Je suis certainement d'ailleurs allé trop vite, parce que je n'ai pas vérifié si le socialist Party of the United Nations of America était membre de la deuxième internationale dont le congrès s'est tenu à Athènes en juillet dernier, mais tout simplement leur site m'a bien plu, et notamment celui du Socialist Party of Texas. Vous vous doutez bien qu'il faut être sacrément courageux pour se présenter comme socialiste au Texas, fut-ce un socialisme démocratique (on lui reprochera de s'excuser d'être socialiste), et encore plus pour se présenter à l'élection américaine sous cette étiquette, ce qu'ont fait le ticket Moore/Alexander.

En fait, parmi les présents à Athènes, pour le congrès de la deuxième internationale, il y avait le SDA (voir leur site). Ils ne semblaient pas avoir de candidat-e pour la présidence des EUA, donc je peux soutenir les socialistes que je veux. J'irai toutefois vérifier un peu leurs déclarations dans la presse par prudence au cas où celles-ci soient par trop farfelues. Mais ce que j'ai lu pour l'instant du SP-USA et de Moore/Alexander me paraît plus qu'honorable. Simplement, ce n'est pas parce que quelqu'un se présente comme socialiste qu'il faut lui accorder toute sa confiance, surtout en politique. J'ai vu des socialistes, en France, prôner la retraite à points individualisée par exemple (avec beaucoup de coton autour pour faire passer la pilule), ou expliquer que la crise financière n'était qu'un soubresaut sans importance (merci pour les salariés qui vont la payer très cher) et qu'on n'en reparlerait plus dans deux-trois ans... et du coup, ils ajoutaient immédiatement qu'il nous fallait un socialisme du XXIème siècle, que le monde change, qu'il faut être réaliste et arrêter avec les vieilles lubies de la gauche des années 70 (vous connaissez le couplet maintenant, mais vous comprenez dans quel état d'esprit tout cela est fait...). Là je vous raconte des choses que j'ai lu ou entendu pendant les présentations de motions en Seine et Marne pour le congrès socialiste français.

Les vieilles lubies de la gauche des années 70, ce sont celles qui se préoccupent plus des salariés que des théories économiques construites par et pour les actionnaires des grosses boîtes. Les économistes sérieux parlent de "l'entreprise". mais "l'entreprise", c'est un mot qui permet de déshumaniser les rapports sociaux et de mettre la priorité de la pensée sur les entités abstraites qu'il faut faire survivre à tout prix sans se poser la question de son rôle dans la société. Or, le rôle des "entreprises" de nos jours, c'est de rémunérer les actionnaires en priorité. Et pour les faire survivre, il faut donner en priorité la part du lion aux actionnaires. Ca ne peut plus durer comme cela. La société ce sont des êtres humains, et ce qu'il leur faut, c'est un toit, un salaire, un but dans la vie qui fasse la part de ce qu'ils sont. Ce ne sont pas des bêtes qui servent à nourrir une entité abstraite et opaque jamais satisfaite et qui demande toujours plus de sacrifices humains.

Qui sont les idéalistes dangereux ? Ceux qui souscrivent à ce système en cherchant à l'ajuster un peu ? Ceux qui se préoccupent de théories économiques ? Ou ceux qui pensent à ce que les salariés vont pouvoir avoir dans leurs assiettes ? Qui sont les réalistes ? Ceux qui pensent qu'il suffit de gagner les élections pour que le capitalisme plie ou ceux qui savent que la victoire ne suffit pas, et qu'elle doit être accompagné de la lutte et du rapport de force ? Ceux qui pensent que l'argent va tomber parce qu'on ajuste les impôts sur le revenu ou ceux qui savent où est l'argent et qui proposent d'augmenter l'impôt sur les bénéfices et les cotisations sociales en faisant porter l'effort sur la rente ?

Un mot d'humour cité par le site du SDA, membre de la deuxième internationale, que vous pouvez lire ici, conjure les américains de ne pas avoir peur de l'internationale socialiste pour de nombreuses raisons. La première est que le plan de Bush et la nationalisation d'organismes de crédit va-d'après le texte- bien plus loin que n'importe quel membre du SDA et de l'IS le recommanderait. La seconde est que parmi l'internationale, il y a les amis de Tony Blair, dont tout le monde sait qu'il n'y a pas vraiment de quoi avoir peur parce qu'il était le premier allié de G.W.Bush dans sa politique et pour la guerre en Irak et "contre le terrorisme". La troisième, c'est que Bill Clinton était le meilleur ami de nombre des membres de cette internationale. Ce texte est édifiant... pour comprendre que le capitalisme ne peut avoir peur ni de l'internationale socialiste, ni des démocrates. L'élection d'Obama va certainement être une arme formidable contre le racisme (et c'est déjà ça de pris), mais certainement pas contre l'exploitation des humains par les humains, quelle que soit leur taux de mélanine.

Voici aussi pourquoi le vote ce soir au congrès du Parti Socialiste Français, pour lequel je soutiens la motion C ( regroupement des composantes de la gauche du parti avec Jean-Luc Mélenchon, Gérard Filoche, Henri Emmanuelli, Marie-Noelle Lienemann, Marc Dolez, Pierre Larrouturou, Jacques Fleury, et Benoît Hamon comme premier signataire ) risque d'être passionant. Si vous êtres socialistes et que vous me lisez, vers où voulez-vous que ça penche ? Si vous voulez que ça penche du côté des réalistes et des partisans de l'humain, alors votez pour la motion C. Si vous n'êtes pas socialiste, admirez nos efforts ( s'il vous plaît, cela va sans dire ). Car nous sommes en train, collectivement, de travailler comme des bêtes (lisez le 4 pages fédéral et le 4 pages torcéen) pour parvenir à résoudre cette dangereuse équation pour toute la gauche.