Pas beaucoup écrit ces derniers temps sur ce blog. Grippe en décembre, varicelle des enfants, travailler 3/2 temps pour gagner sa croûte, et construire un parti politique... Pardonnez mon besoin de sommeil au moment où ce serait habituellement l'instant d'écrire. Écrire permet de faire le point et de mettre de la distance.

Pardonnez-moi aussi de ne pas écrire ici à chaud sur l'international, je me contente d'aller aux manifestations et de soutenir tout texte qui demande l'arrêt immédiat des crimes de l'Etat d'Israël compte tenu notamment de la disproportion des moyens utilisés et de l'oppression qui résulte de la politique du gouvernement de cet Etat envers "les territoires occupés" de Gaza et de Cisjordanie. Je vous renvoie pour cela au texte signé notamment par le Parti de Gauche avec lequel je suis en accord à la virgule près.

Je souhaitais redémarrer l'année en vous exposant l'objectif principal de mon nouveau parti pour 2009. Cette année, qui ne sera bonne que pour ceux qui ont du patrimoine économique et culturel, sauf si la mobilisation politique et syndicale conduit à un recul ou un renversement du pouvoir actuel au service du MEDEF, la plus grosse occasion de montrer notre détermination et de donner le signal est de faire gagner le NON de gauche au verrouillage libéral de l'Europe lors des prochaines élections européennes de juin prochain.

Pour réussir cela, le meilleur chemin est de parvenir à construire un front commun de la gauche sur la base du refus du Traité de Lisbonne, et de l'urgence sociale. L'un ne peut pas aller sans l'autre. Comment obtenir des mesures sociales et une harmonisation européenne si le Traité de Lisbonne l'interdit ? Comment permettre l'émergence d'institutions européennes fortes et capables de sauvegarder l'intérêt des salariés quand la seule règle écrite et inviolable est celle de la concurrence et de la non ingérence de la politique dans les affaires économiques ? Comment obtenir un bouclier social alors que la crise fait rage, si la position dogmatique de la Commission Européenne est de ne surtout pas intervenir, ne serait-ce que pour sauver leur système ?

Face à la droite de la "moralisation" et la gauche de "l'aménagement", que souvent j'appelle la droite qui frappe et la gauche qui tend l'autre joue (et qui peut se le permettre car ce n'est pas elle qui souffre), il faut une véritable alternative qui se montre unie et forte. Nous savons que dans le désespoir, le peuple se tourne vers toutes les solutions qui s'offrent à lui. Sans unité du NON de gauche, le cycle qui va s'ouvrir sera très douloureux et conduira dans un premier temps à ce que les libéraux aient le champ libre. Le Front de Gauche est un projet, une occasion unique, dont l'enjeu dépasse de loin l'avenir de telle ou telle organisation. Partout en Europe, là où c'est possible, des listes doivent apparaître comme une alternative radicale, donc crédible, à l'enfer libéral que l'on nous propose. Pour cela, il nous faut un second 29 mai 2005, une mobilisation importante de chacun.

Le déclic, celui qui poussera les français à répondre présents, c'est le Front des forces de gauche refusant le Traité de Lisbonne et sa logique, le Front des forces de gauche pour une Europe Sociale maintenant. Le Parti de Gauche l'a proposé, la création du Parti de Gauche l'a rendu possible. Le Parti Communiste a voté en congrès le principe de sa participation à ce front. Il existe donc déjà. Mais la dynamique de ce Front ira beaucoup plus loin, je le répète. Il est capable d'accoucher d'un projet commun dont les fondations seront celles du collectif, un projet européen qui renversera les digues du capitalisme. Tout le monde sait qu'en politique, un plus un ne font pas deux mais trois. J'attends avec impatience la réponse du NPA, et je sais que le débat a lieu en son sein. Ce nouveau parti a son congrès une semaine après celui du Parti de Gauche. J'attends avec impatience ce que vont faire les Alternatifs. J'attends avec impatience ce que vont dire LO et le POI. Il y a d'autres forces encore, mais qui ne sont pas des partis et qui ont des membres appartenant à des partis, comme "la Fédération", ATTAC, le MPEP, et d'autres. Tout cela a déjà, ensemble, obtenu le NON au Traité Constitutionnel Européen. Il faut maintenant obtenir un résultat en positif, en proposition. Une revanche sur la présidentielle, sur notre incapacité à nous unir à ce moment-là.

Il n'y aura pas de telles occasions à chaque élection. C'est la grandeur de nos idéaux qui est en jeu et notre capacité de résistance future à la pression du MEDEF. Faisons les pas nécessaires. Nous avons toujours pu travailler ensemble lorsqu'il s'est agi de résister (JDC, parainnages de Sans Papiers, défense des services publics,...), maintenant il faut construire ensemble.