'avait pas besoin d'en tenir compte. S'ils le regrettent maintenant, que pouvons nous y faire ?

Je récuse d'autre part l'idée que " Toutes les motions ont été écrites avant la crise et toutes sont à côté de la plaque", ou que " Ni la sienne (celle de S.Royal), ni celles d’Aubry, de Delanoë ou d’Hamon ne sont à la hauteur." La motion C, dont je suis un représentant en Seine et Marne, a montré la pertinence de ses réponses en affirmant que " Seule la gauche, par la régulation, l’intervention de l’Etat dans l’économie, la défense des intérêts des salariés face aux intérêts financiers, peut émettre des propositions permettant d’améliorer la vie quotidienne de chacun, et redonner l’espoir." La motion de Benoît Hamon est la seule à soumettre aux militants de notre parti des mesures concrètes afin de reprendre au capital les 10% de PIB qu'il a pris au travail ses 20 dernières années et nous estimons que ce n'est pas " un petit bout de solution qui ne suffit pas" comme l'affirme Malek Boutih. Je vous renvoie d'ailleurs à l'article de fond de Jean-Luc Mélenchon sur la crise sur le site Trait d'Union.

Enfin, je redoute que cette prise de position en prépare d'autres beaucoup plus graves. Déjà Martine Aubry a annoncé que "les mesures de N.Sarkozy face à la crise étaient les bonnes". Un report du congrès n'annoncerait-il pas une volonté d'union nationale, désastreuse car elle entérinerait la politique ultralibérale du président de la République depuis son élection, comme l'hypocrisie de sa soi-disant volonté actuelle de "moraliser le capitalisme". Je mets en garde les dirigeants de notre parti de ne pas se laisser entraîner dans cette voie qui condamnera durablement le Parti Socialiste aux yeux des salariés, qui se sentiraient définitivement abandonnés par le principal parti de la gauche.